ASSOMPTION 2011
Première Lecture : Apocalypse 11 19—12 6, 10
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 15 20–26
Évangile de Jésus-Christ selon St Luc 1 39–56
En ces jours-là Marie prit sa décision et partit sans perdre de temps vers une bourgade
des monts de Juda. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son ventre. Élisabeth fut remplie de
l’Esprit Saint et elle s’écria : “Tu es bénie parmi les femmes et le fruit de ton ventre est béni ! Que m’arrive-t-il donc ? La mère de mon Seigneur vient à moi ! Sais-tu qu’à
l’instant même où ta salutation est parvenue à mes oreilles, l’enfant a tressailli de joie dans mon ventre ! Tu as cru, toi, en l’accomplissement de ce que le Seigneur t’a fait dire :
Heureuse es-tu !”
Marie dit alors :
Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur !
Car il a regardé son humble servante
et tous les âges désormais me diront heureuse.
Le Puissant a fait pour moi de grandes choses,
Saint est son Nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Il a fait un coup d’éclat,
il a dispersé les orgueilleux et leurs projets.
Il a renversé les puissants de leur trône,
il a élevé les humbles.
Il a comblé de biens les affamés
et renvoyé les riches les mains vides.
Il a repris de la main Israël, son serviteur,
il s’est souvenu de sa miséricorde,
comme il l’avait promis à nos pères,
à Abraham et à sa descendance pour toujours.
Marie resta trois mois auprès d’Élisabeth, puis elle retourna chez elle.
A notre époque de vitesse, beaucoup redécouvrent les vertus de la randonnée – de la marche.
Marcher en groupe, avec quelques amis, cela refait la santé mais permet aussi d’oxygéner les esprits fatigués et stressés. N’est-ce pas aussi pour cette raison que les pèlerinages, entre autre
celui de St Jacques de Compostelle, ont retrouvé beaucoup de faveurs. Le pèlerinage est une invitation à partir, à se mettre en route, aller à la rencontre. L’important, ce n’est pas seulement
d’arriver mais ce qui se passe en cours de route. C’est le chemin…. C’est de progresser lentement !
Les croyants ne sont pas des gens arrivés. Ce sont des nomades. Celui qui est installé a dû mal
à avoir une foi vivante.
Marie, la mère de Jésus, a aussi beaucoup marché. Pour aller voir sa cousine Elisabeth dans la
montagne de Judée, elle se met en route rapidement nous dit l’Evangile.
Elle a marché, sans doute avec beaucoup de fatigue, pour aller de Nazareth à Bethléem au moment
du recensement quand son enfant allait naître.
Elle a marché sur les routes de Palestine à la suite de son Fils jusqu’au Golgotha un certain
vendredi saint. – Elle a aussi accompagné les apôtres dans les débuts de la communauté chrétienne. Ainsi on la retrouve avec l’apôtre Jean à Ephèse (ville de Turquie).
Marcher, aller à la rencontre de…, progresser, avancer…. Voilà un vocabulaire qui devrait
rejoindre les requêtes de l’homme actuel et nous permettre de comprendre la foi et le message de Marie.
Marie a eu surtout une foi itinérante… une foi qui progresse. Marie n’est l’icône d’une foi
statique ou intemporelle. Elle est passée par des hauts et des bas. Sa foi, comme la nôtre a été une foi dynamique avec ses commencements, ses obscurités et ses certitudes, ses joies, ses
combats.
Sa foi éclaire notre itinéraire et celui de toute l’humanité. Marie est la mère des
commencements. Son « Fiat » à l’annonciation n’est que le commencement de tout son itinéraire vers Dieu. Elle s’est mise en route dans le clair obscur d’une foi tâtonnante, sans savoir
d’avance jusqu’où cela la conduira. Elle manifeste que la foi n’est pas d’abord adhésion à une doctrine, à des idées mais une mise en route, une marche en avant, un élan comme on se lancerait
dans une expédition ou une aventure pleine de risques.
Marie qui n’a pas tout compris du 1° coup, nous rappelle combien la foi est source permanente
de relecture, d’interprétation toujours renouvelée de la Parole de Dieu au contact des événements du monde et de l’actualité.
Son Magnificat prend ses racines dans la vie du peuple de la Palestine. Il est question des
opprimés, des humbles, des petits, de renversement de situations…ça bouge….ça tourne… ça ne laisse jamais indifférent.
Pour Marie il n’est pas possible de séparer l’histoire du monde et l’histoire du peuple de Dieu. Le combat pour une vie meilleure est indissociable du combat pour Dieu.
Marie sur les routes de l’obéissance de la foi du accueillir successivement bien des événements
insolites, déroutants. Depuis la naissance de Jésus dans le dénuement jusqu’à la contradiction et le scandale suprême, celui de la croix. Paradoxe de cette femme qui a vécu dans l’intimité du
Christ comme aucune autre créature humaine et qui pourtant a dû, jour après jour, renouveler son acte de foi ;
Ainsi l’itinéraire de Marie nous montre combien la foi est d’abord une « naissance »,
une vie toujours en croissance, une semence jetée dans la terre du cœur de l’homme, qui doit grandir, prendre racine et donner du fruit.
Qui dit, « croissance » dit aussi crise de croissance. Ni Marie, ni les apôtres,
ni l’Eglise ne peuvent passer à côté.
Chers amis, tant que nous marchons, nous sommes des vivants. Les chrétiens sont des voyageurs comme Abraham, comme Marie comme tous les croyants de l’histoire humaine.
Ceux qui croient être arrivés, s’installent et à force de s’installer, de se sédentariser, de
penser au confort, on finit par oublier le but du voyage.
Dieu nous veut sur les chemins et les routes, dispersés à travers le monde, comme la semence
est dispersée. Faisons-nous partie de cette Eglise qui marche, qui va de l’avant, qui témoigne de sa foi qui l’habite ?
Bonne fête à toutes les
« Marie »
et noms composés de marie !