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3e dimanche du Carême « C » 7 Mars 10
Première Lecture : Exode 3 1–15
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 10 1–12
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13, 1-9
A ce moment, des gens vinrent rapporter à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu'ils offraient un sacrifice. Jésus leur répondit :
« Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »
Jésus leur disait encore cette parabole :
« Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : 'Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ?' Mais le vigneron lui répondit : 'Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas.' »
Jésus vient d’être informé de « l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice. » Ce qui paraît scandaleux pour ceux qui interpellent Jésus, c’est que des responsables massacrent des gens en prières. Ne sommes nous pas aussi scandalisés quand on apprend des tueries de chrétiens en prières en Irak, en Inde, au Pakistan ….. ? Et tout autant quand des dirigeants ordonnent de tirer sur la foule : en Iran, en Birmanie… ?Jésus rappelle que la tour de Siloé a écrasé dix huit personnes qui sont autant à plaindre que les premiers. Ni les uns ni les autres ne sont responsables de ce qui s’est passé. De tels événements sont le quotidien de notre monde et ils nous laissent songeurs… Pensons aux victimes innocentes des séismes et tsunamis survenus ces temps-ci à Haïti, Chili et la tempête avec son raz de marée sur le littoral de l’océan atlantique. Il y a aussi toutes ces guerres et attentats criminels qui continuent à affecter de nombreux pays et surtout des plus pauvres Là où il y a des richesses minières, il y a aussi la guerre. N’oublions pas toutes les catastrophes aggravées ou organisées par nos façons de vivre et d’organiser la société. La chute de la tour de Siloé comme le minaret de Meknès au Maroc, ainsi que les inondations en Vendée ne sont pas du seul fait de la nature. Il y a eu des négligences humaines, des choix économiques où on a oublié les personnes qui y vivent. Bien sûr il faut donner les premiers soins, apporter des secours, mais, avant tout, il faut rassurer les victimes, montrer qu’elles ne sont pas oubliées comme il arrive malheureusement trop souvent. Suite aux catastrophes, il y a toujours de nombreux oubliés qui attendent et qui désespèrent. Après l’émotion, on oublie d’honorer les engagements. Toutes les victimes de la vie doivent retrouver un climat de grande tendresse, elles doivent retrouver en chacun une humanité, une solidarité. Cette solidarité s’est manifestée de multiples manières : entre voisins, entre membres d’une même famille suivant les moyens et les disponibilités d’un chacun.
En guise de réponse à ses interlocuteurs, Jésus les presse à se convertir : «Convertissez-vous, sinon vous périrez tous». En d’autres termes : si vous restez enfermés dans vos façons habituelles de réagir, de juger, vous fermez toutes sorties, donc toute espérance, tout avenir et tout progrès.
Jésus parle d’un figuier qui ne produit rien. Ce figuier est à notre image. Comme le vigneron va prendre soin de ce figuier stérile pour le moment, de même Jésus prend soin de nous. Il veut nous conduire sur les chemins qui mènent à son Père. Jésus nous renvoie à notre propre conscience chrétienne. Dieu est exigeant, mais il comprend nos lenteurs et nos réticences. Il comprend nos faiblesses. Nos cheminements sont lents, le déclic ne se fait que lorsque nous sommes nous-mêmes confrontés à une injustice ou à un drame. De même que Moïse a réagi en entendant les cris sous les coups des chefs de corvée.
Aujourd’hui, chacun peut se rendre compte que « l’argent peut devenir un instrument de corruption et de destruction au service de l’injustice et dévaster des pays entiers. Sachons le remettre à sa place pour en faire, dans chaque pays, pour chaque peuple, un ferment d’unité, un instrument de paix, de richesse et de solidarité. » (Plaquette CCFD Vivre le Carême 2010)
Jésus, à l’image du vigneron, a une grande tendresse pour chacun. Il nous rassure et ne veut pas nous inquiéter. Comme dit le poète haïtien René Depreste, le manque de tendresse, c'est de cela que l'humanité risque de périr. La tendresse reste la conquête de toute une vie pour chacun de nous. La tendresse exige une rencontre. Elle n’est ni possession ou soumission. Elle est un mélange d'intimité et de respect, d'anticipation de la présence de l'autre. Sans tendresse, le jeune enfant ne peut pas grandir ; sans tendresse, l'adolescent ne peut s'émanciper ; ni l'adulte former un couple ; ni le vieillard mûrir. Sans tendresse, les amants ne s'aiment pas réellement et les mourants laissent derrière eux d'irrémédiables regrets. Sans tendresse, aucun lien social ne serait possible et nous n'existerions tout simplement pas.
La meilleure façon de témoigner de la tendresse que Dieu a mise dans nos cœurs pour tous les autres, passe par des gestes concrets. Dans huit jours, nous sommes appelés à voter le Conseil Régional. Cette instance a de plus en plus de place dans la préparation de l’avenir de la Région. Beaucoup de citoyens ne se sentent pas concernés. Or rien ne se fera en bien si ce n’est pas pris en compte par le plus grand nombre. Des gens ont payé de leur force et de leur vie pour que soit assuré une vie plus fraternelle et un meilleur vivre ensemble. Quelques soient nos choix, il est important de les manifester par le vote.
En ce temps de carême l’Eglise nous invite aussi à un partage financier avec le CCFD-Terre Solidaire.
Pour exister il nous faut sortir du "ventre", de nos peurs, de nos principes, de nos infidélités. C'est à cette conversion que Jésus nous invite patiemment à faire. Il nous invite à la communication, car nous passons à côté de la vie si nous ne savons pas nous relier à l’autre, et à Dieu.