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25e dimanche ordinaire 20 09 15
1ère lecture : Livre de la Sagesse 2,12.17-20
2ème lecture : Lettre de St Jacques 3,16-4,3
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9, 30-37
« En partant de là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu'on le sache. Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l'interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. » (Bible des Peuples)
En écoutant le passage de la Sagesse proposé aujourd’hui, on a l’impression que l’auteur parle d’une réalité bien actuelle. Il dénonce des gens prêts au pire parce que la bonté, la douceur et la patience les agacent. Et St Jacques nous rappelle que ce qui faussent le plus nos relations, ce n’est pas l’incompréhension, mais : c’est la jalousie, la convoitise, la domination, être le plus beau et le plus fort. Néanmoins, la compétition a quelque chose de positif, cela fait partie de notre dynamisme, de la mise en valeur de nos capacités. Cela donne de l’enthousiasme. C’est même nécessaire pour progresser. Cependant, ça reste ambigu. Pour gagner, pour être le premier et le plus grand, trop souvent cela se fait au détriment des autres, voir avec mépris. Nous sommes irrités quand quelqu’un s’oppose à nous, n’a pas la même pratique ou les mêmes opinions. Et Jésus de nous rappeler « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le serviteur de tous ! »
Jésus ne dit pas que pour être grand, il faut devenir comme un petit enfant, comme quelqu’un qui n’a aucune autorité, et qui est dépendant de l’autorité de tous les autres. Dans notre civilisation où, par ailleurs, l'enfant est roi, nous avons du mal à comprendre cela. Quand Jésus prend un enfant dans ses bras et demande de l'accueillir, il veut nous faire passer un message important. C'est un appel à accueillir et à promouvoir tout ce qui ne compte pas dans la société, tout ce qui est quantité négligeable, tout ce qui est marginalisé. Jésus dit qu’il faut accueillir comme si c’était lui, les enfants, les plus faibles et ceux qui vivent l’échec. Quand on se met vraiment à l’écoute, on est obligé de descendre de son piédestal, de ses certitudes. Jésus nous demande de prendre ce risque. C’est le contraire des convenances, des préséances et de l’ordre établi. Après l’annonce de sa mort, les disciples restent sur leur petit nuage : « ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. »
Dieu ne se retrouve pas chez ceux qui veulent être grands au mépris des autres. C’est dans le petit qu’il se reconnaît, peut-être parce qu’ils sont faibles et aussi ouverts d’esprit, accueillants aux changements. Aujourd’hui, une grave question de notre temps est posée par d’énormes migrations, où des personnes risquent leur vie. De nombreuses images insupportables nous arrivent de partout. Elles sont tellement loin du respect de la dignité de chacun. On peut se poser la question : où est donc ce « serviteur » de toutes ces victimes, dont nous parle l’évangile ? Nous aussi, nous avons du mal à comprendre. Dans l'Église, c'est bien connu, on ne parle pas de pouvoir mais bien de service. Et pourtant... l'Église est composée d'humains. Elle n'échappe pas aux rivalités, aux querelles internes, à la course aux promotions ou aux meilleurs postes. Et dire que certains prêtres rêvent de devenir évêque ! Cette ambition serait-elle motivée par l’Evangile qui parle du service à rendre aux plus faibles ? Les mêmes, ne sont-ils pas très souvent les plus autoritaires et intransigeants avec les faibles ? Entre l'idéal évangélique et la réalité vécue, il y a toute une distance et un chemin à parcourir! Faut-il s'en étonner? Qu'est-ce qui peut rendre le cœur des hommes et des femmes si dur, si cruel ? Le fait de vouloir dominer, d'être fort, tout puissant est lié à notre existence ambigüe. La matière exige une réponse immédiate. Ce qui est bon pour moi, je le veux tout de suite. Mais l’Esprit de Dieu nous invite à prendre les chemins qui mènent à une bonté durable, plus riche que le moment présent.
L'Évangile indique des chemins à suivre qui ne sont pas nécessairement à la mode économique. Accueillir le Dieu de Jésus, c'est accueillir un Dieu qui a besoin de nous, qui a besoin de notre amour, et qui a besoin de notre cœur. Accueillir le Dieu de Jésus, c'est ouvrir les mains, comme on ouvre son cœur. Aimer comme Jésus, accueillir toute personne comme Jésus, s'efforcer de pardonner comme Jésus, donner une chance aux moins favorisés, comme Jésus; cela peut être le programme de toute une vie. Cette façon de chercher à vivre peut paraître dépassée, d’un autre temps face à l’efficacité des moyens modernes. De fait, les machines les plus sophistiquées dans tous les domaines de la production, du commerce, comme de la domotique sont capables de nous étonner par leurs prouesses. Mais une panne d’électricité peut déboucher sur des catastrophes. Il en va de même pour les êtres humains, s’il n’y a plus de respect, d’estime et d’amour entre les hommes, la vie en perd son sens. L’Evangile qu’on appelle aussi la Bonne Nouvelle de Jésus, nous alerte sur l’essentiel, alors que nous le considérons trop souvent comme négligeable ou facultatif. Il mérite au contraire toute notre attention. Il en va de notre vie avec les autres. Et ça vaut la peine de s’y impliquer, de cheminer dans cette voie, même si on n’y parvient pas toujours. C’est ainsi qu'on grandit ensemble, parce que l’Amour est en œuvre dans notre vie.