Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires
6e dimanche de Pâques 06 05 18
1ère Lecture : Actes des Apôtres 10,25-26.34.44-48
2ème Lecture : 1ère lettre de St Jean 4,7-10
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 9-17
« En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »
Aujourd’hui, l’Eglise nous propose, d’entendre et de méditer le cœur de l’Evangile, qui est une Bonne Nouvelle par excellence. En effet, il s’agit du testament de Jésus, livré quand il passe de ce monde à son Père : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Pour nous, le mot : héritage se réduit trop souvent à un compte en banque et à des propriétés. Le testament de Jésus, comme tout testament n’est pas qu’une affaire de biens matériels ou financiers.
Pour comprendre l’évangile, il faut partir de nos expériences concrètes. Chaque personne est impliquée dans de multiples lieux de vie. Et dans chaque lieu de vie, il est essentiel d’améliorer ce qu’on vit avec les autres. Que ce soit dans la famille, les associations, les entreprises, les partis politiques, les loisirs, la maladie, la fin de vie….. L’héritage laissé par les anciens doit permettre et favoriser un mieux vivre ensemble. L’héritage ne se réduit pas à un objet ou à de l’argent, mais c’est toute une façon de se conduire à l’égard des autres et de la société, qu’il faut revoir et adapter. Dans le domaine social, nous pouvons être scandalisés, en voyant des entreprises très rentables qui déménagent. Mais que deviennent les travailleurs qui ont permis son développement et qui se trouvent licenciés ? Il en va de même pour les associations, les organisations syndicales et politiques qui sont créées pour favoriser la vie ensemble et le respect mutuel. Ce n’est pas une personne qui est propriétaire, car c’est le résultat d’un travail collectif, où chacun doit apporter et recevoir ce qui donne du goût à la vie.
Le progrès n’est pas d’accumuler plus de biens matériels, mais d’en faire un bon usage. Se mettre ensemble, doit permettre de prendre du recul, de porter une réflexion plus large sur les choses, sur les événements, sur l’histoire. Ce travail collectif a pour but de mieux comprendre ce qui se passe et mieux découvrir ce qui est possible et jusqu’où on peut aller. Jésus nous met sur ce chemin en disant : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître. »
Dans ce passage d’évangile, Jésus nous donne la clé, le repère pour bien vivre ensemble et pour bien conduire sa vie : « Mon commandement, le voici, Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » L'Évangile dit que l'amour est le fondement de notre vie, et on ne peut pas simplement en rester aux émotions ou aux paroles. Il faut des actes qui témoignent en vérité. Qui d’entre nous n’aspire pas à « Aimer et à être Aimé » ? L'amour durable et fidèle de Dieu à notre égard, nous invite à construire notre relation avec Lui et avec les autres dans la même perspective. L’amour a besoin de s’appuyer sur la durée, pour engager la confiance réciproque. La confiance réciproque s’enrichit par l’échange, la confrontation, l’expérience, la joie partagée et le pardon. Ce n’est pas une lubie passagère, mais une confiance qui grandit et s’enrichit. Ce n’est pas un souhait ou un vœu pieux, mais un engagement, une volonté qui se concrétise dans les actes de la vie de tous les jours. « Je vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. » Tel est l’héritage que Jésus nous confie aujourd’hui.
La semaine passée, on nous a annoncé la rencontre des présidents de la Corée du Nord et de la Corée du Sud. Ces deux pays sont en guerre depuis plus de 60 ans. Les commentaires voudraient y croire, mais ça paraît impossible, comme la résurrection de Jésus paraissait impossible pour ses proches. Nous sommes tous marqués par les catastrophes liées aux guerres et nous en espérons la fin. N’est-ce pas l’origine de l’Union Européenne ? Sans être des naïfs, on cherche ce qui est possible et en même temps on se rend compte de toutes les limites liées à notre fragilité. Les puissants de ce monde font tout pour cacher leur faiblesse, mais ne sommes-nous pas aussi, gênés par nos petits côtés. L’avenir est entre nos mains, et Jésus qui part vers son Père, invite chacun à bien utiliser ce qui est à sa portée.
Les fêtes de Pâques et les fêtes civils, nous indiquent une direction à prendre, pour le temps qui vient. C’est à nous maintenant, de gérer ce noble et riche patrimoine.