Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires
4e dimanche du Carême "B" 18 03 12
1ère lecture Second livre des Chronique 36,14-16 et 19-23
2ème lecture St Paul aux Ephésiens 2,4-10
Evangile de Jésus Christ selon St Jean 3, 14-21
Rappelez-vous le serpent que Moïse a fait lever dans le désert ; il faut que le Fils de l’Homme soit élevé de la même manière, et alors quiconque croira en lui aura la vie éternelle. Oui, comme Dieu a aimé le monde ! Il a donné le Fils unique pour que celui qui croit en lui ait la vie éternelle et n’aille pas à sa perte. Dieu a envoyé le Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé grâce à lui. Pour celui qui croit en lui, il n’y a pas de jugement. Par contre, celui qui refuse de croire s’est déjà condamné, puisqu’il n’a pas cru dans le Nom du Fils unique de Dieu. Le jugement, c’est cela même : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont choisi les ténèbres plutôt que la lumière, car ils faisaient le mal. Celui qui fait le mal n’aime pas la lumière, et il ne vient pas à la lumière, car alors il deviendrait clair que ses œuvres sont mauvaises. Au contraire, celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’on voie clairement que toutes ses œuvres ont été faites en Dieu.” (Bible des Peuples)
Dans l’Evangile de ce jour, Jésus fait référence au serpent de bronze que Moïse a fait élever au désert. Il donne de l’actualité à ce symbole : le serpent peut être mortel, mais aussi source de guérison. Revenons un instant à la situation des Hébreux au désert. Ils ont connu la fatigue et la faim lors de leur marche au désert, sans ombres, sans eaux, sans refuges. Comble de malheur, à toutes ces épreuves s’ajoutent les morsures mortelles des serpents. Ceux qui sont les plus faibles, sont les premières victimes. Il y a de quoi désespérer. Pour sauver son peuple, Moïse leur propose le salut de Dieu : « le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, et celui qui porte son regard sur ce symbole, sera sauvé ». Ce symbole n’a rien de magique, il rappelle, de la part de Dieu, qu’il faut regarder les difficultés en face et les prendre à bras le corps. C’est la meilleure façon de faire face à tous les dangers. Dieu n’a pas créé l’homme pour qu’il désespère, mais pour qu’il cherche et trouve ce qui ouvre l’avenir, ce qui est porteur d’espérance. Le remède n’est jamais de s’enfermer sur soi-même ou encore de se plaindre de son sort. C’est ensemble que nous avons à alerter, à sensibiliser et à chercher les remèdes les plus appropriés pour faire face à tout ce qui empoissonne notre existence. Pour ce faire, il faut s’arracher à la peur qui est toujours mauvaise conseillère. Il importe de regarder plus haut , plus loin et plus large au lieu de rester paralysé par la difficulté. Jésus se propose lui-même comme repère entre la vie et la mort, entre la lumière et les ténèbres. Suivre le Christ, dans la perspective d’une vie nouvelle, n’est pas sans difficultés. On n‘échappe pas aux épreuves, comme lui-même a connu la trahison, le reniement et la mort sur la croix. A l’image des Hébreux dans le désert qui regardaient le serpent de bronze, les chrétiens sont renouvelés et dynamisés lorsqu’ils regardent la force d’Amour du ressuscité qui est mort sur la croix : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. » Donner sa vie, donner le meilleur de soi-même pour la « vie ensemble », c’est la seule façon de mettre en valeur les intérêts et les possibilités de chacun. En effet, chaque personne apprécie de faire l’expérience d’être membre d’un peuple ou d’une communauté. Avoir des perspectives dans la vie, des repères, savoir où aller et ne pas tourner en rond, ce sont autant d’expressions qui disent le désarroi devant les urgences. C’est vrai, l’immédiat encombre et mobilise toutes les énergies et les situations dramatiques perdurent. Nous pensons à tous les innocents de la Syrie. A chaque instant des événements nous sollicitent, et sans réfléchir il faut répondre. Nous sommes pris par l’immédiat, mais il ne faut pas oublier l’essentiel, les perspectives, le but du voyage. Le temps du carême, n’est pas fait pour les privations, mais pour s’astreindre à regarder où on va, et ce qu’on sert en vérité. Affrontés à des événements imprévus comme la maladie, la mort, le chômage, le divorce, la perspective d’une vie meilleure nous paraît fermée. Malgré tous nos efforts, l’impuissance semble avoir le dernier mot. Devant les grandes interrogations du monde d’aujourd’hui, le réchauffement de la planète, la crise monétaire mondiale, le sida, chacun et chaque peuple se sent impuissant. Les blessés de la vie ont besoin de soutien et de remèdes à leurs difficultés. Comme dans un accident de la route, avant de chercher les causes et d’établir le constat, il faut porter secours. Devant le nombre de gens qui ont faim à cause de la misère qui s’aggrave, les Restos du Cœur et tous ceux qui les soutiennent, organisent des collectes pour faire face. Eux aussi se sentent impuissants devant les besoins toujours plus grands, alors que les donateurs ont eux aussi moins de moyens. Au de-là de tous ces drames, la peur ne fait que grandir et entraîne au repli sur soi. Il faut bien sûr apporter secours et soutien à ceux qui risquent de rester sur le « carreau », mais il est encore plus urgent d’éviter que se poursuive la cause de tous ces malheurs. Les trafics internationaux ne s’arrêtent pas avec des discours, c’est comme la gangrène, il y a des choses à couper pour que ça s’arrête. « Dieu a envoyé le Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé grâce à lui. » Ce carême prend une couleur particulière avec l’actualité, il est donc important de vivre cette mutation dans notre propre vie de chrétien. Si le Christ est ressuscité, on peut lui faire confiance, car il nous conduit sur le chemin de l’Avenir.