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5e dimanche du Tps Ord « C » 10 02 13
Première Lecture : Isaïe 6 1–8
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 15 1–11
Évangile de Jésus Christ selon St Luc 5 1–11
Un jour la foule s’écrasait autour de lui pour mieux entendre la parole de Dieu, et lui se tenait au bord du lac de Génésareth. À ce moment il vit deux barques amarrées sur le bord du lac : les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Il monta dans l’une des barques, qui était à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu de la rive. Puis, de la barque où il était assis, il continua d’enseigner les foules. Quand il eut fini de parler il dit à Simon : “Avance vers le large et jetez vos filets pour la pêche.”Simon répondit : “Maître, nous avons eu beau faire, nous n’avons rien pris de toute la nuit. Mais si tu le dis, je vais jeter les filets.” C’est ce qu’ils firent, et ils ramassèrent une telle quantité de poissons que leurs filets étaient près de se déchirer ! Alors ils firent signe à leurs associés qui étaient dans l’autre barque pour qu’ils viennent les aider. Ils arrivèrent et remplirent les deux barques presque à les faire couler. Voyant cela, Simon-Pierre se jeta aux pieds de Jésus et lui dit : “Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur !” Lui et ses aides étaient en effet sous le coup de la stupeur à cause de cette pêche qu’ils venaient de faire ; de même Jacques et Jean, les fils de Zébédée, qui étaient des compagnons de Simon. Jésus dit alors à Simon : “Ne crains pas ! À partir de maintenant ce sont les personnes que tu pêcheras !” Ils ramenèrent les barques à terre, puis ils laissèrent tout et le suivirent. (Bible des Peuples)
Le pape Jean XXIII a proposé le Concile Vatican II en reprenant cette parole que nous venons d’entendre : « Avance vers le large et jetez vos filets pour la pêche. » En d’autres termes, le pape avait conscience que l’Eglise était enfermée dans les coutumes et les contraintes du passé. Alors il invite tous les chrétiens à se mobiliser autour de la vie des Hommes de ce temps. C’est l’heure de l’audace, de la mission et de l’action.
Comme au temps de Jésus, au temps du pape Jean XXIII, de même qu’aujourd’hui, Dieu n’a pas besoin « d’adorateurs », mais des prophètes qui mettent son message, sa Bonne Nouvelle à la portée de tout venant. Jésus s’est fait serviteur de ses frères et non maître de la loi.
Rejeté à Nazareth par les siens, Jésus s’en va au carrefour des nations, à savoir Capharnaüm. Il vient là où les gens vivent, travaillent, se rencontrent, se croisent, échangent. Et là, l’évangéliste Luc souligne deux points essentiels : « il les instruit et il les renvoie à nouveau à la pêche ».
Son enseignement doit être à la portée des gens pour les rejoindre dans leur vie. Mais cet enseignement doit être mis en œuvre dans ce que les gens connaissent le mieux : leur profession, leurs relations, là où ils sont expérimentés et là où ils sont eux-mêmes compétents. Jésus s’appuie sur leur savoir faire pour les aider à faire des progrès, à faire un pas de plus et à se dépasser. Ainsi, Il suscite l’initiative d’un chacun pour vitaliser, renouveler et enrichir le Royaume et non pour en faire « une chasse gardée ». Jésus s’est toujours méfié des gardiens du Temple. Il a été très dur à l’égard des scribes et des pharisiens qui imposaient des règles de vie et cela au nom de Dieu. Il a toujours su mettre en valeur les prophètes qui libèrent des entraves fabriquées par des intérêts cachés. Dieu veut des hommes libres, debout, capables de répondre aux événements de la vie et à son amour.
De même, l’Eglise conciliaire a organisé sa recherche et son approfondissement pour être accueillante et respectueuse de la vie des gens. C’est bien dans l’aujourd’hui de cette vie que se construit le Royaume de Dieu. Voici 50 ans au temps du Concile, les mouvements d’Action Catholique ont été sollicités pour témoigner de leur expérience et de leur savoir faire dans l’articulation entre la vie et la foi chrétienne.
A l’époque de Jésus, comme à l’époque du Concile, comme aujourd’hui, un certain nombre de gens refusent de se laisser enfermer dans une forme de religiosité. Jésus lui-même refusait les enfermements. C’est pourquoi, certains de ses compatriotes étaient même prêts à le lyncher.
La même question se pose aujourd’hui. Un grand nombre de gens en responsabilité : politiques, économiques, scientifiques ont quitté ostensiblement leurs liens avec l’Eglise Catholique. Et combien de jeunes couples et la masse des ados refusent de se laisser embrigader dans des façons de faire, de croire qui ont pu nous paraître évidentes à une époque plus ancienne. Aujourd’hui, ça ne va pas de soi. L’hebdomadaire « La Vie Catholique » de la semaine passée nous alertait sur une réalité de notre temps. Pour un certain nombre de citoyens respectables : « Dieu n’existe pas ». La première tentation, c’est de mépriser les gens qui ne pensent pas comme nous. Trop souvent, quand on entend parler des « religieux », on met en évidence leurs intolérances et leurs enfermements. On va jusqu’à dire que les guerres sont dues aux religions. Ce qui est vrai, c’est que les intégristes de toutes les religions n’hésitent pas à mépriser, voir supprimer les opposants. Et cette violence, donne une image de marque aux religions qui n’est pas juste. En effet, le mépris n’a rien à voir avec l’attitude de Jésus. Lui au contraire est très soucieux des gens désemparés. Au contraire, il leur propose des moyens de rebondir et de grandir en humanité et dans leur foi. Et c’est bien en cela, que l’Evangile est une Bonne Nouvelle.
L’Eglise d’aujourd’hui s’inscrit dans la fidélité à Jésus et à l’ouverture du Concile Vatican II pour le monde de notre temps. Elle nous invite, comme St Luc, à former notre conscience aux saveurs du Royaume et la mettre en œuvre dans ce que nous connaissons le mieux. Osons le large, soyons des chrétiens accueillants, respectueux, attentifs aux signes que Dieu nous donnent en ce temps. Ces qualités humaines sont la base, le socle, le terreau sur lequel l’Esprit de Dieu peut faire grandir notre foi. Alors prenons soin de ces qualités indispensables au Royaume.