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29° Dimanche du Tps Ord « A » 16 10 11
Première Lecture : Isaïe 45 1, 4–6
Deuxième Lecture : 1Thessaloniciens 1 1–5
Évangile de Jésus-Christ selon St Matthieu 22 15–21
Les Pharisiens se déplacèrent pour voir ensemble comment prendre Jésus au piège dans ses propres paroles. Ils lui envoyèrent donc leurs disciples en même temps que des Hérodiens, et ces gens lui dirent : “Maître, nous savons que tu es droit et que tu enseignes les chemins de Dieu selon la vérité, sans te laisser influencer par personne ; car tu ne cherches pas à te faire bien voir. Dis-nous donc ton avis : est-il permis de payer l’impôt à César ou non ?” Jésus a déjà vu leurs mauvaises intentions ; il leur répond : “Hypocrites, pourquoi essayez-vous de m’avoir ? Faites-moi voir la monnaie qu’on donne pour l’impôt.” Et ils lui présentent un denier. Jésus leur dit : “Cette tête, et ce nom qu’on a gravé, de qui sont-ils ?” Ils répondent : “De César !” Alors Jésus leur dit : “Rendez à César ce qui est de César, et à Dieu ce qui est de Dieu.” (Bible des Peuples)
À l’heure où l’on parle de la mondialisation, de protectionnisme, de citoyenneté, de montée des intégrismes et du dialogue interreligieux, la Parole de Dieu de ce jour se veut être éclairant pour nous. Ces textes de la Bible que nous venons de lire n’ont pas été choisis en fonction de la crise financière qui résonne d’une façon alarmiste d’un bout à l’autre de notre planète, ce sont les textes de la liturgie de ce dimanche.
Jésus nous rend attentif à un danger qui peut traverser notre existence. Il met en scène un type d’hommes particulièrement dangereux. Dans toutes les religions, ces hommes ont une présence mortifère qui va jusqu’au crime. Par là, ces dignitaires donnent la plus mauvaise image possible de Dieu à l’égard de l’homme. Comme si Dieu voulait la mort de l’Homme qu’il a créé. L’actualité nous en donne de multiples exemples comme le massacre de cette semaine de 24 Coptes au cours d’une manifestation pacifique en Egypte. C’est vrai aussi pour ce qui se passe actuellement en Syrie, en Tunisie, en Inde et dans d’autres pays dont on ne parle pas. Comme catholiques, on n’est pas à l’abri, car on a été capable des croisades avec ses pilages, de l’inquisition et ses mises à mort, sans oublier la St Barthélémy. C’est vrai pour les religions, mais tout aussi vrai dans le monde des finances où des trusts tout puissants sont capables d’étouffer des individus, des entreprises, des communes, des pays qui refusent de se laisser embrigader et de se soumettre.
Si les pharisiens organisent l’élimination de Jésus, c’est qu’ils sont inquiets de la liberté affichée par Jésus vis-à-vis des pécheurs, des publicains, des femmes, des étrangers. La foule, en suivant Jésus, trouve en lui une grande espérance. C’est ce qui gêne les autorités, ceux qui ont le pouvoir. Plutôt que d’essayer de comprendre ce qui anime Jésus, ils optent pour l’éliminer : « Il vaut mieux qu’un seul meurt ».
Dans ce passage d’évangile, Jésus met en lumière l’hypocrisie, la mauvaise foi, les apparences qu’il faut sauver à tout prix : chose dont il a horreur ! En effet, on ne peut rien construire de valable et de durable sur la fausseté, le mensonge, la combine.
Les paroles flatteuses des pharisiens qui amplifient la tromperie : « tu enseignes le vrai chemin vers Dieu, tu ne te laisses influencer par personne », se présentent comme du miel, mais un miel empoisonné. Aujourd’hui, derrière des blagues, des histoires, des messages informatiques qui se voudraient humoristiques pour se détendre, n’y a-t-il pas des comptes qui se règlent. L’humour peut se transformer en règlement de compte, et en haine, qui peuvent aller jusqu’au massacre.
Les pharisiens questionnent Jésus sur l’impôt dû à César. Mais Lui ne se laisse pas embobiner, il les prend à leur propre jeu : « montrez-moi la monnaie de l’impôt ». Cette monnaie, ils l’ont sur eux. Ils savent s’en servir. On sait par ailleurs, que beaucoup d’entre eux l’aiment ! Cette monnaie les aide à vivre au quotidien, alors pourquoi veulent-ils faire mourir Jésus ? Ils sont en pleine contradiction, sans s’en rendre compte : ils se servent de leurs propres usages pour le faire condamner. Si Jésus dit qu’il faut payer l’impôt à César, il sera déconsidéré aux yeux des Juifs. S’il s’oppose au paiement de l’impôt, il sera liquidé par les Romains.
Ce jour-là, leur malveillance n’aboutit pas. Mais ils réussiront plus tard, à faire passer Jésus pour un ennemi de César et à le faire crucifier comme un esclave révolutionnaire.
Jésus reste libre et ne se laisse pas enfermer dans ce jeu malsain, il rappelle les points forts pour tout être humain : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Par cette parole, chacun est invité aujourd’hui, comme hier, à faire la vérité sur son propre comportement et sur ses vraies motivations. Les chrétiens ont comme premier devoir de tout mettre en œuvre pour faire apparaître : la vérité et l’honnêteté. Ainsi, ils évitent à beaucoup de se faire piéger. La crédibilité du chrétien ne peut accepter la tromperie et les magouilles. « Que votre oui soit oui, et votre non, soit non ! » (St Mat 5 )
Au nom même de notre foi, nous devrions être en première ligne de tous les combats pour un monde fraternel. Le 17 octobre, journée mondiale de lutte contre la misère, peut être une l’occasion de manifester son soutien. (A Metz, Pont St Georges à 17h30).
Voici quelques extraits d’une lettre à Diognète écrite au 3° siècle:« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes….Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. »
Chrétiens, Jésus nous a révélé notre beau visage d’enfant bien-aimé du Père. C’est ce visage que nous avons la responsabilité de présenter en vérité à tous les hommes. La loi civile exige le respect de tous les hommes, et la loi du Christ nous engage à aimer tous les hommes. La loi du Christ est à mettre en œuvre dans les lois humaines. « Je ne suis pas venu abolir la loi, mais la rendre meilleure »