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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 07:41

33° Dimanche du Tps Ord « C » 13 11 16

Première Lecture : Malachie 3 19–20

Deuxième Lecture : 2Thessaloniciens 3 7–12

Évangile de Jésus christ selon St Luc 21 5–19

"Comme certains faisaient l’éloge du Temple avec ses belles pierres et les ex-voto qui en faisaient l’ornement, Jésus leur dit : “Vous voyez tout cela ? Le jour viendra où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit.”  On lui posa alors cette question : “Maître, quand cela arrivera-t-il ? À quel signe reconnaîtra-t-on que cela va se réaliser ?” Il répondit : “Ne vous laissez pas égarer lorsque plusieurs revendiqueront mon titre et diront : ‘C’est moi, l’heure est arrivée !’ Ne les suivez pas ! Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne cédez pas à la panique : cela doit arriver d’abord, mais la fin ne sera pas de si tôt.” Il leur dit encore : “On verra des soulèvements : peuple contre peuple et nation contre nation. °11 Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines. On verra des choses effrayantes et de grands signes venant du ciel.  Mais avant tout cela, ils mettront la main sur vous, ils vous persécuteront, ils vous enverront aux conseils de synagogues et à leurs prisons. Ils vous traîneront devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom, °13 et ce sera pour vous l’occasion de témoigner.

 Mettez-vous bien dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier d’avance de votre défense ; je vous donnerai, moi, une parole et une sagesse auxquelles tous vos adversaires ne pourront ni résister, ni répondre. Vous serez livrés par vos propres parents, vos frères, vos proches et vos amis, et on fera mourir plusieurs d’entre vous : rien qu’à cause de mon nom vous serez haïs de tous. Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra : tenez bon, et vous sauverez vos âmes.

 

Une fois de plus, l’Evangile de ce jour fait écho à l’actualité de notre monde. Jésus annonce des bouleversements impensables sur ce qui semble le plus solide. En admirant la splendeur du Temple, il invite ses auditeurs à relativiser leur admiration. Jésus sait que tout ce qui nous paraît solide, reste fragile. Combien un ouragan à Haïti ou des tremblements de terre en Italie et au Chili  peuvent être dévastateurs et insécurisants. De même, les islamistes qui voulaient raser le haut lieu de mémoire à Palmyre en Syrie. Voici déjà quinze ans, le 11 septembre 2001, en quelques minutes, le temple de la finance internationale était réduit en cendres, entraînant dans sa chute des milliers de personnes. Depuis sa construction et jusqu’à ce jour fatal, tous ceux qui l’admiraient, vantaient la hauteur et la splendeur de ses tours et la richesse qui s’y déployait. Aujourd’hui comme hier, au cœur de notre monde, la destruction et la mort sont à l’œuvre. Pour le vérifier, il suffit d’écouter la parole de Jésus. Il annonçait aux admirateurs du Temple de Jérusalem qu’il allait être complètement détruit, et aujourd’hui, il n’en reste rien d’autre, que le mur des lamentations. Si les gouvernants de l’époque l’avaient voulu majestueux, ce n’était pas pour la gloire de Dieu ni pour en faire un lieu de la rencontre – Dieu avec son peuple – mais c’était pour leur propre gloire et pour leurs intérêts. Jésus dira de ce Temple qu’il était devenu “une caverne de voleurs”. Il y a donc des choses et des institutions de notre monde qui sont appelées à disparaître et – c’est bien qu’il en soit ainsi – car elles sont sous leurs dehors clinquants, néfastes voire mortifères. N’allons pas pleurer sur elles.

À quelles attitudes les textes de ce dimanche veulent-ils nous amener ? D’abord, sans doute, à bien juger de la valeur des choses et des temps. Nous sommes invités à voir tout avec les yeux de la foi. Cela veut dire que tant que dure notre pèlerinage sur la terre, nous sommes conviés à aimer cette terre et à en prendre grand soin. C’est l’ambition de la nouvelle étape du COP22 à Marrakech Mais il faut reconnaître que dans tous les domaines de la vie humaine, la mise à jour est nécessaire, pour ne pas faire passer comme ABSOLU, ce qui n’est que passager et historique. N’y a-t-il pas des espérances inattendues, qui méritent nos soins ? La semaine passée, à l’occasion du 500ème anniversaire de l’Eglise Luthérienne, le Pape François a rencontré à Malmö en Suède, le président de la Fédération luthérienne mondiale, le Palestinien  Munib Younan. A cette occasion, le Pape appelle toutes les communautés à "la révolution de la tendresse". Il s’agit d’une meilleure connaissance et d’un profond respect pour ceux qui ont été trop longtemps considérés comme des frères ennemis.

Notre demeure éternelle est au-delà de l’aujourd’hui. “Le chrétien appartient à deux mondes” disait le philosophe Maurice Nédoncelle. Si Dieu a créé ce monde, c’est qu’il l’aime au point de le confier à ses partenaires les Hommes.

Tendus vers le monde à venir, nous voici cependant conviés à être de bons “fils et filles de la terre”. À mener avec tous nos frères et sœurs en humanité notre vie d’hommes et de gérants de la création.

Les disciples de Jésus sont donc des hommes actifs et responsables, solidaires de tous ceux qui veulent rendre la terre plus habitable, plus belle, plus fraternelle. Ils savent qu’au cœur de ce monde est semé et grandit le royaume de Dieu. C’est cette appartenance qui nous rassemble aujourd’hui. Ce n’est pas sans lien avec notre existence historique, fragile et passagère. Au contraire, c’est en cohérence avec elle. Pour un chrétien, la vie d’aujourd’hui est vitalisée par l’espérance et le souffle du Royaume de Dieu.

Jésus nous invite à tenir solidement les deux bouts de l’existence : la fragilité du moment et la grandeur du Royaume de paix, d’amour et de justice.

Dans une relation fidèle, persévérante, douloureuse parfois, à son Dieu, le chrétien sera à la fois un homme de résistance et un homme d’espérance. L’amour de Dieu lui permet de mettre en œuvre cette résistance, cette espérance et d’en vivre. N’oublions pas que c’est au creux de nos fragilités, de nos violences et de nos peurs que se joue la mise en œuvre du Royaume. « Ce que vous avez fait aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. »

 

 

 

 

 

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commentaires

humbert claude 09/11/2016 18:22

tres bonne reflexion

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