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2e Dimanche du Tps Ord « C » 20 01 13
Première Lecture : Isaïe 62 1–5
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 12 4–11
Évangile de Jésus Christ selon St Jean 2 1–11
Le troisième jour il y eut une noce à Cana en Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité à la noce avec ses disciples. Et voilà que le vin de la noce arrive à sa fin : ils n’avaient plus de vin. La mère de Jésus lui dit : “Ils n’ont plus de vin.” Jésus lui répond : “Femme, vas-tu te mettre dans mes affaires ? Mon heure n’est pas encore venue.” Mais sa mère dit aux servants : “Faites tout ce qu’il vous dira.” Il y avait là six bacs de pierre que les Juifs gardaient pour leurs purifications ; ils pouvaient contenir chacun 100 ou 150 litres. Jésus leur dit : “Remplissez ces bacs avec de l’eau.” Ils les remplirent jusqu’au bord. Jésus dit alors : “Prenez maintenant et portez-en au responsable de la fête.” Le responsable de la fête goûta cette eau changée en vin, mais il ne savait pas d’où il venait, seuls les servants qui avaient pris l’eau le savaient. Alors il dit au marié : “Tout le monde sert d’abord le bon vin, et quand les gens sont gais, on donne le vin ordinaire. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant !”
C’est ainsi que Jésus fit le premier de ses signes, à Cana en Galilée. Là il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. (Bible des Peuples)
Dans toutes les cultures, le vin est le symbole de la fête, et comme le souligne le psaume 104 « il réjouit le cœur de l’homme ». La joie de vivre est essentielle à la vie humaine, mais la peine et les difficultés de vivre paraissent plus marquantes que la joie et l’espérance. Au point qu’aujourd’hui, certains philosophes disent que la fête est en panne. Et pour cause, il y a la progression massive du chômage en Europe, la crise économique mondiale et la difficulté pour les jeunes de trouver leur place dans la société. Il y a aussi de multiples bruits de guerre et des prises d’otages qui obscurcissent l’horizon. Depuis quelques années, on s’inquiète de la dégradation de la biosphère et du réchauffement climatique au point de remettre en cause la survie de la planète. On évoque tous ces problèmes sans remédier aux causes. Trop souvent, on continue comme si tout allait bien.
Les gens qui étaient invités aux noces de Cana n’ont pas pris conscience tout de suite qu’il manquait quelque chose d’essentiel pour que ce soit vraiment une fête. La noce était certainement bien avancée, quand on s’est rendu compte que les verres restaient vides.
Ce n’est pas un hasard si St Jean nous raconte cette vision des noces de Cana au début de son évangile. Il s’agit tout simplement de traduire les épousailles du Fils de Dieu avec l’humanité. Avant lui, Matthieu et Luc avaient parlé d’un dîner où la préparation de la fête était ratée, parce que tous les invités s’étaient désistés. Chacun avait des choses à faire qui lui paraissait plus urgentes. Matthieu et Luc soulignent que la fête aura bien lieu même si certains s’en excluent.
Dieu propose la fête à tous. Et Jean met l’accent sur la joie partagée de cette fête. « C’est le commencement des signes que Jésus accomplit » nous dit-il. Comme tout mariage, ces noces sont un commencement. C’est l’inauguration d’une célébration universelle. C’est la fête de l’incarnation, c’est la fête de la rencontre de Dieu avec les Hommes. C’est la fête qui fait grandir la confiance et ouvre l’avenir. Parce que Jésus est homme, il apprécie toutes les rencontres festives. Mais ceux qui cherchent à le piéger, refusent de partager la joie et le projet de Jésus qui est d’annoncer les noces éternelles. Ils iront jusqu’à l’accuser d’être un ivrogne et un glouton.
Pour les chrétiens, l’Eucharistie rappelle sa présence, signifiée à son dernier repas au soir du jeudi saint. Trop souvent nous oublions, dans nos célébrations, la joie de cette rencontre qui permet de découvrir la nouveauté de Dieu dans l’aujourd’hui de nos vies.
L’engagement de la France dans le conflit du Mali suscite des encouragements mais aussi des refus liés à des partis pris. De même dans le débat autour du « mariage pour tous », il y a les « pour », il y a les « contre ». Chacun annonce ce qui justifie sa position, mais la majorité des citoyens reste dans l’indécision. Les plus mordus sont prêts à toutes les combines pour obtenir ce qu’ils souhaitent. C’est comme dans l’économie, pour avoir de l’argent on est prêt à tout.
Aujourd’hui, nous ne savons pas plus où va nous mener la « guerre au Mali » et le « mariage pour tous » ? L’évangile ne demande jamais de condamner. Mais il demande toujours d’ouvrir à l’espérance. Cette ouverture n’a rien de magique, elle est le résultat d’un travail, d’une décision, d’un effort partagé. Il importe d’entendre les raisons des uns et des autres. Le débat est toujours nécessaire, mais il ne suffit pas de donner la parole aux plus forts pour imposer une loi. A ce sujet, Isaïe invite à se retrouver au désert, à prendre du recul pour être en capacité d’accueillir Dieu et son projet sur l’humanité. Accueillir Dieu dans sa réflexion, dans les choix de sa vie, c’est tout autre chose que de parler en son nom. Et si aujourd’hui, la société exclut Dieu des débats, c’est à cause de tous ceux qui utilisent Dieu pour arriver à leur fin et asseoir leur autorité.
Sachons nous rendre disponibles à la Parole de Dieu. Elle peut nous éclairer sans dicter les choix à faire. C’est pourquoi, toutes les eucharisties, les rencontres, les débats, les temps de prières pour l’unité des chrétiens sont autant d’occasions pour nous préparer à la joie des noces éternelles.