Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

Publicité

20° Dimanche du Tps Ord "A" 14 08 11

 

20° Dimanche du Tps Ord « A »  14 août 11

Première Lecture : Isaïe 56 1, 6–7

Deuxième Lecture : Romains 11 13–15, 29–32

Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu 15 21–28

 

Jésus partit de là et s’en alla vers la frontière de Tyr et Sidon. Une femme cananéenne, qui venait de ce territoire, arriva alors en criant : “Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est affligée d’un démon !” Jésus ne répond rien. Les disciples insistent auprès de lui : “Renvoie-la, vois comme elle crie après nous !” Jésus leur répond : “Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues du peuple d’Israël.” Mais la femme vient se jeter aux pieds de Jésus en lui disant : “Seigneur, fais quelque chose pour moi !” Jésus lui répond : “On ne prend pas le pain des enfants pour le jeter aux chiens.” La femme lui dit : “Bien sûr, Seigneur, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table des maîtres.”

 Alors Jésus lui fait cette réponse : “Femme, ta foi est grande, que la chose se fasse comme tu le veux.” Et dès ce moment-là sa fille fut guérie.

Une fois de plus, par l’évangile qui nous est proposé, Jésus a l’art et la manière de nous « booster », de nous provoquer, comme lui-même l’a été par les événements. Une cananéenne,  une femme païenne crée l’événement. Elle vient lui demander la guérison de sa fille « tourmentée par un démon. » Ca se passe dans la région de Tyr et de Sidon, l’actuel Liban, l’endroit où Jésus s’est retiré quelques temps pour se reposer.                 Cette femme a entendu parler de Jésus. On en disait beaucoup de bien. Probablement, un voyageur de commerce avait parlé d’un dénommé Jésus, qui avait été mêlé à une curieuse affaire de foules qui n’avaient rien à manger et qui en ont eu tant qu’on avait même récupéré douze corbeilles de pain ... « Si tout ce qu’on raconte est vrai, il fera bien quelque chose pour ma fille qui est en pleine crise ! »                                                                          A peine arrivé, Jésus  se trouve importuné par cette femme qui se met à prier et à crier (parfois la prière n’est qu’un cri, effectivement). Sa fille est « tourmentée par un démon » : il se passe sans doute quelque chose qui relève de la psychiatrie. On peut supposer qu’elle a tout essayé, sans succès. Elle appelle Jésus à l’aide. Silence ; délibérément, Jésus joue les abonnés absents. Les apôtres interviennent, non par compassion mais parce que cette femme est casse-pieds et ça les énerve. Réponse : « Même en pays païen, je n’ai été envoyé que vers les enfants d’Israël ; pas d’accord de prendre le pain des enfants [les juifs] pour le donner aux chiens [les païens] ! » Voilà une parole qui, 2000 ans plus tard, nous reste en travers de la gorge. Et pourtant, il peut arriver qu’elle nous renvoie à nous-mêmes : quand on est à la bonne table, comment ne pas garder pour soi le pain et les beaux morceaux ?    Et puis, quand elle se heurte à un triple refus, son raisonnement est sans bavure : « Il me traite de petit chien ? Bon alors, puisque j’ai droit à du manger de chien, je vais lui en mendier quelques miettes ! » Elle a conscience de ne pas être à la hauteur de ce personnage exceptionnel. Malgré cela, elle fait preuve d’une hardiesse extraordinaire car elle est prête à tout pour sauver son enfant. Son cri est celui d’une foi étonnante. Elle, qui ignore tout de l’identité de Jésus, l’interpelle par les mots : «Seigneur, fils de David ». C’est une manière de montrer que son acte de foi va bien plus loin que celle de beaucoup de bons croyants. Cela montre aussi, que la foi est étroitement liée à l’essentiel de la vie.      Le cri de cette femme devant les disciples nous renvoie à une foule de cris qui montent du cœur de gens blessés dans leur humanité. Ces cris retentissent sur nos places publiques et par le biais des informations. Ne déclenchent-ils pas trop souvent le mépris au lieu de l’écoute, la fermeture au lieu de l’accueil ? Or la vie n’a pas d’avenir sans écoute, sans accueil et projet d’avenir. Ces jours-ci, on nous parle de plus de cent morts jetés à la mer dans une embarcation fragile, et dans le même journal on veut nous rassurer en annonçant l’expulsion de 30 000 sans papiers pour l’année. Si tous les « y a cas », se réalisaient, soi disant, il n’y aurait plus de problème. Mais surtout, chacun serait enfermé dans sa suffisance. Or, les choses ne sont pas aussi simples qu’on le prétend. Regardez ce qui se passe actuellement du côté de la Grande Bretagne. On constate les dégâts, on accuse très vite les voyous et petit à petit on constate que  c’est l’ensemble de la société qui est déstabilisée, fragilisée. Il y a certainement d’autres causes que celles que l’on avance pour se déculpabiliser.                                                                                                                   Dans toutes les situations, chacun doit prendre sa part de responsabilité là où il vit, là où il a un pouvoir de décision, là où il a une parole à donner. Les barrières, les obstacles, les incompréhensions, les murs ne sont pas seulement le fruit, le résultat de couleur de peau, de religion, de nationalité, mais le fruit de tous nos enfermements, de nos blocages et de certitudes établies depuis des générations. Tout le monde est choqué du fossé qui s’aggrave entre les riches et les pauvres, mais tout est fait pour que cela continue. Si rien n’est entrepris, dans tous les domaines, pour que ça évolue, demain ça sera encore plus difficile.                                                                                                                               Jésus exprime son émerveillement devant la foi de cette femme en souffrance qui ne se contente pas de supporter la maladie de sa fille. « Femme ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! » « Et à l’heure même sa fille fut guérie. »               Comme Jésus, nous avons des raisons de nous émerveiller quand 1,5 million de jeunes se mobilisent à travers le monde pour les JMJ à Madrid (Journées Mondiales de la Jeunesse) du 16 au 21 août, avec le thème : « Enracinés et fondés dans le Christ, affermis dans la foi. » La foi chrétienne, aujourd’hui comme hier, est toujours au service de la vie. La méditation de l’évangile doit nous aider à renouveler  et à affermir notre foi. Dans toute démarche humaine et chrétienne, ce qui est premier, c’est le souci de la dignité des personnes qui sont enfants de Dieu. « Ce que tu as fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que tu l’as fait » nous dit Jésus. Cette dignité est toujours remise en cause par l’attrait du pouvoir, de l’argent, de la domination, c’est le péché qui le détruit. C’est pour cela qu’il est nécessaire de prendre le temps de s’affermir : les jeunes à Madrid, nous ce matin à la messe  et chaque  fois quand nous prenons un passage d’évangile. C’est une Bonne Nouvelle pour la dignité de chacun.

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article