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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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2° Dimanche de l'Avent "C" 6 Décembre 2009

2e dimanche de l'Avent « C » – 6 Décembre 09

 

1ère lecture : Livre de Baruc 5,1-9

2ème lecture :St Paul aux Philippiens 1,4-6.8-11

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3, 1-6

 

L'an quinze du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d'Iturée et de Traconitide, Lysanias prince d'Abilène,  les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.

Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe :

A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies; et tout homme verra le salut de Dieu.

 

En relisant l'évangile d'aujourd'hui, je me disais: « Le monde n'a pas tellement changé, le cœur de l'homme est toujours aussi replié sur lui-même. » Le monde de l'an 28-29 de notre ère semble apparemment en ordre. Tous les grands personnages politiques et religieux sont à leur poste, accrochés à leur pouvoir et à leurs intérêts - Tibère, Ponce-Pilate, Hérode, Philippe, Anne et Caïphe. Ils sont isolés dans leur palais, à l'abri des cris « des mal foutus ». Un monde en équilibre grâce à plein de compromissions et en même temps traversé par toutes sortes d'injustices. Pas de place pour la femme. Les hommes occupent tout l'espace. Le pouvoir se concentre entre les mains de quelques privilégiés, le petit peuple, lui, est écrasé comme du bétail. Les intérêts économiques et politiques seuls comptent. On ne vit que pour exercer le pouvoir, non pour bâtir ensemble un projet de société. Un monde imperméable. Le monde de toujours et d'aujourd'hui. Ça n'a pas tellement changé, on va même plus loin en administrant le monde de la santé, de l'éducation, des services publics à la manière des grandes entreprises qui n’ont comme but que ce qui rapporte de l‘argent. Tout ce qui est humain, tout ce que la société voulait assurer comme équilibre de vie à chaque  citoyen est devenu quantité négligeable voire méprisable.

Cependant, il y a un mais... La Parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie. Aujourd'hui, elle est adressée à chacune et chacun d'entre nous dans notre quotidien. Dans le désert, pas dans les cocktails, pas dans les vernissages, pas dans les bals, pas dans les capitales, pas dans les officines du pouvoir, pas au grand monde, mais dans la place laissée libre à tout vent.  Dans le désert, dans le silence, là on peut entendre une autre voix que celle de l’autorité, là où l’impensable est possible. Dans ce monde où on étouffe, il y a toujours une espérance de salut offerte, et l’Evangile, la Bonne Nouvelle en est une qui mérite toute notre attention : « A travers le désert, une voix crie : préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. » C’est en retroussant nos manches pour permettre la fraternité que chacun peut vivre de l’amour de Dieu. Quand le prophète Isaïe parle du chemin du Seigneur, il parle de la venue de l’Amour de Dieu au milieu de son peuple.

La Bonne Nouvelle nous vient de Jean Baptiste, un homme qui n'a pas été récupéré par le pouvoir, il est comme une fleur du désert, un trublion des puissants de l’époque. Il nous révèle que le monde est comme un grand chantier  où chacun doit s’engager. Un chantier qui commence chez-moi,  par l'accueil de mes semblables.  Jean parcourt le pays, il fait du porte à porte, du cœur à cœur, il casse les murs, il crée un monde de fraternité. Oui Jean Baptiste invite à la conversion des cœurs et des mentalités.

Ce baptême proclamé par Jean, comme le baptême de tous les chrétiens est un engagement à mettre l’Amour de Dieu en valeur. Cet Amour est à l’œuvre au milieu de son peuple, encore faut-il le reconnaître.

Osons poser un regard de confiance sur le monde, sur les autres, sur nous-mêmes. Changeons notre regard pour déceler en chacun un reflet de la beauté de Dieu. Tous les  regards de mépris n’ont pas droit de citer pour cet amour.

Les échos suscités par le vote Suisse contre les Minarets ont réveillé chez beaucoup des réflexes de peur et de haine qui faussent les relations à l’égard de l’Islam. Le Minaret est une œuvre architecturale que de nombreux touristes visitent. Par contre, les « rognes » sont  ravivées en permanence par l’actualité. Le port du voile et de la burka marque une différence de coutumes et creuse un fossé de méfiance. Les méfaits de quelques jeunes délinquants dans nos quartiers entraînent à généraliser la culpabilité de la jeunesse musulmane, alors qu’ils ont besoin de travail, de confiance, de respect comme tous nos jeunes. Pour s’en rendre compte, il suffit de repenser à toutes les blagues qu’on reçoit et qu’on diffuse, soi-disant pour rire, et avec ça, on remet en cause la fraternité. En effet il est plus facile de réveiller la méfiance et le mépris que de favoriser la compréhension et le vivre ensemble. Laissons-nous désarmer pour accueillir toute personne dans le respect, la gratuité,  et la confiance.

Osons mettre au sommet de notre échelle de valeur la dignité  de chaque personne créée à l'image de Dieu, appelée à lui ressembler. En Jésus, né à Bethléem un jour de notre histoire, Dieu s'est livré à nous dans la confiance la plus totale. Son amour a pris le visage d'un petit enfant désarmé pour nous ouvrir un nouveau chemin de confiance.

Osons suivre Jésus, petit enfant sans défense, qui nous a ouvert un chemin  d'amitié humblement offert  à toutes les bonnes volontés. Tous ceux qui s’investissent pour donner aux enfants démunis les moyens d’exister et de grandir connaissent quelque chose de la gratuité de l’amour de Dieu.  Le 20 novembre 2009, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), le traité international le plus ratifié au monde, vient de fêter ses 20 années d’existence. Nous pouvons nous en réjouir, sans oublier tout ce qui reste à faire pour connaître et faire connaître les droits des enfants. Osons croire que nous pouvons tous ensemble faire un bout de chemin vers ce royaume de Dieu.

La Parole de Dieu m'est toujours adressée et elle me vient à travers les cris de ceux et celles qui attendent d'être écoutés, qui ont besoin d'être écoutés et soutenus. Est-ce que je sais encore accueillir cette Parole dans les réalités d’aujourd’hui? Il faut  aplanir la route, combler les ravins... Tout est toujours possible. Mais, il y a un mais... Si tu veux... si je veux...

 

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