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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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4° Dimanc he du Tps Ord "C" 03 02 13

 

4° dimanche du Temps de l’Eglise « C » 3 Février 13

 

Première Lecture : Jérémie 1 4–5, 17–19

Deuxième Lecture : 1Corinthiens 12 31—13 13

Évangile de Jésus Christ selon St Luc 4 21–30

 

Alors il commence sur ce thème : “Cette Écriture est en train de s’accomplir : voyez les nouvelles qu’on vous rapporte !” Tous l’approuvaient et s’étonnaient de cette révélation de la grâce divine qui tombait de ses lèvres. Ils disaient : “Et penser que c’est le fils de Joseph !” Mais il leur dit : “Sûrement vous allez me citer ce proverbe : Médecin, guéris-toi toi-même ! On nous a parlé de bien des merveilles survenues à Capharnaüm : fais-les donc ici dans ta patrie !” Jésus ajouta : “En vérité, je vous le dis, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie !Croyez-moi, il y avait beaucoup de veuves en Israël au temps d’Élie lorsque le ciel retint l’eau pendant trois ans et demi, et qu’il y eut une grande famine dans tout le pays. Cependant Élie ne fut envoyé à aucune d’elles, mais bien à une femme de Sarepta dans le territoire de Sidon ! Il y avait de même de nombreux lépreux en Israël au temps du prophète Élisée, et aucun d’eux ne fut guéri, sinon Naaman le Syrien !” En entendant cela, tous dans la synagogue sentaient monter leur colère. Ils se lèvent, le poussent hors de la ville et le conduisent jusqu’à un ravin de la colline sur laquelle leur ville est construite, pour le jeter en bas. Mais lui passe au milieu d’eux et il va son chemin.

 

Dans la nuit de samedi à dimanche 26/27 janvier, à Santa Maria au Brésil, l’incendie de la discothèque  a coûté la vie à 233 jeunes. De plus, on ne peut même pas énumérer tous ceux qui sont marqués à vie par des séquelles physiques et psychiques. Ils étaient partis pour faire la fête et c’est la catastrophe qui écrase leurs familles.

Comme tous les jeunes de leur âge, ils aspirent à la fête, à la tendresse, à l’amitié et à la réussite. Très vite, tous les jeunes font l’expérience que le bonheur ne tombe pas du ciel comme la pluie et les rayons du soleil.  Même s’ils s’investissent dans leurs études, dans l’apprentissage, dans la recherche  d’une filière, ça ne marche pas à tous les coups et beaucoup sont découragés. Alors bien souvent, ils se tournent vers ceux qui leur font confiance pour exister : les parents, les copains, le sport et les sorties. Mais chacun de ces lieux n’est pas non plus garanti. Pourtant, ces jeunes aspirent à être aimés, à être reconnus et valorisés pour ce qu’ils sont. Ils attendent que les adultes les prennent plus au sérieux. Chacun peut penser à sa propre expérience dans sa famille, au travail et avec le voisinage.

Or, la société fonctionne tout autrement : elle est régie par les lois économiques, les rapports de forces et d’intérêts. Et là, il n’y a guère de place au sentiment, à la considération et à l’amour. C’est la galère et la fragilité pour beaucoup. 3 millions de gens mal logés en France sans compter ceux qui n’ont pas de toit, ceux qui n’ont pas accès au travail, les sans papiers. En l’année 2012, il y a eu 10% de chômeurs en plus. A cause de cette misère, les possédants se barricadent et dirigent leur fortune vers les paradis fiscaux. En donnant priorité absolue sur ce qui rapporte, ils font l’impasse sur tout ce qu’ils ont reçu depuis leur enfance. Chacun a une dette sociale. Chacun a reçu de la société des droits, une formation, des soins, de la tendresse. Cette dette sociale ne doit pas être oubliée et escamotée. Chacun a des devoirs et des obligations qui ne sont pas que de l’ordre économique ni de la croyance religieuse. Ça relève de l’expérience de chacun. Car chaque être humain ne peut exister que grâce aux autres humains.

Chrétiens, depuis notre tendre enfance, nous avons appris que Dieu est Amour et que la vocation de tout Homme est d’aimer et d’être aimé comme Dieu nous aime. Or, en chemin, enfermés dans d’autres préoccupations, beaucoup ont perdu ces repères. Au point que des croyants en arrivent à douter de ces repères. « Est-ce qu’on ne nous a pas raconté des histoires ? ». Dans sa lettre aux Corinthiens, l’apôtre Paul dit : « J’aurais beau tout connaître, tout partager, tout endurer, s’il me manque l’amour, je ne suis rien ».

La drogue, la délinquance, la folie, le suicide ne sont-ils pas la conséquence du manque d’amour, les ravages laissés par son absence ? Devant ce douloureux naufrage, on cherche obstinément la boîte noire de l’accident. Résultat, on retrouve le manque d’amour : celui qui n’a pas su ou pu recevoir l’amour comme celui qui n’a pas su ou pu le donner.

A tous les écorchés de la vie, Jésus apporte la vraie libération au risque de ne pas bien se faire comprendre et d’y laisser sa vie lorsqu’ils veulent le précipiter dans l’escarpement de la ville. En quelque sorte, Jésus refuse tous ces faux semblants, tous ces enfermements, tous ces rajouts à la loi de Moïse. Il veut donner un souffle nouveau à la foi au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il veut que ces concitoyens soient des Hommes libres et responsables, qui n’ont pas peur de s’investir pour la paix et la justice.

Le pape Jean XXIII, par le Concile de Vatican II, voulait ouvrir portes et fenêtres pour laisser entrer un peu d’air frais dans l’Eglise, car elle en avait bien besoin. Aujourd’hui, tout semble bien loin. Au lieu d’ouvrir les fenêtres, certains courants dans l’Eglise se replient frileusement sur « les certitudes » comme si on pouvait revenir en arrière. L’avenir de l’Eglise ne se joue pas seulement dans nos assemblées dominicales, mais là où des hommes, des femmes et des jeunes osent encore prendre la parole pour renverser la machine à rendement, à fric et redonner toute sa place à l’Homme.

L’Evangile de Jésus Christ avec sa force de contestation  se révèlera toujours plus fort que toutes nos mesquineries, paresse, résignation ou nos manques de courage.

« Mais Jésus, passant au milieu d’eux, allait son chemin. »Pour nous disciples du Christ, nous ne pouvons pas rester indifférents devant les difficultés de notre temps. Que ce soit le drame de la discothèque au Brésil, le drame subi par le peuple Malien depuis un an, le chômage, les menaces sur l’emploi, la misère qui grandit chez nous, toutes les difficultés vécues dans les familles dont les enfants sont les premières victimes et le débat autour du « mariage pour tous ». Comme Jésus, nous ne pouvons pas passer dans le monde d’aujourd’hui avec indifférence ni avec un parti pris. Jésus s’est engagé par amour. Si on aime les gens, on est capable de trouver le meilleur avec eux. Sinon, on se contente de faire ou de rappeler des lois qui nous arrangent.

 Les retours en arrière de l’Eglise et nos propres refus ne peuvent empêcher Dieu de poursuivre son action. Dommage que nous n’en soyons pas toujours persuadés. Comme dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus, au milieu des fluctuations de l’histoire et des refus des hommes, continue son chemin. Oserons nous le suivre jusqu’au matin de Pâques pour que d’autres se lèvent et comprennent son message : « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »

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