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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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28° Dimanche du Tps Ord "B" 11 10 15

28e Dimanche du Tps Ord « B » 14 10 12

Première Lecture : Sagesse 7 7–11

Deuxième Lecture : Hébreux 4 12–13

Évangile de Jésus Christ selon St Marc 10 17–30

Comme Jésus se mettait en route, un homme courut au-devant de lui ; il tomba à genoux devant lui et l’interrogea : “Bon maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ?” Jésus lui répondit : “Pourquoi m’appelles-tu : ‘bon’ ? Dieu seul est bon, nul autre que lui. Tu connais les commandements : Ne tue pas, ne commets pas l’adultère, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, ne prends rien à autrui, respecte ton père et ta mère…” L’autre déclara : “Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse.” Alors Jésus le fixa du regard et l’aima ; il lui dit : “Une seule chose te manque. Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres, tu auras ainsi un trésor dans le ciel ; puis reviens et suis-moi.” L’homme fut très heurté par cette parole car il avait de grands biens ; il s’éloigna fort triste. Alors Jésus jeta un regard sur ses disciples autour de lui ; il déclara : “Comme il est difficile à ceux qui ont de l’argent d’entrer dans le Royaume de Dieu.” En entendant ces paroles, les disciples furent déconcertés ; mais de nouveau Jésus leur dit : “Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le Royaume de Dieu. Il est plus facile pour un chameau de passer par le trou d’une aiguille, que pour un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu.” Les disciples étaient complètement déroutés et se demandaient les uns aux autres : “Qui donc sera sauvé ?” Jésus les fixa du regard et leur dit : “Pour les hommes, c’est impossible, mais non pour Dieu. Car pour Dieu tout est possible.” Pierre fit alors remarquer : “Nous, nous avons tout laissé pour te suivre.” Jésus répondit : “En vérité, je vous le dis : personne ne laissera maison, frères et sœurs, mère, père ou enfants, ou champs, à cause de moi et de l’Évangile, sans recevoir cent fois plus dès à présent en ce monde, en maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, même avec les persécutions ; et dans le monde à venir il aura la vie éternelle. (Bible des Peuples)

L’évangile nous montre Jésus en présence d’un jeune homme de son temps qui se préoccupe de son avenir. Il ressemble beaucoup à nos jeunes, qui sont généreux et qui cherchent à se conduire le mieux possible. Comme celui de l’évangile, nos jeunes manquent aussi de repères. Comment se fait-il, que ce jeune homme qui connaissait les commandements, qui les a observés depuis sa jeunesse, et à qui tout semble réussir, s’aperçoit d’un grand vide ? Pourquoi ces échecs malgré le respect des commandements ? Aujourd’hui nos jeunes, qui travaillent pour avoir des diplômes, pour acquérir une situation professionnelle bien rémunérée, à qui on fait miroiter une réussite assurée, ne sont-ils pas dans une situation semblable et pleine de promesses ? Mais en réalité, que de dégâts et de déchets, que d’espérance déçue. Devant de telles situations, pourquoi s’étonner de leur désarroi et de toutes les dérives qui en découlent ? Je pense à des couples, qui ont bien réussi financièrement, mais qui se retrouvent dans une impasse. Il n’y a plus de place, dans le couple, pour l’estime, la confiance, la tendresse, le partage. Tout est dirigé sur le travail au point qu’un mari dit : ma femme est mariée avec son boulot. Pourtant il ne s’est pas marié pour en arriver là !

Ces situations que nous rencontrons tous, nous invitent à regarder de plus près le travail du synode sur la famille, qui se tient actuellement à Rome. A l’ouverture de ce synode, le Pape François a appelé à « défendre l’indissolubilité du lien conjugal », mais aussi à « soigner les couples blessés ». « Une Église qui enseigne et défend les valeurs fondamentales » et en même temps qui n’oublie pas « sa mission de bon samaritain de l’humanité blessée ». Le Pape a signifié aux Pères Synodaux qu’il ne faut pas choisir entre l’une ou l’autre mission, les deux sont nécessaires. C’est plus facile de juger et de condamner, sans s’impliquer, alors que l’évangile nous demande de faire grandir la compréhension, le respect, le soutient et le pardon. Chrétiens n'avons-nous pas à inventer, à proclamer une parole d'espérance et créatrice ? Ainsi, on rappelle que rien n’est fatal, et que chacun, là où il vit, conscient ou manipulé, engage quelque chose de l’avenir selon ses priorités.

Revenons un instant au jeune homme riche de l'évangile: c'est quelqu'un de fort sympathique. Jésus le regarde et se mit à aimer sa droiture et sa franchise. Pourtant, il refuse de suivre le Christ. Là où il va s'arrêter, en quelque sorte, se casser les reins, c'est sur sa vie économique, sur ses responsabilités professionnelles, sur sa fortune. Il refuse que le Christ intervienne dans ses responsabilités de décideur. C'est en quelque sorte un domaine réservé - un secteur intouchable et tabou. Ou comme on dit aujourd’hui trop facilement : « l’Eglise n’a pas à se mêler de mes affaires. » Jésus ne demande pas à ce jeune homme de décider à sa place, mais de se laisser interpeller par le Royaume de Dieu présent dans ses affaires et dans toute la vie. Quand on est appelé à prendre une décision, il importe de tenir compte de l’ensemble des concernés. Le principal rôle de toutes les organisations, c’est de tout mettre en œuvre pour trouver les solutions les plus adaptées aux questions posées. Dans le conflit d’Air France, les médias nous montrent tout ce qui peut être spectaculaire et scandaleux. Au lieu d’aider à réfléchir pour comprendre, on cherche les coupables qui peuvent servir de bouc émissaire. N’est-ce pas la source de nombreuses violences dans nos milieux de vie, sur la route, dans les manifestations, chez les extrémistes et les nouvelles formes de guerre qui ne disent pas leur nom ?

Or, l'Évangile est un chemin de bonheur, une direction de vie. Il n'est surtout pas un ensemble de lois ou d'obligations, c’est un choix. C’est le Dieu de la proposition, qui respecte nos choix, et demande à chacun de se déterminer. Réfléchissons donc à notre manière de vivre avec les biens matériels et avec tout ce qui est à notre disposition. Allons-nous rester bloqués dans nos étroitesses et dans nos situations actuelles ? Ou au contraire, ouvrir notre cœur au Royaume des cieux qui est déjà au milieu de nous.

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