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Liturgie du 4° Dimanche de Pâques 03 05 20
Introduction :
Ce dimanche porte le nom de "Dimanche du Bon Pasteur", du Bon Berger. Nous avons vu parfois des images superbes de la transhumance. Nous comprenons un peu, alors, le rôle et le travail du berger. C'est un métier qui demande de l'attention, de la vigilance; il demande aussi de bien connaître le chemin et de bien connaître chaque brebis. Le Christ a repris à son compte cette belle image que toute la Bible applique à Dieu vis‑à‑vis de son peuple. II l'a reprise pour nous inviter à le suivre.
Préparation pénitentielle :
Gloire à Dieu, au plus haut des cieux,
Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.
Nous te louons, nous te bénissons,
nous t’adorons,
Nous te glorifions, nous te rendons grâce,
pour ton immense gloire,
Seigneur Dieu, Roi du ciel,
Dieu le Père tout-puissant.
Seigneur, Fils unique, Jésus Christ,
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu,
le Fils du Père.
Toi qui enlèves le péché du monde,
prends pitié de nous
Toi qui enlèves le péché du monde,
reçois notre prière ;
Toi qui es assis à la droite du Père,
prends pitié de nous.
Car toi seul es saint,
Toi seul es Seigneur,
Toi seul es le Très-Haut,
Jésus Christ, avec le Saint-Esprit
Dans la gloire de Dieu le Père.
Amen.
Prière d'ouverture :
Dieu fidèle, depuis toujours, c'est toi qui conduis ton peuple vers les sources de la vie. Tu nous as donné ton Fils, Jésus, il est ta Parole vivante. Donne-nous d'entendre sa voix lorsqu'il nous appelle par notre nom. Il a donné sa vie pour nous, et il nous fait entrer à sa suite dans le Royaume où tu nous attends, toi le Dieu vivant pour les siècles des siècles.
Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 14a. 36-41)
Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et fit cette déclaration : « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié. » Les auditeurs furent touchés au cœur ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? » Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. » Par bien d’autres paroles encore, Pierre les adjurait et les exhortait en disant : « Détournez-vous de cette génération tortueuse, et vous serez sauvés. » Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux. – Parole du Seigneur.
Psaume 22 Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.
Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.
Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (2, 20b-25)
Bien-aimés, si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien, c’est une grâce aux yeux de Dieu. C’est bien à cela que vous avez été appelés, car c’est pour vous que le Christ, lui aussi, a souffert ; il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas, mais il s’abandonnait à Celui qui juge avec justice. Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes. – Parole du Seigneur.
Alléluia. Alléluia. Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 1-10)
En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »
MEDITATION :
« Jésus employa cette image du bon pasteur, pour s’adresser aux pharisiens » : ce n’est donc pas aux apôtres que Jésus s’adresse, mais bien aux pharisiens. C’est connu, le courant ne passait pas très bien entre Jésus et les pharisiens. Et pourquoi ? La grande critique que Jésus adresse aux pharisiens, c’est de manipuler le peuple et se l’asservir. Ils maintenaient les gens dans la soumission, les contraignant moralement à obéir à des lois tatillonnes sous peine de châtiment divin. Ils rendaient les femmes et les hommes de leur époque tout à fait irresponsable dans leurs choix de vie. C’est eux qui dictaient la ligne de conduite à tenir.
Devant cet état de fait, vous comprenez que Jésus était ému de voir ses compatriotes proches de « l’esclavage ». Il va tout faire pour les libérer, à l’image de Moïse qui délivra les hébreux de l’esclavage des égyptiens.
Malheureusement ce combat aujourd’hui est bien loin d‘être terminé et nous savons combien de par le monde les visages de « l’esclavage » sont de plus en plus diversifiés. En effet, regardons ce qui se passe chez nous. Ne sommes-nous pas, de plus en plus conditionnés dans nos choix de vie, notre manière de vivre ? Inconsciemment influencés par les médias, les publicités, la consommation, la production… On manipule même nos goûts, nos envies, et nos désirs, nos choix politiques et même nos orientations personnelles. Je me demande si l’expérience malheureuse que nous connaissons aujourd’hui, le COVID 19, servira à un sursaut de prise de conscience que chacun doit prendre sa vie en main. Le moment est venu de faire la Vérité avec soi-même, de privilégier ce qui mérite toute notre attention pour réussir notre vie. Et prendre garde à ne plus se laisser mener par les « beaux parleurs », les « gourous » qui prétendent pouvoir diriger nos vies. Je me souviens que mon père disait souvent (en patois) « Wo sinn den unsere Mânna » où sont nos hommes de conviction ? Des hommes de confiance, crédible il y en a toujours eu dans l’histoire, mais on ne les a pas écoutés.
Il faut croire que depuis Jésus, rien n’a changé ! Nous sommes toujours autant manipulés jusque dans nos choix religieux. On remarque de plus en plus, et aucune religion ne fait exception, des tendances extrémistes qui s’affrontent et qui se servent de la vulnérabilité des plus faibles pour étendre leurs influences. A tel point que, même ceux qui ont le sens critique, ne savent plus à quel saint se vouer et se demandent où trouver le vrai chemin de liberté.
Comme vous le voyez, les pharisiens modernes que nous suivons aveuglément, semblent de plus en plus puissants. Confinés, depuis des semaines, la télévision tient une grande place dans notre vie de tous les jours, comme l’ensemble des médias. C’est affolant ce qu’on peut entendre de vrai et de faux, même des mensonges. En nous laissant enfermer dans leurs dires, nous perdons notre dignité et tout ce qui fait la grandeur de l’homme. Oui, plus que jamais il est urgent de réagir, de lutter contre toutes les formes d’asservissement, de trouver une porte de sortie.
Voilà justement ce que nous propose Jésus aujourd’hui : il se présente comme la porte, non pas la porte qui se referme derrière nous comme un piège, mais une porte qui s’ouvre vers les grands espaces de liberté, de paix et de justice. Oui, il nous fait sortir, précise l’Evangile, pour passer du bercail vers les bons pâturages, pour aller et venir librement. A plusieurs reprises dans l’évangile, il se dit être aussi : « le Chemin, la Vérité et la Vie… » Nous avons un excellent « berger » à notre portée, il suffit de se mettre à son écoute, et pour ce faire, il suffit d’ouvrir l’Evangile. Remettre en pratique ce grand et beau commandement que Jésus ne cesse de rappeler : Aimer Dieu et aimer son prochain !
C’est vers ce Dieu qui aime sa Création, que Jésus invite tous les chrétiens à donner la priorité à l’Homme et à la nature. Il nous demande d’être aussi plus solidaires, plus attentifs aux plus fragiles ici et dans le monde et à ceux qui souffrent encore plus durement de cette pandémie.
Là encore le défi est à relever, parce que « la guerre » elle ne s'arrêtera pas au virus... Les pauvres, les précaires, les salariés feront une fois de plus les frais de tout cela. Et ça commence déjà, avec les ordonnances, avec ce qui a été décidé pour le temps de travail.
Traditionnellement, ce dimanche a été choisi pour être le dimanche des vocations. Systématiquement on pense à l’appel au sacerdoce et à la vie religieuse. Or nous venons d’entendre que Jésus appelle ses brebis chacune par son nom. Il n’en appelle pas quelques-unes mais toutes personnellement. Autrement dit, chacun est appelé, chacun a sa vocation, sa mission, son rôle, sa responsabilité de construire avec les autres des lieux de paix et de liberté. Encore faut-il oser « appeler » quelqu’un au sacerdoce. Un jour il m’est arrivé de poser la question à un jeune homme : « Tu n’as jamais pensé à devenir prêtre ? » « Si, mais personne ne m’a posé la question. » Ça fait maintenant des années qu’il est un prêtre heureux !
Jésus s’est battu pour que les hommes aient la vie, qu’ils l’aient en abondance. A notre tour nous sommes invités à devenir « des portes ouvertes » qui accueillent sans préjugés et introduisent vers les bons pâturages où il fait bon vivre ensemble. Oh, quelle merveilleuse vocation que la nôtre !
Profession de foi :
- Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Il est amour fidèle qui nous donne la vie. Il est présent chaque jour auprès de nous, dans nos joies et nos peines. Il nous comble de sa tendresse et de sa miséricorde.
- Je crois en Jésus-Christ, le Fils bien-aimé de Dieu, le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Il nous a aimés à en mourir, mais son amour a vaincu la mort; il est ressuscité et bien vivant au milieu de nous.
- Je crois en l'Esprit-Saint, force d'amour en nos cœurs. Il nous permet d'apprécier la vie, de ne pas désespérer devant les difficultés, et de savoir saisir les moments de joie et de bonheur vécus en famille et avec les autres.
Prière universelle :
Que notre prière monte vers Dieu et qu’elle s’étende à l’ensemble des hommes confiés à Jésus par le Père.
Père, sans ton Fils Jésus, nous sommes errants comme des brebis sans berger. Veille sur nous avec amour et conduis-nous à ta maison où nous habiterons pour les siècles des siècles. Amen !
Prière sur les offrandes :
Dans la résurrection de Jésus, Dieu notre Père, voici que tu fais toutes choses nouvelles. Tout au long du chemin, soutiens l'espérance de ceux qui te présentent l'offrande de ton Fils, le bon pasteur: en lui, tu es glorifié pour les siècles des siècles. Amen!
Prière eucharistique :
Vraiment, il est juste et bon de te glorifier, Seigneur, en tout temps, mais plus encore en ces jours où le Christ, notre pâque, a été immolé.
Couvert d'insultes, il pardonnait. Accablé de souffrances, il s'en remettait à toi. Dans son corps, il a porté nos péchés et par ses blessures, nous sommes guéris.
Pour sauver le monde, tu nous invites à suivre ses traces. Par vocation, nous sommes le peuple saint, porteur de la joyeuse nouvelle.
Avec les anges et tous les saints, avec ceux qui nous ont précédés et par qui nous est parvenu ton Evangile, Père, nous proclamons ta gloire en chantant: SAINT, SAINT...
Béni sois-tu, Père, pour Jésus, ton Fils, que tu nous donnes comme berger; jusque dans nos cœurs résonnent les mots de sa tendresse. Il est pour nous comme une porte ouvrant l'accès au Royaume des cieux et à l'univers de ton Amour. Avec lui, nous sommes sûrs d'avoir la vie et de l'avoir en abondance.
Aussi, maintenant, nous te prions, Père tout puissant : envoie ton Esprit sur ce pain et ce vin, afin que le Christ Jésus réalise au milieu de nous la présence de son corps et de son sang.
La veille de sa passion, pendant le repas, il prit le pain, il rendit grâce, il le rompit et le donna à ses disciples en disant :
PRENEZ ET MANGEZ-EN TOUS, CECI EST MON CORPS LIVRE POUR VOUS.
De même, il prit la coupe remplie de vin, il rendit grâce, et la donna à ses disciples en disant:
PRENEZ ET BUVEZ-EN TOUS, CAR CECI EST LA COUPE DE MON SANG, LE SANG DE L'ALLIANCE NOUVELLE ET ETERNELLE, QUI SERA VERSE POUR VOUS ET POUR LA MULTITUDE EN REMISSION DES PECHES. VOUS FEREZ CELA EN MEMOIRE DE MOI.
Père, nous proclamons que Jésus est le bon pasteur, le vrai berger qui nous connaît par notre nom et nous conduit aux sources de la vie. Nous te bénissons pour ceux et celles qui écoutent sa voix et qui le suivent jusque dans cette Pâque où le Pasteur donne sa vie pour ses brebis.
Nous te louons pour les brebis sans nombre dispersées en de multiples pâturages. Nous te prions pour les bergers que tu leur donnes: le pape François, notre évêque Jean Christophe, l'ensemble des évêques, les prêtres, les diacres, les consacrés: qu'ils tracent des chemins conduisant à l'unique Bergerie de ton Royaume.
Dans nos églises aux visages si divers, mets au coeur de tes fidèles la joie de servir le même Seigneur et de proclamer le même Evangile. Que ton Esprit les guide et les soutienne pour qu'ils vivent dans la communion et l'unité à la suite de Jésus et qu'ainsi soient brisées toute barrière et toute division.
Père, souviens-toi de nos frères et soeurs défunts (et en particulier...): puisque ton Fils est venu pour que les hommes aient la vie et pour qu'ils l'aient en abondance, fais-les partager le bonheur éternel dans la bergerie de ton Royaume, en compagnie de tous les saints, de la bienheureuse Vierge Marie et de St Joseph. Enfin, donne-nous de croire plus fermement encore à tes promesses de bonheur: "ils n'auront plus faim ni soif, puisque l'Agneau sera leur pasteur"!
PAR LUI, AVEC LUI ET EN LUI, A TOI DIEU LE PERE TOUT PUISSANT, DANS L'UNITE DU SAINT ESPRIT, TOUT HONNEUR ET TOUTE GLOIRE POUR LES SIECLES DES SIECLES. AMEN!
Pour introduire le "Notre Père"
Jésus, notre berger, nous a enseigné une seule prière. Cette prière qui nous permet d'entrer dans le Royaume, c'est le "Notre Père" qu'ensemble nous osons dire maintenant de tout notre coeur:
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du Mal. Amen
Prière pour la paix :
Délivre-nous, Seigneur de suivre les faux bergers qui nous paralysent, nous exploitent et nous enferment dans leur bercail.
Mais donne-nous de sortir pour aller et venir dans le monde et y travailler de notre mieux pour qu’advienne ton règne de bonheur et d’abondance pour tous tes enfants. Par le Christ Notre Seigneur Amen.
Prière après la communion :
Jésus, berger fidèle, nous venons de recevoir dans la communion la vie que tu nous donnes en abondance. Garde-nous dans l'émerveillement de ton amour, préserve-nous d'écouter une autre voix que la tienne et entraîne-nous sur les chemins de l'éternité, là où nous vivrons avec toi dans la gloire de ton Père et du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Amen!
Seigneur Jésus, pour proclamer ta Parole et célébrer ton Alliance, pour dire ton amour sans partage, choisis dans nos familles des ouvriers pour ta moisson, heureux de mener leurs frères humains à la porte de ton amour.
Rends-nous attentifs à ton appel et fidèles à notre vocation de parents, d’éducateurs pour que nos jeunes découvrent le chemin que tu veux pour leur bonheur et celui de tous.
Que Dieu tout puissant vous bénisse : le Père, le Fils et le St Esprit. Amen !