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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 08:19

François Riehl, prêtre du diocèse de Metz  a organisé un voyage culturel  à la rencontre des communautés chrétiennes de Chine du 3 au 17 septembre 09. Il a fait appel à Paul WANG, prêtre chinois, étudiant en France. Nous étions un groupe de 20 personnes, dont 5 prêtres. Ce voyage s’est déroulé de Pékin à Shanghai.  Ce voyage culturel  a rencontré des communautés chrétiennes en particulier de Xi’AN et de Shanghai.  Et nous avons pu nous entretenir avec les évêques de XI’AN : Mgr  DANG MINGYAN et l’Archevêque de Shanghai  Mgr XING WENZHI, ainsi que des prêtres de paroisses, des religieuses et des paroissiens. Les choses ont été facilitées par Paul qui servait d’intermédiaire. Les questions fusaient sur la vie de l’Eglise en Chine  et les difficultés rencontrées dans le monde d’aujourd’hui.

Premières impressions : le gigantisme du territoire, de la population, de la muraille, du réseau  routier  surprenant, des tours immenses dans une architecture très moderne et agréable (quoique habiter dans une tour de 50 ou 100 étages n’est certainement pas aussi agréable), la multitude des temples bouddhistes qui ont survécu à toutes les révolutions – la propreté méticuleuse est étonnante……

Les guides locaux parlaient un français très correct et plein de subtilités.  Leur connaissance de l’histoire civile et religieuse étaient sans faille. Quant à l’actualité, ils étaient très discrets et se contentaient de répondre à nos questions. En parlant des étudiants de la place TIAN’ANMEN, le guide officiel a répondu « qu’on en parlait plus, la page est tournée ». Toutes les personnes rencontrées manifestaient un grand attachement à leur pays, ainsi qu’une toute aussi grande fierté d’être chinois. 

Dans les lieux touristiques où nous sommes passés, nous logions dans des hôtels très confortables, à la fois modernes, propres, attentifs aux occidentaux et  à la portée de nos finances. Là aussi notre accompagnateur Paul Wang y était pour beaucoup, il savait négocier et valoriser notre passage. Dans les restaurants, le thé est gratuit comme la carafe d’eau chez nous. Dans certains endroits, nous étions les seuls à bénéficier de cette coutume parce que négociée par quelqu’un qui connaît les coutumes du pays.  Dans les villes, on trouvait toutes les productions de nos villes européennes et les mêmes magasins comme Auchan, Carrefour. Dans ces magasins, les prix approchaient des nôtres. La plupart des chinois a certainement d’autres  lieux d’approvisionnement, car avec 300€ de salaire minimum,  ils ne peuvent pas mener un train de vie comme les touristes.                                                                                                           On a vu des foules de vélos, parmi lesquels énormément de bicycles et de tricycles à moteur électrique. C’est certainement un progrès contre la pollution, mais il y a suffisamment de camions et de bus qui polluent l’atmosphère.  Dans  de nombreux endroits et en particulier à Pékin, une chape permanente cache plus ou moins le soleil. Le parc automobile nous a surpris, la majorité des voitures en circulation était de grosses voitures récentes et modernes. Tout le monde n’a certes pas sa voiture, mais ceux qui en ont une, possèdent de grands moyens, et ils sont nombreux. Nos idées sur le communisme sont balayées par les affaires. Même si les règles et lois sociales relèvent de l’ancien système, le marché est prioritaire.

Depuis une vingtaine d’années, la loi sur l’enfant unique dans les régions urbaines a certainement modifié le paysage. On voit rarement des enfants seuls, il y a toujours des parents ou grands parents qui accompagnent les petits. En ville, c’est  l’enfant roi ! Par contre, en ville les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses. Le guide de Shanghai nous disait qu’à la campagne, deux enfants sont autorisés pour le travail des champs et surtout pour la transmission de l’héritage aux garçons. La proportion des filles est nettement inférieure à celle des garçons. Toujours à la campagne, lorsque les deux enfants sont féminins, la deuxième est facilement abandonnée dans l’espoir d’avoir un garçon. Contrairement à la société, les orphelinats hébergent  surtout des filles. Les mentalités ne changent pas d’après la loi, mais s’adaptent.

Revenons à notre étonnement devant la vie de l’Eglise Catholique en Chine. Chacun de nous avait en tête : l’Eglise souterraine et l’Eglise officielle. La première, victime des persécutions, avait traversé les aléas de l’histoire. Il lui faut vivre cachée pour rester  indépendante du pouvoir communiste. D’autre part, l’Eglise officielle qui nous semblait instituer par le Parti pour éliminer les clandestins. Or dans le concret, le gouvernement chinois comme le gouvernement français a un ministère chargé des relations avec les cultes. Il exige le respect des lois du pays et refuse l’autorité du Vatican en ce qui concerne leurs règles de vie. Les évêques, les prêtres et les communautés chrétiennes qui acceptent ces règles du jeu sont déclarés comme Eglise officielle. Ceux qui refusent ces règles restent dans la clandestinité et s’appellent : l’Eglise souterraine. Il existe une tension entre ces deux formes d’Eglise. C’est d’abord une tension interne à l’Eglise. Les conciliations ne sont pas évidentes. Chacun croit avoir de bonnes raisons pour justifier sa position. Mais c’est d’abord une histoire à vivre, des étapes à franchir et l’Evangile toujours à mettre en œuvre.  Jusqu’à ces dernières années, le gouvernement chinois respecte le choix des membres de l’association  et refuse celle  des clandestins. Il accepte les évêques proposés par les communautés  officielles et refuse les décisions  imposées par Rome. De plus, le gouvernement garanti t un minimum vital aux clergés de l’Eglise officielle. Actuellement, Rome reconnaît tous les évêques de Chine.

En conclusion, le dépaysement était complet : quant à la langue, la culture, l’écriture, l’architecture, la musique, la nourriture…… mais guidé par un enfant du pays.

Vous pouvez consulter les photos prises en Chine. Cliquez sur Photos à consulter (elles ne sont pas dans l’ordre du déroulement du voyage)

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Riehl François - dans chine
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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 20:42

 

 François Riehl, prêtre du diocèse de Metz, j'ai organisé un voyage culturel  à la rencontre des communautés chrétiennes de Chine du 3 au 17 septembre 09. Il a fait appel à Paul WANG, prêtre chinois, étudiant en France. Nous étions un groupe de 20 personnes, dont 5 prêtres. Ce voyage s’est déroulé de Pékin à Shanghai.  Ce voyage culturel  a rencontré des communautés chrétiennes en particulier de Xi’AN et de Shanghai.  Et nous avons pu nous entretenir avec les évêques de XI’AN : Mgr  DANG MINGYAN et l’Archevêque de Shanghai  Mgr XING WENZHI, ainsi que des prêtres de paroisses, des religieuses et des paroissiens. Les choses ont été facilitées par Paul qui servait d’intermédiaire. Les questions fusaient sur la vie de l’Eglise en Chine  et les difficultés rencontrées dans le monde d’aujourd’hui.

Premières impressions : le gigantisme du territoire, de la population, de la muraille, du réseau  routier  surprenant, des tours immenses dans une architecture très moderne et agréable (quoique habiter dans une tour de 50 ou 100 étages n’est certainement pas aussi agréable), la multitude des temples bouddhistes qui ont survécu à toutes les révolutions – la propreté méticuleuse est étonnante……

Les guides locaux parlaient un français très correct et plein de subtilités.  Leur connaissance de l’histoire civile et religieuse étaient sans faille. Quant à l’actualité, ils étaient très discrets et se contentaient de répondre à nos questions. En parlant des étudiants de la place TIAN’ANMEN, le guide officiel a répondu « qu’on en parlait plus, la page est tournée ». Toutes les personnes rencontrées manifestaient un grand attachement à leur pays, ainsi qu’une toute aussi grande fierté d’être chinois. 

Dans les lieux touristiques où nous sommes passés, nous logions dans des hôtels très confortables, à la fois modernes, propres, attentifs aux occidentaux et  à la portée de nos finances. Là aussi notre accompagnateur Paul Wang y était pour beaucoup, il savait négocier et valoriser notre passage. Dans les restaurants, le thé est gratuit comme la carafe d’eau chez nous. Dans certains endroits, nous étions les seuls à bénéficier de cette coutume parce que négociée par quelqu’un qui connaît les coutumes du pays.  Dans les villes, on trouvait toutes les productions de nos villes européennes et les mêmes magasins comme Auchan, Carrefour. Dans ces magasins, les prix approchaient des nôtres. La plupart des chinois a certainement d’autres  lieux d’approvisionnement, car avec 300€ de salaire minimum,  ils ne peuvent pas mener un train de vie comme les touristes.                                                                                                          

On a vu des foules de vélos, parmi lesquels énormément de bicycles et de tricycles à moteur électrique. C’est certainement un progrès contre la pollution, mais il y a suffisamment de camions et de bus qui polluent l’atmosphère.  Dans  de nombreux endroits et en particulier à Pékin, une chape permanente cache plus ou moins le soleil. Le parc automobile nous a surpris, la majorité des voitures en circulation était de grosses voitures récentes et modernes. Tout le monde n’a certes pas sa voiture, mais ceux qui en ont une, possèdent de grands moyens, et ils sont nombreux. Nos idées sur le communisme sont balayées par les affaires. Même si les règles et lois sociales relèvent de l’ancien système, le marché est prioritaire.

Depuis une vingtaine d’années, la loi sur l’enfant unique dans les régions urbaines a certainement modifié le paysage. On voit rarement des enfants seuls, il y a toujours des parents ou grands parents qui accompagnent les petits. En ville, c’est  l’enfant roi ! Par contre, en ville les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses. Le guide de Shanghai nous disait qu’à la campagne, deux enfants sont autorisés pour le travail des champs et surtout pour la transmission de l’héritage aux garçons. La proportion des filles est nettement inférieure à celle des garçons. Toujours à la campagne, lorsque les deux enfants sont féminins, la deuxième est facilement abandonnée dans l’espoir d’avoir un garçon. Contrairement à la société, les orphelinats hébergent  surtout des filles. Les mentalités ne changent pas d’après la loi, mais s’adaptent.

Revenons à notre étonnement devant la vie de l’Eglise Catholique en Chine. Chacun de nous avait en tête : l’Eglise souterraine et l’Eglise officielle. La première, victime des persécutions, avait traversé les aléas de l’histoire. Il lui faut vivre cachée pour rester  indépendante du pouvoir communiste. D’autre part, l’Eglise officielle qui nous semblait instituer par le Parti pour éliminer les clandestins. Or dans le concret, le gouvernement chinois comme le gouvernement français a un ministère chargé des relations avec les cultes. Il exige le respect des lois du pays et refuse l’autorité du Vatican en ce qui concerne leurs règles de vie. Les évêques, les prêtres et les communautés chrétiennes qui acceptent ces règles du jeu sont déclarés comme Eglise officielle. Ceux qui refusent ces règles restent dans la clandestinité et s’appellent : l’Eglise souterraine. Il existe une tension entre ces deux formes d’Eglise. C’est d’abord une tension interne à l’Eglise. Les conciliations ne sont pas évidentes. Chacun croit avoir de bonnes raisons pour justifier sa position. Mais c’est d’abord une histoire à vivre, des étapes à franchir et l’Evangile toujours à mettre en œuvre.  Jusqu’à ces dernières années, le gouvernement chinois respecte le choix des membres de l’association  et refuse celle  des clandestins. Il accepte les évêques proposés par les communautés  officielles et refuse les décisions  imposées par Rome. De plus, le gouvernement garanti t un minimum vital aux clergés de l’Eglise officielle. Actuellement, Rome reconnaît tous les évêques de Chine.

En conclusion, le dépaysement était complet : quant à la langue, la culture, l’écriture, l’architecture, la musique, la nourriture…… mais guidé par un enfant du pays.

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Riehl François - dans chine
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