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Baptême du Seigneur "C" 10 Janvier 2010

Baptême de Jésus « C » – 10 Janvier 2010

1ère lecture : Isaïe 40, -5,9-11
2ème lecture : St Paul à Tite 2,11-14 ;3,4-7
Evangile 
de Jésus-Christ selon St Luc 3, 15-16,21-22

Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie. Jean s'adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l'eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas.» Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. Hérode, prince de Galilée, avait reçu des reproches de Jean au sujet d'Hérodiade, la femme de son frère, et au sujet de tout ce que lui, Hérode, avait fait de mal.  A tout le reste il ajouta encore ceci : il fit enfermer Jean Baptiste en prison.

Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, alors le ciel s'ouvrit.  L'Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre : « C'est toi mon Fils : moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. »

 

Nous sommes en présence d’un peuple en déroute, qui ne sait plus très bien  où regarder pour s’en sortir. Que ce soit au niveau personnel, physique, mental, spirituel, les repères les plus sûrs sont remis en causes. Que ce soit au niveau politique, n’oublions pas que le pays est entièrement sous la domination romaine. Les Juifs sont divisés sur la conduite à tenir à l’égard de Rome : complicité, indifférence, terrorisme ?  Que ce soit aussi au niveau religieux : les grands prêtres, les scribes et les pharisiens  jouent entre leurs intérêts personnels, leur pouvoir, leur prestige et leur mission.

Cette situation à l’époque du baptême de Jésus  ressemble étrangement à la nôtre. Et même si les situations sont tout à faits différentes  et inédites aujourd’hui, on retrouve une déroute aussi déconcertante. C’est dans ce monde là, déchiré et incertain, que Jésus vient de naître au milieu de la nuit de Noël. Jésus adulte prend ses responsabilités au milieu de tous ceux  qui veulent construire un monde meilleur. Aussi le retrouvons-nous dans cette foule de pénitents qui demandent le baptême à Jean Baptiste.  Par cette démarche ils veulent signifier leur engagement au service de Dieu et de leurs frères.  Jean-Baptiste donne une clé qui ouvre à un monde nouveau. « Moi, je vous baptise avec de l’eau, mais il vient, celui qui est plus puissant que moi….Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » La clé proposée par Jean Baptiste est la démarche de Conversion.  Si vous sortez de vos habitudes, de vos fausses sécurités pour faire confiance à celui qui vient, « dont je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales » alors vous entrez à sa suite dans le domaine de Dieu. En étant disponible à l’Esprit Saint, nous mettons en œuvre le Royaume de Dieu dès maintenant.

Après son baptême, St Luc nous montre Jésus  entièrement tourné vers son Père. Par là, Jésus nous indique le vrai chemin de la conversion, qui est un chemin de confiance filiale. De même que Jésus reçoit de son Père la confirmation : « C’est toi mon fils bien aimé ; en qui j’ai mis tout mon amour », ainsi chaque disciple de Jésus peut entendre cette parole qui lui est aussi adressée.  Se convertir, c’est prendre un peu de distance par rapport à l’immédiat qui risque de nous enfermer ; c’est  suivre avec conviction, avec joie la proposition de Jésus : rejoindre son Père.

Reconnaissons, que certains jours notre foi est en « berne », ne fait plus le poids devant le cumul de toutes les contrariétés de la vie. Les incompréhensions, les souffrances, les malheurs, les cris de désespoirs des hommes ferment l’horizon. La foi est mise à rude épreuve par les multiples formes de néant. Mais suivre Jésus, ce n’est pas rester au néant, il faut utiliser la clé que nous propose Jean-Baptiste : changer son regard sur soi-même, sur les événements pour y déceler  Dieu qui a pris parti pour l’homme. Si Jésus a voulu être immergé dans ce monde de souffrances, c’est pour plonger dans cet amour qui le poussait vers Dieu et ses frères. Il attend de nous la même démarche. Il veut se servir de nos yeux, de nos mains et de notre cœur pour travailler  ensemble à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel.

Avec le baptême chrétien, c’est nous qui avons été plongés dans l’amour de Dieu.  C’est lui qui nous ouvre la porte d’une vie nouvelle. Le baptême ne supprime pas le mal ni la souffrance ni la mort, mais il leur enlève le pouvoir de nous enfermer dans le néant. Au contraire, il nous introduit à la vie de Dieu. Aujourd’hui faire le choix de soutenir tous les exclus, les opprimés, les sans-papiers, les sans toits, les sans travail, les sans voix, c’est faire le choix de la VIE pour eux et pour soi. Plongé avec le Christ dans l’humanité, c’est accepter les situations, les contraintes et l’environnement  les plus modestes, les plus difficiles. C’est aussi avoir une belle ambition de droiture, de justice et de paix.

 

 

 

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