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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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4° Dimanche de Pâques "A" - 03 05 20

4° Dimanche de Pâques 03 05 20

 

1ère lecture : Actes des Apôtres (2, 14a. 36‑41)

2ème lecture : première lettre de saint Pierre apôtre (2, 20b-25)

Evangile : selon saint Jean (10, 1‑10)

 

 

« En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

« Jésus employa cette image du bon pasteur, pour s’adresser aux pharisiens » : ce n’est donc pas aux apôtres que Jésus s’adresse, mais bien aux pharisiens. C’est connu, le courant ne passait pas très bien entre Jésus et les pharisiens. Et pourquoi ? La grande critique que Jésus adresse aux pharisiens, c’est de manipuler le peuple et se l’asservir. Ils maintenaient les gens dans la soumission, les contraignant moralement à obéir à des lois tatillonnes sous peine de châtiment divin. Ils rendaient les femmes et les hommes de leur époque tout à fait irresponsable dans leurs choix de vie. C’est eux qui dictaient la ligne de conduite à tenir.

Devant cet état de fait, vous comprenez que Jésus était ému de voir ses compatriotes proches de « l’esclavage ». Il va tout faire pour les libérer, à l’image de Moïse qui délivra les hébreux de l’esclavage des égyptiens.

Malheureusement ce combat aujourd’hui est bien loin d‘être terminé et nous savons combien de par le monde les visages de « l’esclavage » sont de plus en plus diversifiés.  En effet, regardons ce qui se passe chez nous. Ne sommes-nous pas, de plus en plus conditionnés dans nos choix de vie, notre manière de vivre ? Inconsciemment influencés par les médias, les publicités, la consommation, la production… On manipule même nos goûts, nos envies, et nos désirs, nos choix politiques et même nos orientations personnelles. Je me demande si l’expérience malheureuse que nous connaissons aujourd’hui, le COVID 19, servira à un sursaut de prise de conscience que chacun doit prendre sa vie en main. Le moment est venu de faire la Vérité avec soi-même, de privilégier ce qui mérite toute notre attention pour réussir notre vie. Et prendre garde à ne plus se laisser mener par les « beaux parleurs », les « gourous » qui prétendent pouvoir diriger nos vies. Je me souviens que mon père disait souvent (en patois) « Wo sinn den unsere Mânna » où sont nos hommes de conviction ? Des hommes de confiance, crédible il y en a toujours eu dans l’histoire, mais on ne les a pas écoutés.

Il faut croire que depuis Jésus, rien n’a changé ! Nous sommes toujours autant manipulés jusque dans nos choix religieux. On remarque de plus en plus, et aucune religion ne fait exception, des tendances extrémistes qui s’affrontent et qui se servent de la vulnérabilité des plus faibles pour étendre leurs influences.  A tel point que, même ceux qui ont le sens critique, ne savent plus à quel saint se vouer et se demandent où trouver le vrai chemin de liberté.

Comme vous le voyez, les pharisiens modernes que nous suivons aveuglément, semblent de plus en plus puissants. Confinés, depuis des semaines, la télévision tient une grande place dans notre vie de tous les jours, comme l’ensemble des médias. C’est affolant ce qu’on peut entendre de vrai et de faux, même des mensonges. En nous laissant enfermer dans leurs dires, nous perdons notre dignité et tout ce qui fait la grandeur de l’homme. Oui, plus que jamais il est urgent de réagir, de lutter contre toutes les formes d’asservissement, de trouver une porte de sortie.

Voilà justement ce que nous propose Jésus aujourd’hui : il se présente comme la porte, non pas la porte qui se referme derrière nous comme un piège, mais une porte qui s’ouvre vers les grands espaces de liberté, de paix et de justice. Oui, il nous fait sortir, précise l’Evangile, pour passer du bercail vers les bons pâturages, pour aller et venir librement. A plusieurs reprises dans l’évangile, il se dit être aussi : « le Chemin, la Vérité et la Vie… » Nous avons un excellent « berger » à notre portée, il suffit de se mettre à son écoute, et pour ce faire, il suffit d’ouvrir l’Evangile. Remettre en pratique ce grand et beau commandement que Jésus ne cesse de rappeler : Aimer Dieu et aimer son prochain !

C’est vers ce Dieu qui aime sa Création, que Jésus invite tous les chrétiens à donner la priorité à l’Homme et à la nature. Il nous demande d’être aussi plus solidaires, plus attentifs aux plus fragiles ici et dans le monde et à ceux qui souffrent encore plus durement de cette pandémie.

Là encore le défi est à relever, parce que « la guerre » elle ne s'arrêtera pas au virus... Les pauvres, les précaires, les salariés feront une fois de plus les frais de tout cela. Et ça commence déjà, avec les ordonnances, avec ce qui a été décidé pour le temps de travail.

Traditionnellement, ce dimanche a été choisi pour être le dimanche des vocations. Systématiquement on pense à l’appel au sacerdoce et à la vie religieuse. Or nous venons d’entendre que Jésus appelle ses brebis chacune par son nom.  Il n’en appelle pas quelques-unes mais toutes personnellement. Autrement dit, chacun est appelé, chacun a sa vocation, sa mission, son rôle, sa responsabilité de construire avec les autres des lieux de paix et de liberté. Encore faut-il oser « appeler » quelqu’un au sacerdoce. Un jour il m’est arrivé de poser la question à un jeune homme : « Tu n’as jamais pensé à devenir prêtre ? » « Si, mais personne ne m’a posé la question. » Ça fait maintenant des années qu’il est un prêtre heureux !

Jésus s’est battu pour que les hommes aient la vie, qu’ils l’aient en abondance. A notre tour nous sommes invités à devenir « des portes ouvertes » qui accueillent sans préjugés et introduisent vers les bons pâturages où il fait bon vivre ensemble. Oh, quelle merveilleuse vocation que la nôtre !

 

Quelques extraits du message du pape François pour la journée des vocations :

« ….Toute vocation naît de ce regard aimant par lequel le Seigneur est venu à notre rencontre, peut-être alors même que notre barque était en proie à la tempête. « Plus qu’un choix de notre part, la vocation est la réponse à un appel gratuit du Seigneur » (Lettre aux prêtres, 4 août 2019) ; c’est pourquoi, nous réussirons à la découvrir et à l’embrasser, quand notre cœur s’ouvrira à la gratitude et saura saisir le passage de Dieu dans notre vie……

……Ce qui souvent nous empêche de marcher, de grandir, de choisir la voie que le Seigneur trace pour nous, ce sont les fantômes qui s’agitent dans notre cœur. Quand nous sommes appelés à laisser notre rivage de sûreté et à embrasser un état de vie – comme le mariage, le sacerdoce ordonné, la vie consacrée –, la première réaction est souvent représentée par le "fantôme de l’incrédulité" : ce n’est pas possible que cette vocation soit pour moi ; s’agit-il vraiment du juste chemin ? le Seigneur me demande-t-il vraiment cela ? Et, peu à peu, croissent en nous toutes ces considérations, ces justifications et ces calculs qui nous font perdre l’élan, qui nous troublent et nous paralysent sur le rivage de départ : nous pensons avoir fait fausse route, ne pas être à la hauteur, avoir simplement vu un fantôme à chasser.

Le Seigneur sait qu’un choix fondamental de vie – comme celui de se marier ou de se consacrer de façon spéciale à son service – nécessite du courage. Il connaît les interrogations, les doutes et les difficultés qui agitent la barque de notre cœur, et c’est pourquoi il nous rassure : "N’aie pas peur, je suis avec toi !". La foi en sa présence, qui vient à notre rencontre et nous accompagne, même quand la mer est en tempête........ c’est-à-dire ce découragement intérieur qui nous bloque et ne nous permet pas de goûter la beauté de la vocation.

Chers frères et sœurs, spécialement en cette Journée, mais aussi dans l’action pastorale ordinaire de nos communautés, je désire que l’Eglise parcoure ce chemin au service des vocations, en ouvrant des brèches dans le cœur de chaque fidèle, pour que chacun puisse découvrir avec gratitude l’appel que Dieu lui adresse, trouver le courage de dire "oui", vaincre la fatigue dans la foi au Christ et, enfin, offrir sa vie comme un cantique de louange pour Dieu, pour les frères et pour le monde entier. Que la Vierge Marie nous accompagne et intercède pour nous. »

Rome - Saint Jean de Latran,
8 mars 2020, deuxième dimanche de Carême.

François

 

 

 

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