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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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3° Dimanche de Pâques "A" - 04 05 14

3° Dimanche de Pâques « A » –04 Mai 14

Première Lecture : Actes 2 14, 22–33

Deuxième Lecture : 1Pierre 1 17–21

Évangile de Jésus Christ selon St Luc 24 13–35

Ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un village du nom d’Emmaüs, éloigné de 60 stades de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tous ces événements. Tandis qu’ils parlaient et discutaient entre eux, voici que Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Et voilà qu’il leur dit : “Mais quelle est donc cette affaire dont vous discutez tout en marchant ?” Ils s’arrêtent, l’air découragé, et l’un d’eux nommé Cléopas lui répond : “Tu es bien le seul homme de passage à Jérusalem à ignorer ce qui s’est passé ici ces derniers jours.” Il leur dit : “Quoi donc ?” Ils répondent : “Toute l’affaire de Jésus de Nazareth ! C’était un prophète puissant en œuvres et en paroles : Dieu en est témoin, et tout le peuple également ; mais nos grands prêtres et nos chefs l’ont renié, ils l’ont condamné à mort et l’ont mis en croix. Et nous, nous pensions que c’était lui qui délivrerait Israël. Mais tout est fait et c’est déjà le troisième jour. C’est vrai que quelques femmes de notre groupe nous ont déroutés. Quand elles sont allées au tombeau à l’aube, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles ont eu une vision avec des anges qui disent qu’il est vivant. Certains des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses comme les femmes avaient dit, mais lui, ils ne l’ont pas vu.” Alors il leur dit : “Hommes sans intelligence, cœurs lents à croire ce qu’ont dit les prophètes ! Le Messie ne devait-il pas souffrir pour entrer dans sa gloire ?” Et il leur fit l’interprétation de ce qui le concernait dans toutes les Écritures, en commençant par Moïse et ensuite tous les prophètes. Lorsqu’ils approchèrent du village où ils se rendaient, il fit semblant d’aller plus loin. Mais ils firent pression sur lui : “Reste avec nous, le soir tombe et déjà le jour baisse.” Il entra donc pour s’arrêter avec eux. Comme il était à table avec eux, il prit le pain, il le bénit et, après l’avoir rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais lui déjà était devenu invisible à leurs yeux. Ils se disaient l’un à l’autre : “Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous quand il nous parlait sur le chemin et nous expliquait les Écritures ?” À l’heure même ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem où ils trouvèrent rassemblés les Onze et ceux de leur groupe. Ceux-ci leur dirent : “En vérité le Seigneur est ressuscité, il est apparu à Simon.” Et eux de leur côté commencèrent à raconter ce qui s’était passé sur le chemin, et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain. (Bible des Peuples)

Nous pouvons facilement nous reconnaître dans ces deux disciples qui marchent vers Emmaüs. Ils sont déçus par les événements qu’ils viennent de vivre. Nous n'avons pas vécu la mort et la résurrection de Jésus, comme le relate l’évangile de ce jour. Portés par la foi de notre enfance, nous avons mis toute notre confiance en ce Dieu d’Amour. Mais, la vie n’est pas « un long fleuve tranquille » où tout se déroulerait dans la sérénité. Les événements se chargent de nous bousculer et de nous faire souffrir en remettant en cause nos croyances faciles.

Quand nous nous sommes mariés, tout semblait beau et facile. Même si rien n’était assuré, la confiance réciproque à ce moment là suffisait à rendre la vie attrayante. Tous les couples, un jour ou l’autre, ont été bousculés dans leur histoire. Certains vivent de peines et de misères et ils n’osent plus penser l’avenir. Nous avions mis de grands espoirs dans nos enfants, ils étaient notre fierté et voilà qu'ils ont pris d’autres orientations que celles que nous espérions. Le jour de notre ordination sacerdotale nous étions heureux et disponibles à la mission que l’Eglise nous confiait. Prêtres, nous avons connu autant de turbulences et de joies que les autres.

On pourrait continuer à énumérer des exemples et en trouver de meilleurs. Mais cela n’ajouterait rien à la transformation concrète par laquelle chacun est invité à avancer. Dans toutes les épreuves de la vie, l’important, c’est que chacun puisse s’adresser à Jésus, comme les disciples d’Emmaüs. : « Tu es bien le seul à ignorer les événements de ces jours-ci. » Ces derniers ne voient, en Jésus, que l’étranger avant d’en faire un ami qui chemine avec eux. Chemin faisant, la confiance renaît, ils le reconnaissent et ils en sont transformés au point qu’ils vont retourner vers ceux qui sont rassemblés à Jérusalem. « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous quand il nous parlait sur le chemin et nous expliquait les Écritures ? ».

Nous avons la chance d’entendre régulièrement la Bonne Nouvelle. Ces textes nous rappellent des événements qui ont transformé des vies, en commençant par celle de Jésus, le premier ressuscité, ainsi que tous ceux qui ont permis que la Bonne Nouvelle nous rejoigne aujourd’hui. Dimanche dernier, en canonisant Jean XXIII et Jean Paul II, l’Eglise met en valeur le passage, au milieu de nous, des témoins de la résurrection. Tous ces témoins de la résurrection sont des êtres fragiles, éphémères, hésitants mais qui cherchent à reconnaître les signes de Dieu qui nous accompagnent. Ne sommes-nous pas comme ces deux disciples ? Nous pensons avoir perdu Jésus alors qu'il marche avec nous. Nous le cherchons dans l'extraordinaire, alors qu'il vit notre ordinaire avec nous. Comme eux, il nous faut du temps pour échanger, confronter, chercher à accueillir la présence actuelle de Jésus. Regardons bien ces disciples d'Emmaüs. Avec eux, Jésus n'a pas recommencé le temps, il n'a pas réparé le désastre de sa mort, il n'a pas libéré Israël de l'occupant romain. Il a marché avec eux, il leur a expliqué les écritures, il a ouvert leur coeur. Assis à leur table, il a partagé le pain, il les a nourri de lui, il leur a donné son Esprit et sa force pour qu'ils continuent leur route. Il agit de la même manière avec nous. « Jésus n'est pas venu supprimer la souffrance, ni l'expliquer, il l'a rempli de sa présence », a écrit le poète Paul Claudel.

L’événement fondateur de la foi chrétienne, c’est la résurrection de Jésus. L’Eglise demande à tous ses membres de réserver 50 jours par an, de Pâques à la Pentecôte. C’est un temps qui est nécessaire pour mûrir, réfléchir et ainsi mieux réaliser quel est ce Dieu d’Amour que Jésus nous a révélé.

Enfin, remarquons qu'après le repas, Jésus est « devenu invisible à leurs yeux. » Et ils sont allés annoncer la Bonne Nouvelle. Il n’était plus nécessaire qu’il soit présent physiquement. Ils réalisaient ce que Jésus leur avait dit : « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Aujourd'hui, c'est à nous de manifester sa présence dans le concret de notre existence. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples. »

Avec 24 pèlerins, nous serons à Rome du 2 au 8 mai. La prochaine homélie paraîtra le 5° dimanche de Pâques.

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