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26° Dimanche du Tps Ord « B » 27 septembre 15
Première Lecture : Nombres 11 25–29
Deuxième Lecture : Jacques 5 1–6
Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc : 9 38–43, 45, 47–48
"Jean lui dit : “Maître, nous avons vu quelqu’un qui se servait de ton nom pour chasser les démons, et nous l’avons empêché car il n’est pas disciple avec nous.” Jésus lui répond : “Ne l’empêchez pas ! Car personne ne peut faire un miracle en mon nom et aussitôt après parler mal de moi. Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Celui qui vous donne un verre d’eau parce que vous êtes disciples du Christ, je vous dis qu’il ne perdra pas sa récompense.” “Si quelqu’un devait faire chuter l’un de ces petits qui croient, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une meule de moulin et qu’on le jette dans la mer. Si ta main doit te faire chuter, coupe-la ! Mieux vaut pour toi entrer dans la vie avec une seule main, que t’en aller avec tes deux mains à la géhenne. Et si ton pied doit te faire chuter, coupe-le ! Mieux vaut pour toi entrer dans la vie avec un seul pied, qu’être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne. Si ton œil doit te faire chuter, jette-le loin de toi ! Mieux vaut pour toi entrer dans le Royaume de Dieu avec un seul œil que d’en avoir deux et d’être jeté dans la géhenne, où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas." (Bible des Peuples)
Une fois de plus, la parole de Jésus tombe à pic, en pleine actualité. Dans l’évangile d’aujourd’hui, nous rencontrons un cas de fanatisme, d’intolérance, d’extrémisme de la part des disciples de Jésus. Il est surprenant que ses plus proches collaborateurs aient les mêmes réactions que le tout venant. En fin de compte, ils ont les mêmes réactions que ceux qui n’ont jamais entendu le message de Jésus. Essayons de comprendre, car la question du fanatisme nous concerne tous. Et le Pape François lui-même met en garde et invite à dénoncer tous les fanatismes d’où qu’ils viennent. Il ne faut, en aucun cas, céder à la facilité de prétendre que le fanatisme n’anime que les autres. Personne n’est à l’abri. Le Pape François, le soir de son élection commence par demander à tout le monde de prier pour lui, parce que lui aussi se reconnaît pécheur. Ce qui veut dire, que lui-même ne se sent pas à l’abri de ces démons qui traversent la société. Alors, de quoi s’agit-il ?
Les apôtres rencontrent, chemin faisant, quelqu’un qui chasse les esprits mauvais. Il vient de réaliser une action de bien. Il l’a fait même au nom du Christ. Pour eux, c’est scandaleux, car il ne fait pas partie de leur groupe, de leur chapelle, de leur clan. Donc il faut s’en méfier, c’est un concurrent. Hier, facilement on disait : « Montrez vos papiers !.... Vous n’êtes pas français,…. pas catholique,… pas pratiquant ! » On a tous connu cela ! Et aujourd’hui ça continue avec le foulard islamique, la kippa juive, et tous les signes d’appartenance politique, sportive et religieuse. Décidément, le sectarisme n’est pas mort. Et je peux témoigner de toutes les horreurs qui me sont adressées aujourd’hui par internet. Là, on ne fait pas dans la dentelle, pourvu qu’on puisse dénigrer, salir et rendre le plus méprisable possible ceux qu’on n’aime pas. Sommes-nous conscients que nous vivons dans le même monde et que nous pouvons être manipulés par ces courants de haine destructeurs ? C’est le contraire de l’Evangile.
Nous sommes à un tournant où les chrétiens, Catholiques et Protestants, Juifs et Musulmans, mais aussi tous les autres croyants et incroyants ont intérêts à se mobiliser et à se rassembler autour des grands projets de la vie en société. Il y a des objectifs à atteindre qui sont les mêmes pour tous : les migrants, l’avenir des enfants, le travail, la santé, les gens en fin de vie….. Au lieu de se donner des coups bas, il y a un bien commun à soigner, à respecter et à mettre en valeur. C’est ce que Jésus met au cœur de la mission qu’il confie à ses disciples. Aujourd’hui, nous sommes interpellés à mettre en cohérence nos paroles et nos actes avec ce message d’espérance. Attelons-nous à cette noble tâche et à cette belle ambition. Pour cela, il est nécessaire de se respecter mutuellement.
Aux apôtres, qui voulaient avoir le monopole, Jésus répond : « Ne l’empêchez pas ».Par là, il rappelle que dans chaque homme, chaque femme, Juif ou Arabe – blanc ou noir, jeune ou retraité, chacun doit être respecté, car il est membre de la famille de Dieu. A ce titre, je dois être capable d’accueillir ce qu’il dit et fait de bien, de vrai et d’authentique. Je ne dois donc pas m’arrêter à son étiquette, à son uniforme, au sigle qu’il porte, à son appartenance sociale ou religieuse.
Ce passage d’Evangile nous invite à faire la vérité avec nous-mêmes. Quel esprit nous habite ? Ne sommes-nous pas toujours portés naturellement à condamner ceux qui ne sont pas de notre bord : politique ou religieux, ceux qui ne pensent pas comme nous ? Sommes-nous capables de nous réjouir de la part de vérité que détiennent les autres, du bien qu’ils peuvent faire, des réussites humaines et sociales qu’ils réalisent ? N’y a-t-il pas dans le monde actuel, quelque chose de pervers, de contradictoire, de tordu ? Tout le monde se déclare tolérant – tout le monde parle comme si la fraternité allait de soi. En réalité, tout est figé. Il y a un grand vide entre le dire et le faire ! Un grand fossé entre nos idées généreuses et ce que nous sommes. C’est un péché d’orgueil que de prétendre être les meilleurs. Le bien n’est certainement pas la propriété des chrétiens. Il n’est la propriété de personne. Mais chacun doit avoir le souci d’être un bon serviteur du bien commun ou de la « maison commune » comme l’appelle le Pape François dans Laudate Si ! Chrétiens, nous ne sommes pas les propriétaires de la foi, de l’Evangile, ni même de l’action pour le bien des hommes.
La tolérance est quelque chose de rare dans un monde de violence et d’impatience. La tolérance est indispensable à la vie commune, mais elle a des exigences. Il ne suffit pas de tolérer l’existence d’un voisin, l’existence d’une opinion différente de la mienne, encore faut-il que j’entre en contact avec l’autre. Il faut rechercher à travers un dialogue constant et assidu, des réponses aux défis de notre temps, que ça me plaise ou pas ! Soyons conscients que seule, la rencontre entre cultures, forces et mouvements divers, permettra un futur meilleur. Que l’Esprit de Dieu nous habite ! C’est un Esprit grand, large, intelligent aussi vaste que le monde. Cet Esprit souffle d’un bout du monde à l’autre. Il fait craquer notre esprit de chapelle et de clan. Que le Seigneur nous rende authentiquement catholiques, càd universels et accueillants aux diversités.