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30e Dimanche "C" – 27 Octobre 13

Première Lecture : Siracide 35 12–19

Deuxième Lecture : 2Timothée 4 6–18

Évangile de Jésus Christ selon St Luc 18 9–14

Jésus dit cette autre parabole pour certains qui se flattaient d’être des “justes” et regardaient avec mépris le reste des hommes : “Deux hommes étaient montés au Temple pour prier, l’un était un Pharisien, et l’autre un publicain.

Le Pharisien se tenait debout, et il priait ainsi en lui-même : Ô Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme le reste des hommes, rapaces, injustes, adultères, ou même comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je paie la dîme de tous mes revenus.

Le publicain, lui, se tenait à distance : il n’osait même pas lever les yeux vers le ciel, mais il se frappait la poitrine et disait : Ô Dieu, aie pitié du pécheur que je suis !

Je vous le dis : Celui-ci était en grâce de Dieu quand il est descendu chez lui, mais pas l’autre ! Car celui qui s’élève sera humilié, et celui qui s’humilie sera élevé.” (Bible des Peuples)

Dans cet Evangile, Jésus nous présente deux personnages très typés, pour ne pas dire opposés. Par là, Jésus nous invite à regarder notre propre façon d’agir avec nos frères et avec Dieu.

  • Le pharisien se montre sous son plus beau jour, comme s’il était juge de sa propre cause. Il ne cherche rien, il est suffisant et fier de lui-même.
  • Le publicain, loin derrière, honteux, brisé, reconnaît ses limites en se livrant, en toute vérité, au regard de Dieu.

Pour bien saisir la saveur de ces images, il faut se rappeler que les pharisiens étaient des gens d'une grande rectitude morale. Aujourd’hui le mot "pharisien" est devenu synonyme " d'hypocrite". Or ce n’était pas le cas du pharisien de l’évangile. Dans cette parabole, Jésus valorise le bien qu’il fait. Il jeûne deux fois par semaine et donne 10% de ses revenus. C'est certainement un juste qui a le sens du devoir accompli. Qui d'entre nous, aujourd’hui, respecte aussi bien la loi ?

D’autre part, on peut rappeler que les publicains savaient profiter de leur situation avantageuse, souvent au dépend des plus fragiles. Ils savaient faire rapidement fortune sur le dos des petites gens à l’exemple de Zachée.

Dans les événements difficiles que traverse la France en ce moment, le nœud des problèmes réside dans le manque de transparence, de justice et de vérité. Ceux-là mêmes qui ont la responsabilité de faire respecter la loi, sont parfois eux-mêmes en infraction et ne le reconnaissent jamais. Tout est fait pour cacher, justifier et montrer pattes blanches. Ces scandales sont relatés quotidiennement sans parler de tous ceux qu’on a su cacher depuis 20 ans. On ne fait que parler de transparence, quitte à incendier quelques coupables, alors que des puissants accumulent des dossiers qui peuvent les protéger. Les autorités se cachent derrière le mot « justice » « bon droit » « égalité » et « démocratie » pour justifier leurs prises de positions, au lieu de chercher l’intérêt général avec tous les acteurs. Les mêmes travers que ceux de l’évangile laissent des traces dans l’actualité. Et l’évangile, aujourd’hui, est aussi percutant qu’à l’époque de Jésus. En effet, il met le doigt sur ce qui fausse et détruit la vie ensemble.

Les manifs des lycéens, la semaine passée, ont été déclenchées par l’expulsion d’une lycéenne Léonarda et sa famille, mais aussi par les commentaires les plus contrastés. La jeunesse a la chance d’être sensible à l’injustice et de s’enflammer rapidement. Les adultes, comme les médias, savent jouer avec cette qualité. Or, dans toutes les explications et justifications « on n e nous dit pas tout ».

Pour en revenir au pharisien, Jésus ne remet pas en question son respect des lois, ses pratiques religieuses, mais son enfermement. Jésus souligne qu’il se croit supérieur aux autres en les méprisant. Il a tort de croire que sa pratique lui donne des droits sur Dieu. Conforté dans son univers légaliste, fondamentaliste ou intégriste, dirions-nous aujourd’hui, il est aveugle à toute lumière, à toute nouveauté venant d’ailleurs. Il possède la vérité, et cette certitude aggrave la situation, parce qu’elle empêche tout accueil, toute nouveauté et toute amélioration. On peut comprendre qu’il lui était difficile d’écouter Jésus qui fréquentait les femmes de mauvaise vie et qui mangeait chez les publicains et les pécheurs.

Lui, Jésus, n’hésite pas à rompre les préceptes sacrés, chaque fois qu’il s’agit de nourrir, guérir, relever, redonner confiance, d’aimer son prochain.

Nous voici une fois de plus invités à faire la vérité et à mettre en cohérence, les principes et le concret de la vie. Le publicain est justifié, parce qu’il se situe dans la vérité de son existence : il ne peut pas mentir à Dieu, il ne va donc pas se mentir à lui-même. Il est réellement un pécheur. Il le reconnaît. Il demande pardon à Dieu, et il est exaucé. Le pharisien, lui se croit mieux que les autres. Il est tout rempli de lui-même. Il n'a pas besoin de Dieu. C'est tout juste s'il ne demande pas à Dieu de l'admirer.

Que nous soyons du style pharisien ou publicain, l’essentiel c’est de croire que Dieu nous appelle à faire la vérité pour faire grandir la confiance. Et pour réaliser tout cela, Jésus fait appel à tous les hommes de bonne volonté.

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