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21° Dimanche 21 août 11
Première Lecture : Isaïe 22 19–23
Deuxième Lecture : Romains 11 33–36
Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu 16 13–20
Jésus était allé dans la région de Césarée de Philippe. Là il posa à ses disciples cette question : “D’après les gens, qui suis-je, qui est le Fils de l’Homme ?”Et ils répondirent : “Pour les uns tu es Jean-Baptiste, pour d’autres Élie, pour d’autres encore Jérémie ou l’un des prophètes.”
Jésus leur demanda : “Et vous, qui dites-vous que je suis ?” Simon Pierre prit la parole : “Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant !” Jésus lui fit alors cette déclaration : “Heureux es-tu, Simon Bar-Iona, car ce n’est pas la chair et le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi je te dis : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les forces de mort ne l’emporteront pas sur elle. Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux. Ce que tu lieras ici sur terre sera lié dans le ciel, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.”
Alors Jésus donna l’ordre à ses disciples de ne dire à personne qu’il était, lui, le Messie.
Jésus arrive à un tournant important de sa vie. Lui-même a besoin de vérifier si sa mission est reconnue, et si son message est accepté. D’autant plus qu’il se sent bousculé, chahuté de tous côtés. Il doit faire face à l’incompréhension des apôtres, qui eux-mêmes se sentent tiraillés entre ce qu’ils perçoivent de Jésus et les critiques des pharisiens. Par cette page d’évangile, Matthieu nous transmet cette heure de vérité où Jésus provoque ses disciples à ne pas se contenter de ragots. Il leur demande ce qu’ils ont perçu de son identité. Quand on engage sa vie, on ne l’engage pas à la légère, mais avec tout son poids de vérité. La réponse de Pierre : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant » dépasse certainement les constations qu’il a pu faire sur ce qu’il a vu et entendu dans son accompagnement de Jésus. Cette affirmation est aussi le résultat de l’action de l’Esprit à l’œuvre dans le cœur de Pierre. Comme Jésus le lui dit : « c’est mon Père qui est aux cieux qui t’a révélé cela ».
Jésus avait besoin de mesurer l’accueil que lui font les foules qu’il rencontre occasionnellement, mais aussi la portée de son témoignage sur ses compagnons de tous les jours. De même, les parents, les enseignants, les éducateurs, les maîtres d’apprentissage, les prêtres, les religieuses et tous les chargés de mission ont besoin de vérifier l’efficacité de leurs efforts. Toutes ces personnes en responsabilité sont traversées, un jour ou l’autre, par cette question : « Est-ce que j’ai bien rempli ma mission ? Est-ce que j’ai réussi à transmettre ce pour quoi j’ai été envoyé ? »
Tout autant que Pierre et les autres disciples, nous avons besoin et de notre observation et de notre compréhension de la vie et des événements des hommes de ce temps. Mais, nous avons également besoin d’être accueillant et disponible à l’action de l’Esprit de Dieu dans ce monde. Cette double attention à la vie et à l’action de Dieu donne force et cohérence à la foi. Cette rencontre rend l’homme libre et responsable.
Ainsi les JMJ, Journées Mondiales de la Jeunesse, qui rassemblent actuellement 1,5 million de personnes venues du monde entier à Madrid, rassurent certainement un grand nombre de catholiques troublés par la crise de la pratique religieuse. La mobilisation de tant jeunes pour les 26° JMJ redynamise bien des gens « fatigués - démoralisés » qui ont besoin d’encouragements. De plus, notre société qui revendique la laïcité, contrairement à ses habitudes de laisser dans l’ombre tous les aspects religieux, tout à coup marque son étonnement devant la vitalité de la jeunesse.
D’autre part, on ne peut pas se contenter d’une image de masse. De même que les champs, avant la moisson, sont beaux à voir, encore faut-il mettre le grain à l’abri pour les besoins humains. De même les JMJ, au-delà des belles fêtes et des partages doivent aussi aider les cœurs à être croyant pour l’aujourd’hui. C’est-à-dire retrouver l’amour de Dieu à l’œuvre dans le quotidien.
La réponse de Pierre a mobilisé l’ensemble des disciples à reconnaître en Jésus « le Messie » et à le suivre. Chrétiens, sur le chantier de nos paroisses, dans nos familles, dans nos associations, partout où nous sommes impliqués et insérés, comment témoigner du Ressuscité ? Nous pouvons nous laisser entraîner par le souffle des JMJ, en libérant la parole, à l’écoute des jeunes, en se laissant interroger par les questions du monde et aussi par l’évangile. Les JMJ ont l’avantage de nous rappeler que le monde d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier, alors qu’il en est la suite. Même si la tentation est forte d’en rester à ce qu’on a connu dans notre enfance, l’Evangile est Bonne Nouvelle pour aujourd’hui. Et il le sera encore pour demain. Alors mobilisons nous pour dépasser nos nostalgies et pour raviver notre foi.