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5° Dimanche de Carême « B » 25 03 12.
Première Lecture : Jérémie 31 31–34
Deuxième Lecture : Hébreux 5 7–9
Évangile de Jésus Christ selon St Jean 12 20–33
Il y avait là des Grecs qui étaient venus à la fête pour adorer. Ils vinrent trouver Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : “S’il vous plaît, nous voudrions voir Jésus.”
Philippe vient en parler à André, et André part avec Philippe pour le dire à Jésus. Alors Jésus déclare : “L’heure est venue où le Fils de l’Homme va être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis : si le grain de blé ne tombe pas en terre pour y mourir, il reste seul. C’est quand il meurt qu’il porte beaucoup de fruits. Celui qui tient à sa vie la détruit, mais celui qui méprise sa vie dans ce monde la sauvegarde pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur ; si quelqu’un me sert, le Père saura le récompenser. Maintenant je suis dans un grand trouble. Je pourrais dire : Père, épargne-moi cette épreuve ! Mais je suis venu précisément pour connaître cette heure. Père, glorifie ton Nom !” À ce moment une réponse vint du ciel : “Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore.” Les gens qui étaient là et qui avaient entendu, disaient : “C’est le tonnerre.” D’autres disaient : “Un ange lui a parlé.” Alors Jésus déclara : “Cette réponse était pour vous et non pour moi. C’est maintenant le jugement de ce monde : le Prince de ce monde va être jeté dehors. Et moi, dès que j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi.” En disant cela, Jésus faisait allusion au genre de supplice par lequel il allait mourir. (Bible des Peuples)
A l’approche de la Pâque Juive, les Hébreux viennent en foule à Jérusalem pour fêter la liberté que Dieu leur a donnée. Ce pèlerinage annuel était essentiel pour eux. C’est l’occasion de célébrer le passage de la Mer Rouge qui marquait la fin de l’esclavage en Egypte. Après leur entrée en Terre Promise, le peuple Hébreux avait été dispersé à plusieurs reprises pour des raisons politiques et économiques. Le fait de se retrouver chaque année pour la Pâque à Jérusalem était l’occasion de célébrer ce mémorial, fête fondatrice du peuple Hébreux.
Jésus était mêlé à cette foule. Il était attentif à ce que chacun pouvait raconter de sa vie, de son expérience, de ses projets. Jésus était accueillant à ceux qui peinent et heureux de partager la joie des retrouvailles. Parce qu’il savait déceler les aspirations de bonheur, de justice, de paix d’un chacun, Jésus était en capacité de répondre à leurs questions humaines. Parmi la foule de pèlerins, un certain nombre se réjouissait de l’animation, de la nouveauté, de l’actualité concernant Jésus. Mais la plupart des pèlerins portaient sur leurs épaules le poids du jour, tout en gardant dans leur cœur l’espérance suscitée par le prophète Jérémie : « Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »
Cette expérience de liesse et de fraternité, nous pouvons la vivre en direct sur nos écrans lors des meetings politiques, des jeux olympiques, des grands matchs, des grands rassemblements. Cette même ferveur, nous la retrouvons aussi dans les moments dramatiques comme lors des « marches blanches » et des rassemblements en réaction aux crimes les plus odieux. Au-delà des appartenances familiales, religieuses et politiques, nous sentons un besoin de soutenir des gens fragilisés par l’injustice et l’adversité. Toute une foule anonyme se mobilise pour apporter une fleur, un mot, un geste de paix, pour soutenir ceux qui vivent l’horreur. Personne ne peut rester insensible devant des frères durement éprouvés. Notre humanité grandit par notre attention à ceux qui sont touchés bien au-delà de nos relations humaines.
Dans l’évangile proposé aujourd’hui, l’interpellation des Grecs à Philippe donne l’occasion à Jésus de ne pas en rester aux apparences. Ces Grecs
avaient certainement entendu de belles choses sur Jésus, et ils voulaient le voir de plus près.
Jésus les ramène à une dure réalité qu’il n’a pas choisie. Un chemin de croix qui s’impose à lui, s’il veut réaliser sa mission : « Maintenant je suis dans un grand trouble. Je pourrais dire : Père, épargne-moi cette épreuve ! Mais je suis venu précisément pour connaître cette heure. Père, glorifie ton Nom ! »
Chacun sait aussi qu’il devra faire face aux épreuves et à l’inattendu. Quand la vie déchire nos projets les plus généreux, quand nous sommes affrontés à des difficultés énormes, que ce soit en famille, à l’école, sur les chantiers de nos vies ; quand nous avons du mal à assumer notre existence, Jésus vient nous encourager et nous inviter à ne pas baisser les bras, ni à désespérer. Le sens que Jésus a donné à sa vie et qu’il nous invite à suivre, rend chacun plus humain, plus ouvert, plus disponible, alors que la durée la vie est limitée. Faire le choix de servir la « vie ensemble », c’est marcher sur les pas du Christ. C’est un devoir d’humanité qu’il confie à ses disciples.
A la suite du Christ continuons à être présent et actif, là où s’engage l’avenir de l’homme.
Le 5° dimanche de carême, nous rappelle l’enjeu de la collecte du CCFD-Terre Solidaire. En participant à la réflexion sur les moyens de vivre et à la collecte du CCFD-Terre Solidaire, nous unissons nos efforts à ceux des peuples pauvres qui construisent leur avenir et leur bonheur. Soyons à leurs côtés pour que naisse et renaisse sans cesse une paix durable comme Jésus nous la donne.
Prochain « Wort zum Sonntag » : le jour de Pâques