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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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32° dimanche 8 Novembre 09

32e dimanche ordinaire 8 Novembre 09

 

1ère lecture : Premier livre des Rois 17,10-16

2ème lecture : Aux Hébreux 9,24-28

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc  12, 38-44

 

Dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à sortir en robes solennelles et qui aiment les salutations sur les places publiques,  les premiers rangs dans les synagogues, et les places d'honneur dans les dîners.  Ils dévorent les biens des veuves et affectent de prier longuement : ils seront d'autant plus sévèrement condamnés. »

Jésus s'était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait la foule déposer de l'argent dans le tronc. Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s'avança et déposa deux piécettes.  Jésus s'adressa à ses disciples : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde.  Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre. »

 

" Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. "

On croirait entendre les paroles d’une fée ou d’un magicien dans un conte pour enfants ! Pourtant, c’est la parole même que Dieu adresse à la veuve de

Sarepta (Saïda, au Liban) à travers la bouche de son prophète Élie.

Dans l’évangile c’est encore d’une veuve indigente qu’il s’agit. Jésus partant d’un fait réel qu’il a observé, met le doigt sur la beauté du don d’une pauvre capable de tout donner, de tout risquer, même ce qui lui était nécessaire pour vivre. La foi de ces deux veuves est exemplaire. La foi donne à ces femmes une force et une beauté incroyable. Grâce à la confiance qu’elles mettent à la parole de Dieu : elles sont prêtes à tout risquer.

Jésus met en garde ses disciples contre le comportement des scribes comme de certains pharisiens qui « disent et ne font pas ». Jésus voit plus loin que les seules apparences. Il ne vise pas  tous les scribes, et encore moins tous les Juifs, dans ses dures paroles de condamnation. Jésus dénonce des situations particulières qui sont des privilèges cachés et il met en valeur la participation vitale de cette pauvre veuve. Nous sommes tous traversés, à la fois par l’âpreté au gain, à l’argent et le besoin de générosité. « Plus on en a, plus on en veut ! » Jésus critique ainsi ceux qui détiennent le pouvoir et l'utilisent à leur profit. C'est une tentation  d’autant plus grande et désastreuse pour ceux qui exercent une autorité. Jésus met en valeur le bien fait de la vie ensemble et de tout ce qui aide à la cohésion et au respect des personnes et des peuples. Les nombreux scandales publics  dénoncés ces jours-ci concernant l’accaparement des biens des peuples africains par quelques dirigeants, ou les dépenses folles au nom du prestige républicain, montrent bien que ces questions sont au cœur de notre société. Hier comme aujourd’hui, Jésus nous invite à ne pas nous laisser piéger par des facilités qui font oublier l’essentiel. Il nous invite à faire la vérité et à être plus lucide sur nos motivations.

La principale différence entre l'obole de la veuve et celles des autres n'est pas du tout la somme donnée mais le sens de son don. Les veuves de l'époque étaient laissées à leurs misères, comme la veuve de Sarepta. La femme pauvre de cet Évangile donne ce qu'elle a pour vivre, son «nécessaire». D'une certaine façon elle donne sa vie. Souvent nous donnons parce que cela fait partie d'une bonne vie en société, par convention, par intérêt ou par bonne conscience. La veuve, elle, donne tout. Elle refuse la fatalité de sa misère. Par son don, elle n'est plus une pauvre veuve mais pour Jésus elle devient l'égale de celui qui donnerait toute sa fortune. Le jeune homme riche avait reculé devant le don, mais pas la veuve.

Aujourd’hui, dans notre société où l’argent est roi, on est encore plus entraîné par ce courant. On a perdu de vue le service de la collectivité. Tous les services publics mis en place après les dégâts de la deuxième guerre mondiale, ont fait la force et la fierté de notre pays. Le bien commun était mis en valeur et devait mobiliser tout le monde. Il ne s’agit pas de regretter le passé qui a eu ses heures de gloire, mais chercher comment vivre dignement aujourd’hui. La santé, l’éducation, la justice, le travail restent le cœur de la vie. En chacun de nous se mêlent l'attitude du scribe et celle de la veuve. D'un côté, la recherche de possessions toujours plus grandes pour soi à travers les honneurs et la richesse. Par ailleurs, le don humble et gratuit de soi-même, l'ouverture au partage et à la solidarité d'un cœur qui traduit en acte sa capacité de don. Car, « plus on a, plus c’est difficile de donner. »

Depuis les origines, Dieu désire continuer son œuvre, mais il ne veut pas la continuer sans nous. Il ne demande pas grand chose, il souhaite seulement que chacun lui apporte le " vrai " de son être, de sa personne.

Vous avez pu lire dans les journaux que l’Eglise de France fait appel à la générosité des chrétiens. Le manque de ressource financière, suite au denier du culte, met certains diocèses dans des situations dramatiques. Comment subvenir à tous les besoins d’un diocèse : salaire des laïcs engagés dans la pastorale, le salaire des prêtres, l’aide accordée aux différents mouvements apostoliques, aux œuvres caritatives, formation des futurs prêtres…… Aucun parti politique, aucune organisation ouvrière, aucune association ne peut vivre sans la solidarité de tous ses membres. Il en va de même de l’Eglise. Tout dépend de l’image que je me fais de l’Eglise, de ce que j’attends d’elle. Nous ne sommes plus au Moyen Age où les grands dictaient ce que les autres avaient à faire. Autant c’est essentiel de donner sa part d’argent à la vie de l’Eglise, autant c’est important de prendre sa part dans les activités de l’Eglise et ses débats. Aujourd’hui les autorités se contentent trop souvent de gérer le passé avec des finances qui s’amenuisent et des activités réduites au culte. Cette semaine les évêques de France se retrouvent à Lourdes. Le cœur de leur rencontre c’est l’avenir de l’Eglise. Les évêques nous invitent à réfléchir sur ce que nous montrons de l’Eglise et ce qui reste caché.

Aussi, le message qui nous est adressé en ce dimanche n’est-il pas d’abord une sorte d’exhortation à notre générosité, un appel à être magnanimes à l'égard de Dieu, larges envers notre Église ou charitables vis-à-vis de ceux qui sont dans le besoin. Le message d’aujourd’hui est, comme toujours, une " bonne nouvelle ", celle de la générosité de Dieu à l’égard de ceux qui l’implorent.

 " Père très bon,

tu donnes à chacun ce dont il a besoin,

et si le pain vient à manquer sur la terre,

c’est que nous manquons à ton amour.

Toi tu ne fais défaut à aucun homme,

tu ne manques à personne.

Donne-nous de croire à la valeur infinie de nos moindres actes

et multiplie dans le monde

l’amour que tu vis par nous. "

Pierre Talec, prêtre

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