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7° dimanche de Pâques 17 05 15
1ère lecture : Actes des Apôtres 1,15-17.20a.20c-26
2ème lecture : 1ère de St Jean 4,11-16
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17, 11-19
"Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j'étais avec eux, je les gardais dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné. J'ai veillé sur eux, et aucun ne s'est perdu, sauf celui qui s'en va à sa perte de sorte que l'Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, en ce monde, pour qu'ils aient en eux ma joie, et qu'ils en soient comblés. Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu'ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité". (Bible des Peuples)
Ce passage d’évangile se situe à un tournant important de la rencontre de Dieu avec les Hommes. Jésus a transmis, à ses Apôtres le message d’Amour de son Père. Et par eux ce message nous est parvenu. La Bonne Nouvelle a traversé l’histoire et l’espace. Le mot Evangile veut dire : Bonne Nouvelle. Et la valeur de l’évangile n’est pas liée à l’impression et à son support, mais à la qualité de son message. Or pour les cadeaux comme pour les héritages, on en reste habituellement à la valeur marchande des objets. C’est une réalité incontournable de notre existence, mais pas la seule. On n’existe pas sans la matière, au point que Dieu est mis en doute, parce qu’il n’est pas matière. Ainsi, notre vie est animée par de nombreux aspects qui ne se réduisent pas à la matière. Mais en même temps, ils n’existeraient pas sans la matière, tel l’Amour…
Dans l’évangile, Jésus nous dit, à sa façon, que nous ne sommes pas que « matière ». « Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. » Pour les disciples, comme pour nous aujourd’hui, c’est le temps de l’absence visible de Jésus et en même temps, le temps de la responsabilité. A savoir, qu’il nous faut mettre en pratique, aujourd’hui, l’enseignement reçu de Jésus : « nous aimer les uns les autres …. d’être unis comme le Fils à son Père ….. de vivre dans la vérité ….. de ne pas fuir ce monde… ». Dans sa prière au Père, Jésus reste respectueux de la liberté d’un chacun. Il s’est toujours présenté comme le Dieu de la proposition. Il souhaite notre collaboration libre et consciente.
Le monde de Dieu, qu’on appelle le Royaume, celui qu’il a créé et qu’il a confié aux hommes, est un monde que nous devons apprécier, aimer parce qu’il est sorti du cœur du créateur. C'est le monde que les hommes et les femmes habitent, peuplent, gèrent et qu'ils exploitent. C'est un monde qui est habité par nos valeurs, nos espoirs, nos motivations, nos cultures, nos liturgies, mais aussi par nos souffrances et par nos deuils. Ce monde est travaillé et perturbé par nos réussites, nos tâtonnements et nos échecs. C’est bien dans ce monde-là que Jésus envoie ses disciples et les chrétiens d’aujourd’hui pour continuer l’œuvre du Créateur. Bien que nous soyons façonnés avec cette terre, le Christ nous rappelle que nous avons une destinée éternelle auprès de Lui. En attendant, Jésus prie son Père de nous garder du Mauvais, de l’esprit de tout ce qui peut porter atteinte à la dignité et à la grandeur de l’homme. Ne pas épouser la logique du monde où règne la loi du plus fort et du mieux placé dans la société. Jésus veut nous préserver de l'esprit matérialiste de ce monde, qui ne débouche que sur la mort et la destruction. Pour rester fidèle à son enseignement, Jésus nous promet l’assistance de son Esprit qui est Parole de Vérité et de Vie.
Dieu ne conduit ni le monde, ni l'histoire, mais les confie à la liberté et à la responsabilité des hommes et des femmes de tous les temps : « Croissez, multipliez-vous et dominez la terre. » (Genèse) Il envoie ses disciples et nous aujourd’hui dans ce monde, mais pour être avant tout ses témoins ; témoins que l’amour est toujours possible, que l’amour peut transformer le cœur des uns et des autres, que l’amour peut nous conduire à la réconciliation et à la paix. Seul, l’amour saura dépasser les limites de toutes nos impuissances.
Ainsi, à l’enterrement de Nelson Mandela, les médias étaient à l’affût d’un geste de refus entre Cuba et les Etats Unis. Un an et demi plus tard les relations se normalisent. Dans toutes les démarches diplomatiques, le Vatican a aussi joué un rôle pour réconcilier les nations ennemies depuis 50 ans.
Ce que le Christ nous demande peut paraître à la fois banal et exigeant. On parle beaucoup d’amour, on chante l’amour, et en même temps, on fabrique les divisions, la haine, les bagarres et les violences…. on « crève » de ne pas être aimé ! Oui, il reste tant à faire pour que les personnes et les peuples puissent connaître la fraternité, le respect et l’amour mutuel. C’est bien là, l’enjeu du Royaume auquel nous sommes tous invités à travailler. Nous connaissons assez les méfaits d’une société éclatée où le chacun pour soi et les intérêts personnels passent avant tout le reste, et nous enferme dans l’immédiat et dans la matière.
La relation que Dieu veut établir avec chaque homme, et avec l'humanité, n'est pas une relation de jugement, de condamnation, mais une relation de grâce, d'amour et de vérité.