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2° Dimanche de PAQUES – 27 04 14
Première Lecture : Actes 2 42–47
Deuxième Lecture : 1Pierre 1 3–9
Évangile de Jésus Christ selon St Jean 20 19–31
Au soir de ce premier jour de la semaine, les portes étaient fermées par peur des Juifs là où les disciples étaient réunis. Jésus vint et se tint au milieu d’eux. Il leur dit : “Soyez en paix !” Ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté, et ce fut la joie pour les disciples qui voyaient le Seigneur. Et puis il leur dit de nouveau : “Soyez en paix ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie.” Ayant dit cela, Jésus souffla vers eux et leur dit : “Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous enlèverez les péchés, ils leur seront enlevés ; quand vous les maintiendrez, ils seront maintenus.” L’un des Douze était Thomas, surnommé le Jumeau ; il n’était pas avec eux pour cette venue de Jésus. Comme les autres lui disaient : “Nous avons vu le Seigneur”, il leur répondit : “Tant que je ne vois pas ses mains avec la marque des clous et que je ne mets pas le doigt dans la marque des clous ; tant que je ne mets pas la main dans son côté, je ne crois pas.” Et voilà que de nouveau, huit jours plus tard, les disciples étaient à l’intérieur et Thomas avec eux. Alors que les portes étaient fermées, Jésus vint et se tint au milieu. Il dit : “Soyez en paix.” Ensuite il dit à Thomas : “Mets ici ton doigt, regarde mes mains. Avance ta main et mets-la dans mon côté. Cesse de nier, et crois !” Pour toute réponse Thomas lui dit : “Tu es mon Seigneur et mon Dieu !” Et Jésus lui dit : “Tu m’as vu et tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui croient.” Jésus a fait devant ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas écrits dans ce livre. Ceux-ci ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu ; et si vous croyez, vous aurez la vie par l’effet de son Nom. (Bible des Peuples)
Thomas était un homme honnête, réaliste. Il avait suivi Jésus en croyant qu'il était le Messie, le Sauveur d'Israël. Il avait cru qu'il libérerait le peuple, qu'il vaincrait les romains, les chasserait du pays et rétablirait le royaume d'Israël. A la suite du grand roi David, il serait sacré roi des Juifs. Il donnerait du pain, du lait et du beurre aux gens pauvres. En voyant le bonheur du peuple d'Israël, tous les peuples de la terre loueraient le Dieu unique. Depuis ces premiers pas en suivant Jésus, jusqu’à ce passage d’évangile, Thomas a évolué dans sa façon de voir, de comprendre et de s’engager à la suite du Christ. Comment se fait-il que l’évangéliste Jean, dès le deuxième dimanche de Pâques, met en avant le témoignage de Thomas ? Devant le passage de la mort à la résurrection n’y aurait-il comme issue que le doute ou la négation ? L’évangile de St Jean est le dernier récit de la Bonne Nouvelle rédigé vers la fin du 1er siècle. Jean a mis par écrit ce qui paraissait essentiel à la foi de ceux qui ont mis leur confiance au Christ ressuscité.
L’attitude de Thomas est essentiel à l’évolution de la foi d’un chacun, car l’événement de Pâques met notre foi à rude épreuve. N’est-ce pas comme dans la vie quotidienne, les difficultés nous obligent à réagir, à chercher et à trouver les meilleures réponses ? Deux solutions : soit celle de l’autruche qui met sa tête dans le sable pour ne pas voir, soit celle de Thomas qui cherche à comprendre. Ne voir que le mal partout et baisser les bras, ça ne peut qu’entraîner les autres « au laisser-aller et se laisser-faire ». Par contre, on découvre la valeur et la grandeur des personnes à leur façon de rebondir, de soutenir les plus fragiles et de les aider à reprendre leur place dans le tissu humain. C’est par une attitude semblable qu’on peut témoigner du ressuscité présent à nos vies. C’est le contraire de la désespérance. C’est de cela que le monde d’aujourd’hui a besoin. En d’autres termes, le monde d’aujourd’hui a besoin de TEMOINS qui ne se laissent pas impressionner par toutes les contre-vérités et les tromperies qui sont mêlées à notre existence.
« Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie……Recevez l’Esprit Saint… » C’est au matin de Pâques, en réalisant que Jésus n’est plus présent comme avant, les apôtres se rendent compte que la mission de Jésus leur revient. Désormais, ils sont seuls maîtres à bord et, pour cela, ils ont besoin d’être assistés par l’Esprit de Dieu qui animait Jésus. De fait, grâce à tous les témoins qui ont jalonné l’histoire, la Bonne Nouvelle nous est parvenue à ce jour. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Jésus l’a enseigné et l’a fait. Cet enseignement n’est reconnaissable que lorsqu’il est mis en pratique.
Aujourd’hui, à Rome, se déroule la canonisation de Jean XXIII et de Jean Paul II. Deux témoins qui ont marqué notre temps. Avec leurs qualités et leurs limites, ils ont mis en valeur la place de la Bonne Nouvelle au cœur de la société humaine. Voilà deux témoins qui ont surpris l’Eglise et le monde en suscitant un nouveau souffle et un élan porteur d’espérance. Jean XXIII, le pape, vu par certains, comme le pape de transition, secoue toutes les vieilles habitudes en ouvrant le Concile Vatican II. Son ambition voulait rejoindre les attentes et les espérances des hommes de ce temps. Jean Paul II, issu d’un Pologne enfermée, persécutée, devient l’infatigable pèlerin. Il sillonne les 5 continents, pour qu’on n’oublie personne. Il proclame partout que tous les hommes sont enfants du même Père.
L’annonce de cette Bonne Nouvelle nous est confiée aujourd’hui. La tentation de s’enfermer comme les apôtres au Cénacle existe toujours. Grâce au questionnement et au débat dans sa communauté, Thomas a permis à l’ensemble de découvrir un chemin nouveau : « Oui, Jésus est vraiment ressuscité ! » Le jour de Pâques, le Pape François donne de l’actualité au message de la résurrection en disant : « L’Amour est plus fort, l’Amour donne la vie, l’Amour fait fleurir l’espérance dans le désert. » Oui, l’annonce du Christ ressuscité nous interpelle. Allons-nous déserter ou nous engager sur les lieux où on construit la paix et la justice ? Allons-nous nous replier sur nos petites sécurités ou prendre au sérieux l’avenir, la main tendue du ressuscité ? « Comme le Père m’a envoyé, je vous envoie ! » Son message est, à présent, entre nos mains.