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Pentecôte 24 Mai 15
1ère lecture : Actes des Apôtres 2,1-11
2ème lecture : St Paul aux Galates 5,16-25
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 26-27; 16, 12-15
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples: «Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d'auprès du Père, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement. J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même: il redira tout ce qu'il aura entendu, et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi; voilà pourquoi je vous ai dit: il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître». (Bible des Peuples)
Qu’est-ce qui a bien pu se passer ce matin de la Pentecôte à Jérusalem ? Venant de partout, il y a grande foule ! Croyez-vous que ce soit comme chez nous un dimanche matin : un « vide grenier », un match de foot ou de boxe, un défilé de carnaval…. ? Non, pour les Juifs s’étaient une fête traditionnelle qui rappelait que Dieu conduit son peuple vers la terre promise. A ce moment-là, les Juifs sont devenus sédentaires, et ils vivent dans d’autres conditions que lors de la fuite de l’Egypte. Il se trouve que la Pentecôte correspond à la fin des moissons. N’est-ce pas une belle occasion de fêter la tendresse d’un Dieu qui libère ?
Dans la même foulée, les apôtres ont connu par la mort de Jésus un écrasement et une dispersion. Cinquante jours après sa résurrection, apparaissent des hommes nouveaux. Où sont-ils donc allés puiser cette force et ce bonheur qui explose à l’égard de tous ?
Sur les chemins de Palestine, en compagnie de Jésus, les apôtres ont découvert que Dieu à un visage d’Homme. Il se préoccupe de leur nourriture. Il soigne les malades, replace les lépreux dans leur communauté. Il va jusqu’à leur laver les pieds comme un serviteur à son maître. En Jésus, les apôtres découvrent que Dieu se fait leur serviteur et il est soucieux de tous ceux qui peinent.
D’autre part, Jésus est un bon pédagogue, il connaît les limites de l’esprit humain. Il sait que la compréhension, l’intelligence et toutes les qualités humaines ont besoin de temps pour naître, grandir et se développer. Il s’en explique : « J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. » Alors, Jésus annonce la venue de l’Esprit Saint, qui est indispensable à la compréhension et à la mise en œuvre du Royaume de Dieu.
La Pentecôte est une nouvelle étape. Elle révèle un aspect du visage de Dieu inconnu jusque-là. « Il est là, et on ne le savait pas. » (Moïse sur la montagne) Dans les Actes des Apôtres, l’événement nous est relaté de la façon suivante : « Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langue et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » Pour nous, en écoutant ce récit : quel est donc ce feu et que sont ces langues ? Le feu évoque tout d’abord les catastrophes, comme les incendies des forêts, des maisons, des volcans, des brûlures. Mais aussi la maîtrise pour se chauffer, préparer les aliments, obtenir des métaux précieux. Pour les disciples de Jésus, le feu de la Pentecôte représente l’Esprit Saint. Il est une force intérieure qui entraîne une profonde transformation. Ceux qui s’étaient enfermés à double tour, refusant de croire que Jésus est ressuscité, se retrouvent projetés dans la rue. Les pèlerins de toutes origines sont ébahis en voyant la transformation de ces apôtres. Chacun a la capacité de comprendre dans sa langue, dans son vécu, dans son histoire, les merveilles de Dieu.
Celui qui accueille ce feu de l’Esprit ne craint rien, car il est capable de reconnaître, aujourd’hui, les merveilles de Dieu. Il est libre de donner le meilleur de lui-même, de dépasser ses intérêts personnels. Depuis cette Pentecôte, des hommes et des femmes n’ont pas eu peur de répondre à l’appel de l’Esprit de Dieu qui libère les cœurs. Aujourd’hui, dans cette mouvance de l’Esprit de Pentecôte, je citerai volontiers le Pape François. En effet, dans le monde chrétien et dans la vie de notre planète, il est reconnu et respecté. N’est-ce pas à cause de sa façon originale de parler de la tendresse pour tout ce qui est humain. Même les gens étrangers à la chrétienté apprécient son langage sans tabous. Son langage est clair. Enfin, beaucoup peuvent comprendre de quoi il parle et se sentir concernés par ce qu’il dit.
- Son premier acte officiel, c’était d‘aller à Lampedusa pour alerter les nations sur le drame vécu par les migrants qui se noient dans la Méditerranée.
- A l’occasion de son passage à Jérusalem, il invitait, chez lui à Rome, les présidents Israéliens et Palestiniens à venir prier ensemble pour la paix.
- En ouvrant le synode sur la Famille, le Pape demande de respecter les réalités concrètes des familles dans ce qu’elles vivent aujourd’hui ; Il ne veut pas donner des ordres, mais chercher avec toutes les bonnes volontés ce qui peut les soutenir et les faire grandir.
- De plus, quand le Pape François annonce une année sainte concernant la Miséricorde de Dieu, c’est pour mettre en valeur la bonté de Dieu. Aujourd’hui, plus que jamais, on utilise les religions pour des objectifs qui sont les plus opposés à ce qu’elles doivent être. Le résultat de ce détournement, c’est : la violence, le mépris, la domination, la persécution, l’obscurantisme…. Le contraire de Dieu qui est BON !
Cependant, nous avons tous entendu des réflexions de cardinaux, d’évêques, de prêtres et de chrétiens qui manifestent une opposition, une désapprobation par peur de l’inconnu et du dérangement de leurs certitudes. Tout au long de son histoire, le Pape François a essayé d’être fidèle à l’Evangile. Et il sait que cette fidélité sera aussi la cause de rejets, mais : « Heureux serez-vous, si on vous insulte à cause de moi… » Seul l’Esprit de Dieu permet d’être lucide et heureux dans ces choix.
L’Esprit de Pentecôte veut transmettre la chaleur et l’amour de Dieu pour chacun. Chaque disciple de Jésus a eu une mission qui lui a été confiée à la Pentecôte. C’est de transmettre le plus largement et le plus concrètement possible la Vie de Dieu, qui est notre Père. C’est ce qui se passe encore aujourd’hui, concrètement quand un disciple de Jésus prend soin de ses propres enfants et des autres. C’est ce qui se passe quand des travailleurs vont choisir des personnes qui sauront faire la vérité et le respect des autres travailleurs. C’est la disponibilité des visiteuses et des visiteurs de prison, des hôpitaux et des personnes fragilisées qui laissent de côté leurs propres soucis et prennent sur leur temps pour soutenir ceux qui en ont le plus besoin.
En cette fête de la Pentecôte, chaque chrétien doit se demander en quoi et comment l’Amour de Dieu le fait vivre dans ses multiples services auprès de ses frères !