Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

Publicité

5° Dimanche de Pâques 18 Mai 2014

5° Dimanche de Pâques 18 Mai 14

Première Lecture : Actes des Apôtres 6 1–7

Deuxième Lecture : 1Pierre 2 4–9

Évangile de Jésus-Christ selon St Jean 14 1–12

“Que votre cœur ne se trouble pas : croyez en Dieu et croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père il y a beaucoup de demeures. Sinon, je ne vous aurais pas dit que je m’en vais pour vous préparer une place. Quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai près de moi, de sorte que vous soyez aussi là où je suis. Et vous savez le chemin pour aller où je vais.” Thomas lui dit alors : “Seigneur, nous ne savons pas où tu vas, comment pouvons-nous en savoir le chemin ?” Jésus lui dit : “Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père sans passer par moi. Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. D’ailleurs, dès maintenant vous le connaissez et vous l’avez vu.” Philippe lui dit : “Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit.” Jésus lui dit : “Philippe, j’ai été si longtemps avec vous et tu ne me connais pas encore ? Celui qui m’a vu, a vu le Père. Comment peux-tu dire : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Tout l’enseignement que je vous ai donné ne vient pas de moi, mais le Père demeure en moi pour accomplir ses propres œuvres. Je suis dans le Père et le Père est en moi ; faites-moi confiance en cela, ou sinon, croyez-le à cause de ces œuvres. En vérité, en vérité, je vous le dis : si quelqu’un croit en moi, il fera lui aussi les œuvres que je fais, et comme je retourne vers le Père, il en fera de plus grandes encore. (Bible des Peuples)

« Ne soyez donc pas bouleversés ! » vient de nous dire Jésus. Or dans le contexte actuel, beaucoup sont dans l’incertitude la plus grande quant à leur avenir et celui de leurs proches. Devant les problèmes qui marquent tant de nos frères en humanité, trop souvent, on ne met en valeur que les petits côtés croustillants ou même méprisants. En devenant des cibles faciles et plaisantes, ils servent d’alibi. Se faire des « gorges chaudes » sur les petits côtés des personnes ciblés, c’est une façon de dévier le regard de son propre comportement, de ses faiblesses et de ses responsabilités. Au nom de la foi et de la conception de l’homme qui nous animent, Jésus nous invite à être vigilants. Ce qui est au cœur de notre vie chrétienne, c’est tout ce qui touche à la dignité de la personne humaine. Une réflexion sur le rôle et le fonctionnement de la vie politique, de la vie religieuse, de la vie professionnelle et de la vie associative s’impose. Car ce sont là des aspects qui engagent la vie de chacun. Dans la période qui s’ouvre, nous devrons tous faire appel à l’intelligence plutôt qu’à l’instinct, au discernement, plutôt qu’à la seule spontanéité, à la sérénité, plutôt qu’à la peur.

Notre époque nous pousse à l’individualisme, à l’oubli, de plus en plus on perd le sens de l’histoire. L’histoire devrait nous rendre plus sage, plus éveillé pour qu’on ne tombe plus dans les mêmes travers. Nous n’avons pas le droit de jouer avec le sérieux de la vie. Les fêtes du 1er Mai et du 8 Mai nous ont rappelé que des hommes et des femmes ont donné leur vie pour plus de dignité, de paix et de justice. Nous avons le devoir de soutenir, tous ceux et celles qui aujourd’hui prennent des risques pour faire avancer le respect, la dignité, la fraternité et la paix. Combien de pays nous envient le droit de vote et les règles qui donnent à chacun les mêmes droits. Malheureusement, trop de citoyens qui ont ces droits ne les honorent pas. Et ce sont encore les mêmes qui ont des reproches à faire. C’est comme dans chaque famille, il est important que chacun assume ses responsabilités. Chacun, avec ses moyens doit contribuer à la réussite de la vie ensemble.

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus nous appelle à un sursaut de discernement, de mobilisation autour de ce qui est important pour tout homme. C’est-à-dire : vivre en harmonie les uns avec les autres. Son argument fondamental, c’est que nous n’avons qu’un seul et même Père. Pour ce faire, il est nécessaire de promouvoir des chemins de rencontre pour bâtir la paix et la justice entre les hommes et les peuples. Jésus se présente à nous comme étant le « chemin, la vérité et la vie » qui mène l’homme au vrai bonheur, à savoir vers son Père. En quelque sorte, l’Evangile est pour nous la carte routière que Jésus nous a laissée pour découvrir Dieu comme un Père qui nous aime et pour aller vers Lui. Toutes ses paroles, ses commandements, sa manière d’accueillir les pauvres, de pardonner aux pécheurs ou de secourir ceux qui souffrent, c’est la route à suivre pour marcher avec Lui. Croire en Jésus, ce n’est pas simplement croire à tout ce qu’il a dit et fait il y a deux mille ans, c’est croire qu’il est ressuscité, toujours vivant avec nous et qu’il est toujours capable de faire encore maintenant ce qu’il faisait jadis : pardonner, redonner confiance, accueillir, guérir les malades. Encore maintenant, il est toujours capable de nous faire renaître à l’espérance et à la confiance dans l’avenir. Encore maintenant, quand une épreuve trop lourde vient nous écraser, il est toujours prêt à nous faire dépasser nos doutes et nos peurs, et à nous faire renaître à la foi.

Dieu a besoin de nous. La nouveauté de son message passe inévitablement par le témoignage d’un chacun. Par tous les sacrements, Jésus veut faire de nous ses propres témoins. Il a besoin de nos mains, de notre cœur, de notre intelligence pour partager, accueillir, pardonner, pour faire avancer son peuple, dans la diversité des races, des cultures et des croyances. Il nous faut absolument redécouvrir la valeur de la solidarité : se sentir davantage frère des hommes en Jésus-Christ. Nous n’avons qu’un seul et même Père. Pour mieux le comprendre, il nous faut le fréquenter assidûment par la prière, par la méditation de l’Evangile, par le partage de notre vie et de notre foi. C’est comme dans l’amour humain : on ne peut vraiment connaître et aimer quelqu’un que si on se donne la peine de le rencontrer souvent ; d’être heureux de sa présence. De même on ne peut croire vraiment en Jésus que si l’on se donne la peine de le fréquenter et de se nourrir de son Evangile.

L’Evangile, c’est un peu comme une belle lettre d’amour que Jésus nous a laissée pour que nous nous nourrissions de son esprit. « Je suis le chemin, la vérité, la vie ». Avec Jésus, nous sommes sur le bon chemin pour parvenir à la vraie vie que Dieu veut partager avec nous.

Prochaine homélie : le jour de l’Ascension le 29 mai.

Veuillez trouver ci-dessous la déclaration de Mgr Grallet, archevêque de Strasbourg, président de la COMECE (Commission des épiscopats de la Communauté européenne), à l’occasion des élections européennes du 25 mai 2014.

Depuis 70 ans, la construction européenne a rétabli la paix entre des peuples autrefois ennemis. La réconciliation franco-allemande a permis une fraternité et une solidarité nouvelles, non seulement entre nos deux peuples, mais aussi entre tous les peuples européens. Cette fraternité européenne reste cependant fragile. Il nous faut la protéger et la développer. Nous en sommes tous responsables. Il serait regrettable que nous nous laissions aller au scepticisme et à la passivité. Ne soyons pas ingrats au point de charger l'Europe de toutes nos difficultés présentes, ni irresponsables au point de considérer qu'il n'y a rien à dire ni à faire. Les élections européennes qui s'annoncent sont donc l'occasion pour nous de dire fortement notre reconnaissance à l'Europe, mais aussi nos attentes et notre engagement envers elle. Notre reconnaissance ; l'Europe nous a apporté tant de bienfaits : paix entre les peuples, compréhension mutuelle, collaborations scientifiques, techniques et commerciales, circulation des personnes et des biens, dialogues culturels et religieux, monnaie unique, programme de développement de pays partenaires, début d'une défense commune, recherche d'une gouvernance adaptée.... Nos attentes : tous ces bienfaits européens ne sauraient occulter les manques et les maladresses : comment donc améliorer notre fonctionnement européen ? Rapprocher les institutions et les citoyens, les rassembler autour de valeurs et de symboles forts qui suscitent davantage d'adhésion ?... Il reste encore beaucoup à faire. Nous proposons donc, en complément de ce message, 10 points d'attention que nous estimons indispensables pour une meilleure vie européenne. Notre engagement : Celui de chaque européen est indispensable. Voter est un droit. Ne nous y dérobons pas. Débattons, proposons, agissons et, sans faute, votons ! 10 Avril 2014 Mgr Jean-Pierre GRALLET

POUR LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE, 10 POINTS D'ATTENTION

1. L'attention au bien commun : Sans projet commun, il n'y a pas d'Europe. Chaque citoyen, chaque communauté et chaque nation doit être capable de subordonner ses intérêts particuliers au profit du bien commun.

2. Le souci de la solidarité : L'Europe ne peut se construire que sur une logique de solidarité à tous les niveaux, entre nations, entre régions et entre groupes sociaux. Pour bien s'exercer, la solidarité entre nous doit s'accompagner d'une révision de nos façons de consommer. Sans tempérance et sans partage, il ne peut y avoir de vraie solidarité entre les uns et les autres.

3. La dignité de toute personne : L'UE doit veiller au respect de toute personne humaine quels que soient sa race, son sexe, sa culture, sa religion, son statut social. La vie humaine doit être protégée de sa conception à sa mort naturelle. La famille, composante de base de notre société, doit bénéficier de la même protection.

4. Le soin de chaque génération : Dans les prochaines années, la démographie au sein de l'UE changera fortement. Nous plaidons pour les personnes âgées afin qu'elles aient accès aux soins auxquels elles ont droit et nous plaidons aussi pour les jeunes générations afin qu'elles bénéficient de politiques favorables à leur insertion dans la vie sociale.

5. La promotion de la justice sociale : La crise économique et bancaire a provoqué, depuis 2008, beaucoup de dégâts en Europe, entraînant une augmentation du nombre de personnes pauvres et vulnérables. Nous devons entendre le cri des pauvres, nous rappelle le Pape François, et nous attaquer aux causes structurelles de la disparité sociale qui est la racine des maux de notre société (EG 202).

6. L'intégration des migrants : Les migrations internes à l'Europe ou en provenance de l'extérieur, influent sur la vie des personnes et de la société. L'UE a une frontière extérieure commune. La responsabilité de l'accueil et de l'intégration des migrants doit être partagée proportionnellement entre les états membres. Les migrants doivent être traités avec humanité et respect. Tous les organismes, publics, associatifs, religieux doivent s'unir pour une intégration réussie des personnes migrantes.

7. Le respect de l'environnement : La terre est à tous et nous devons la protéger pour aujourd'hui et pour demain. Conscients des risques que nous courons, soucieux de durabilité, nous devons veiller « non seulement à la terre, l'eau et l'air comme dons de la Création appartenant à tous, mais aussi et surtout, protéger l'homme de sa propre destruction » avertissait Benoît XVI (CIV. 51) « une sorte d'écologie de l'homme, comprise de manière juste est nécessaire ».

8. Le respect de nos rythmes de travail et de repos :Toute personne doit pouvoir travailler et se reposer, produire et disposer de ses produits, ne pas être enchaînée à la seule logique du travail matériel mais goûter aussi aux joies de la vie spirituelle, de la rencontre, de la prière et du repos. Le repos régulier est une nécessité et un droit. L'UE doit protéger le jour de repos commun hebdomadaire qu'est le dimanche.

9. La pratique du principe de subsidiarité : L'UE s'est construite sur ce principe de la subsidiarité qui veille à ce que l'unité de l'ensemble ne se fasse jamais au détriment de la légitime responsabilité des états membres, ni de leurs traditions respectives. Veillons à l'application de ce principe.

10. L'exercice de la liberté religieuse : La liberté religieuse est un droit fondamental comprenant celui d'exprimer sa foi en public. Nous nous réjouissons de l'adoption des lignes directrices de l'UE sur la promotion et la protection de la liberté de religion ou de conviction.

Telles sont les dix recommandations que nous faisons à nos concitoyens européens, croyants et citoyens de bonne volonté, soucieux de poursuivre la construction européenne et attentifs à participer au vote du 25 mai 2014.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article