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28° Dimanche ordinaire - 11 Octobre 09

 

1ère lecture  du livre de la Sagesse 7,7-11

2ème lecture aux Hébreux 4,12-13

 

Evangile de Jésus Christ selon St Marc 10,17-30

 

Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul.

Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d'adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »  L'homme répondit : « Maître, j'ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. » Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu!» Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu. Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : «Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.

 

 

"Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?"

C’est la question du jeune homme riche - adressée à Jésus dans l'Evangile d'aujourd'hui. C’est celle d'un honnête homme - en recherche, qui a besoin de repères. Il fait l’admiration de Jésus. Comme il en a l’habitude, Jésus veut rejoindre des personnes qui expriment une recherche : "Que devons-nous faire ?", c’est la demande des publicains, des soldats, de la foule, chacun, suivant sa situation et ses responsabilités professionnelles. Et Jésus invite chacun à un type de conversion. Ce n'est pas la même démarche pour chacun. Jésus appelle à une intelligence des situations concrètes et il refuse la paresse et le confort des slogans qui dispensent de réfléchir. Jésus ne supporterai pas tous ces slogans : « Vu à la télé – Les médias ont dit… » Jésus se situe dans les débats de son temps autour de l'utilisation de l'argent, de la place de la femme dans la société - du sort des malades – des ouvriers de la dernière heure…. Nous pouvons nous émerveiller chez Jésus de sa façon d’accueillir les questions, les situations nouvelles et les questions qu’elles posent. Attentif à l’actualité, aux désarrois, aux fragilités de ceux qu’il rencontre, il n’hésite pas à s’impliquer. Ce qui l’intéresse, c’est la vie concrète des personnes qu’il rencontre sur son chemin : leur devenir, leur épanouissement, leur capacité de grandir….

Tant qu'il y a une question, une interrogation, une recherche, il y a la vie qui s'exprime. Le pire est l'indifférence. Nous le savons bien: la première religion en Europe, c'est l'indifférence. Elle fait plus de mal à la foi que l'incroyance. Suivre le Christ, être chrétien c’est être attentif, curieux, ouverts, à l'écoute du monde et de son époque. Alors comment  être en capacité de rejoindre les interrogations de nos contemporains ?

Les questions ne manquent pas en ce moment. On sent bien que les mutations et les changements suscitent désarrois, inquiétudes, maladies et conduisent même au suicide,  il suffit de suivre les débats autour de la poste, des usines de pneus, de la fermeture de Gandrange, de la cokerie de Carling, des problèmes de la terre et du lait répandu dans les champs…  Des professions entières ne savent plus à quoi elles servent dans la nation et dans l'Europe. La courbe du chômage ne cesse de grandir malgré toutes les promesses et les engagements officiels, et en particulier notre région qui est la plus atteinte.

Comme le jeune homme de l’évangile, avec toutes ces questions, nous pouvons nous demander : Que devons-nous faire pour que la vie soit plus belle et réussie ? On ne peut pas se contenter de belles paroles. Jésus est exigeant tout en respectant la liberté de chacun. « Si tu veux mieux, vends tout ce que tu as et suis-moi. » A nous aussi, Jésus nous dit de ne pas nous contenter de bons sentiments et de belles promesses. Pour le suivre, Jésus nous invite à être présents et acteurs de la vie collective.

Par exemple, nos élus sont obligés de choisir entre les consignes de leur appartenance politique et les intérêts de la population qu’ils représentent. Dans les situations aussi graves, ils ne peuvent pas se contenter de suivre les consignes. Il en va de même pour chacun d’entre nous : dans les situations difficiles « il faut avoir le courage de mouiller sa chemise ». Ainsi, les paysans qui versent le lait dans les champs avec leurs larmes, ne se contentent pas d’attendre un salut qui ne viendra jamais, ils prennent des risques, ils s’organisent, ils font des projets et c’est en cela qu’ils sont humains et fils de Dieu. De même, nous avons pu voir en direct des images d’hommes et de femmes en pleurs parce que licenciés et jetés à la rue. D’autres tellement désemparés se suicident. Mais beaucoup plus encore s’organisent pour empêcher le démantèlement  de leur entreprise et retrouvent par là le chemin de la solidarité et un sens de vie.

C’est dans le même sens que la Commission Sociale des Evêques de France relance cette invitation à tous les chrétiens et les hommes de bonne volonté, de ne jamais lâcher les victimes de nos sociétés modernes. Chrétiens n'avons-nous pas à inventer et à dire une parole d'espérance créatrice qui rappelle qu'il n'y a pas de fatalisme. Dieu compte sur nous tous.

La parole de Jésus, aujourd'hui, n'est pas seulement une invitation au partage et à la solidarité, mais encore un appel personnel à le rejoindre librement. La réponse à cette invitation nous l’amorçons en participant à l'eucharistie. Mais c'est tous les jours, dans le travail et les relations quotidiennes, que ce choix peut s’incarner et se manifester.

L'Eucharistie nous rassemble pour nous transformer en témoins du Christ qui vient rassembler les enfants de Dieu dispersés. Demandons-lui dans notre prière, la sagesse et l'audace qui soutiendront notre réponse à son appel.

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