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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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16° Dimanche du Tps Ord "B" 22 07 12

 

16° Dimanche du Tps Ord « B » 22 Juillet 12

Première Lecture : Jérémie 23 1–6

Deuxième Lecture : Éphésiens 2 13–18

Évangile  de Jésus Christ selon St Marc 6 30–34

 

 

Les apôtres se retrouvèrent autour de Jésus et lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné. Il leur dit : “Venez donc à l’écart dans un lieu désert, vous vous reposerez un peu.” Car les gens allaient et venaient en si grand nombre qu’on n’avait même pas un instant pour manger. Ils partent donc en barque pour s’isoler dans un lieu désert, mais on les voit partir et beaucoup comprennent ; de toutes les villes des gens accourent à pied et arrivent avant eux.  Lorsque Jésus débarque, il voit beaucoup de monde et il se sent plein de compassion pour ces gens, car ils font penser à des brebis sans berger. Et il se met à les instruire longuement.

           

Autour du 14 juillet, sur les routes de France, on a compté jusqu’à 320 km de bouchons. C’est dire l’importance des déplacements de nos concitoyens. Chacun a ses motivations : vacances, soif de soleil, mer et montagne, besoin de retrouver des amis, ou tout simplement de faire le « vide » après une année de stress.

A l’époque de Jésus, selon l’évangile de ce jour, il y avait déjà beaucoup de monde qui circulait. D’une part, les disciples envoyés par Jésus viennent rendre compte de leur mission. A eux s’ajoutent tous ceux qui l’ont déjà vu et entendu et d’autres qui sont curieux de le connaître.

Aux premiers, les disciples, heureux de rendre compte de leur expérience, Jésus leur propose « venez à l’écart, dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. »  Et à la grande foule, « il fut saisi de pitié envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement. »

 

Comme au temps de Jésus les attentes du peuple sont bien réelles ; elles le sont encore aujourd’hui. Vous savez très bien que, chez la plupart des chrétiens et en particulier chez nos enfants, une apparente indifférence spirituelle et religieuse cache une faim et soif de vérité. Ils ont faim de quoi, nos enfants ? De chips, de coca, de Game boys et de Nintendo ? Ou de nourriture spirituelle solide ? Vous-mêmes, tout remplis d’un grand désir de leur donner autre chose que de la camelote, vous découvrez peut-être qu’un certain désarroi vous habite « Qu’allons-nous leur donner ? » en vous demandant aussitôt si c’est normal qu’il en soit ainsi.

 

 Chacun peut avoir  le cœur desséché par l’épreuve, les injustices ou les échecs en tout genre. A partir des épreuves concrètes de la vie, chacun peut arriver à douter de l’existence et de l’amour de Dieu. Trop souvent les désirs les plus profonds sont cachés sous une multitude de besoins artificiels. En même temps, la soif authentique: d’aimer et d’être aimé, de même que la soif de justice et de vérité qui traversent le cœur de chacun, sont  submergées et noyées dans la marée des sollicitations quotidiennes. La seule façon d’en sortir, c’est de quitter ses dépendances, pour être acteur de son existence. C’est prendre sa vie en main. C’est devenir artisan de son avenir, de son propre bonheur.

C’est trop facile de lancer l’affirmation gratuite que Dieu nous aime et que son Royaume est à notre portée. Ce qui est demandé à chacun, c’est de pouvoir faire comprendre en quoi nous voyons Dieu présent et aimant. C’est révéler, c’est toucher du doigt quelque chose de Dieu qui est  discret et bien présent au cœur de notre existence.

Ainsi, devant les images catastrophiques venant du Japon et de Chine on voit  la boue qui  emporte tout sur son passage. Le sentiment de fatalité est si grand qu’on ne voit que l’impuissance. De même, devant les annonces massives  de fermetures d’entreprises et de licenciements, le sentiment d’impuissance prend le dessus et chacun essaie de se rassurer quand il n’est pas directement concerné. Dans toutes les catastrophes qui nous touchent, il y a bien sûr des choses que nous ne maîtrisons pas. Ca fait parti de nos limites. Mais le malheur, c’est de s’enfermer dans le fatalisme au point de ne plus voir ce qui se fait de positif et ce qui permettrait d’espérer. Si on se laisse prendre et enfermer par ces réactions primaires, on ne fait que rajouter la fatalité à la misère.

 

Alors Jésus,  dans l’évangile de ce jour, ne laisse rien au  hasard. Il s’adresse aux foules pour les « instruire longuement ». Et il emmène ses disciples « à l’écart pour se reposer. »

Ce dimanche, nous avons quitté nos occupations pour nous mettre à l’écoute de l’enseignement de Jésus et pour l’incarner dans notre existence concrète.

Nous voici interpellés, car il nous faut chaque jour discerner entre les urgences et l’important. Les urgences ? Pas besoin de courir après : elles se pressent au portillon de notre quotidien, entraînant derrière elles le danger omniprésent de dispersion et son cortège de stress en tout genre. Or, plus une vie est donnée et tournée vers les autres, plus les temps de « recueillement » sont indispensables pour mieux déceler et transmettre ce que nous avons découvert de la présence de Dieu.

 

           

 

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