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22° Dimanche du Tps Ord « B » 30 08 15
Première Lecture : Deutéronome 4 1–8
Deuxième Lecture : St Jacques 1 17–27
Évangile de Jésus Christ selon St Marc 7 1–23
" Autour de lui s’étaient rassemblés les Pharisiens, ainsi que plusieurs maîtres de la Loi venus de Jérusalem. Ils virent que certains de ses disciples mangeaient le pain avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. Il faut savoir que les Pharisiens, et les Juifs en général, ne mangent pas sans s’être lavé les mains jusqu’au coude pour respecter la tradition des anciens. Lorsqu’ils reviennent des lieux publics, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et il y a encore bien d’autres coutumes auxquelles ils sont attachés : purification des coupes, des pots et des cruches en bronze. Voici donc les Pharisiens et les maîtres de la Loi qui l’interrogent : “Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Tu vois qu’ils mangent le pain avec des mains impures.” Jésus leur répond : “Comédiens ! Isaïe a joliment bien parlé de vous quand il a écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Leur culte ne vaut rien et les préceptes qu’ils enseignent ne sont que des lois humaines. Vous négligez le commandement de Dieu pour maintenir les traditions humaines !” Jésus reprit : “Comme vous savez rejeter le commandement de Dieu pour ne pas lâcher votre propre tradition ! Voyez, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère, et encore : Celui qui maudit père ou mère sera mis à mort. Mais selon vous, quelqu’un peut dire à ses père et mère : “J’ai déclaré qorban, c’est-à-dire consacré à Dieu, ce que tu pouvais attendre de moi”. Et dans ce cas vous ne le laissez plus aider son père ou sa mère. Ainsi vous annulez la parole de Dieu au profit d’une tradition que vous vous transmettez. Et que de choses semblables dans vos pratiques !” De nouveau Jésus appelle son monde. Il leur dit : “Écoutez et tâchez de comprendre. Tout ce qui est extérieur à l’homme ne peut pas le rendre impur ; ce qui le rend impur, c’est ce qui est sorti de lui. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !” Lorsque Jésus a quitté la foule et rentre à la maison, les disciples l’interrogent sur cette sentence. Il leur dit : “Vous aussi, vous êtes bouchés à ce point ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui du dehors entre dans l’homme ne peut le rendre impur ? Cela ne va pas au cœur, mais au ventre, et finit sur le fumier.” Donc, pour Jésus, tous les aliments devenaient purs. Et il continuait : “Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car du cœur sortent les réflexions malveillantes, les prostitutions, les vols, les assassinats, les adultères, la soif d’argent, les méchancetés, les perfidies, la débauche, l’envie, les blasphèmes, l’orgueil et la démesure. Toutes ces choses mauvaises viennent du dedans et rendent l’homme impur." (Bible des Peuples)
Une fois de plus, Jésus est sévèrement agressé par les notables religieux. « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? » Mais qui sont-ils donc ceux qui l’accusent avec autant de véhémence et d’insistance ? Ce sont des notables bien installés dans leurs privilèges. Leur souci n’est pas d’abord le rite religieux ni la santé public, mais ils veulent asseoir leur autorité. Ils sont prêts à dénigrer les contestataires. Ils accusent Jésus de laxisme. C’est une façon de le déconsidérer et de le dénigrer aux yeux de tous ceux et celles qui ont mis leur confiance en lui. N’est-ce pas toujours vrai aujourd’hui dans l’Eglise et dans la Société ?
Ceux qui aujourd’hui dénigrent le Pape François, l’accusent de désacraliser la fonction papale. Ce qui les gêne, c’est qu’il se met à la portée de tout le monde et cette attitude inspire la confiance. Avant de faire des remontrances aux uns et aux autres, il essaie d’être cohérent et d’en vivre lui-même. Comme le dit l’évangile : « il met sa vie aux services des plus démunis…il se fait l’avocat de ceux qui ne savent plus se défendre. » Le comportement habituel du Pape François déstabilise ceux qui se prennent pour les « princes de l’Eglise » et tant d’autres qui veulent surtout que rien ne change. Or, la vie est en perpétuelle construction et transformation. Nous avons été surpris quand le Pape François a énuméré les quinze « maladies » qui affectent les plus hautes autorités de l’Eglise. Et en même temps, nous avons pu apprécier quand le Pape François proclame les dix commandements qui mènent au bonheur.
Il en est de même dans notre société où les choses les plus importantes sont souvent cachées derrière les apparences. Par exemple, quand on nous présente des images et des vidéos de Merah le criminel de Toulouse ainsi que Ayoub le tueur du Thalys, pourquoi, c’est toujours avec des sourires de vainqueurs ? Qu’est-ce que les journalistes cherchent en les présentant ainsi ? Alors que ces tueurs sèment la haine et la peur. Par contre, les personnes qui ont pris le risque de les empêcher de nuire, montrent, tout à fait autre chose : ils s’impliquent pour éviter le carnage. En effet, ce n’est pas en subissant ou en regardant de loin qu’on améliore la situation. Les inventions les plus modernes et les plus sophistiquées ne servent à rien sans la sensibilité des êtres humains. Cela se vérifie dans tous les domaines.
Quand Jésus évoque les rites concernant la vaisselle, il met le doigt sur le ridicule qui se contente de la façade sans aller à l’essentiel. La plupart du temps, on met en valeur ce qui nous arrange au détriment de la vérité et des urgences. Dans de telles conditions, ce n’est pas étonnant que tant de choses tournent mal et restent bloquées. Il importe de regarder l’actualité avec ce regard. La question des migrants qui ne fait que s’aggraver, les attentats qui se multiplient, la violence et les crimes dans nos cités et nos familles, et tous les problèmes de santé, de travail et d’éducation méritent d’être regardés en étant cohérent, autrement dit, en s’impliquant, en retroussant les manches.
Jésus nous donne, dans l’évangile, une clé pour comprendre et pour agir. « Car du cœur sortent les réflexions malveillantes, les prostitutions, les vols, les assassinats, les adultères, la soif d’argent, les méchancetés, les perfidies, la débauche, l’envie, les blasphèmes, l’orgueil et la démesure. Toutes ces choses mauvaises viennent du dedans et rendent l’homme impur. » La Bonne Nouvelle nous engage à sortir de notre bourbier intérieur pour engager une conversion. Jésus nous invite à prendre le relais et à participer à la construction du Royaume de Dieu. Il s’agit de mettre en œuvre les béatitudes.
Dieu regarde avant tout ce qui se passe dans le cœur de l’homme, là où on ne peut pas tricher avec soi-même. C’est du dedans de chacun que sortent les pensées perverses. C’est sur ce point que chacun a besoin de réfléchir et de prier pour se mettre en accord avec Dieu. C’est très difficile d’être lucide sur soi-même, car nous sommes tous tentés de croire que Dieu veut ce qui nous fait plaisir, ce qui nous arrange. Par-là, nous fabriquons un Dieu à notre image, ce n’est pas le Dieu de Jésus Christ, mais celui des scribes et des pharisiens. Rencontrer le Dieu vivant, c’est décapant, c’est une remise en question permanente. C’est dépasser son horizon étroit pour accueillir l’Esprit de Celui qui fait vivre.
Prière Universelle.
- Faire semblant et faire bonne figure, ça facilite la reconnaissance et permet de mieux arriver à ses fins. Souvent c'est aussi de la tromperie qui sert à duper ceux qui n'ont pas les moyens de vérifier la droiture des intentions. Pour que tous les rites et les formules de politesse soient utilisés pour soutenir notre attention et notre estime des autres, prions le Seigneur.
- Le temps des vacances arrive à son terme et chacun se trouve devant une nouvelle page de vie à écrire. La chaleur de l'été, les rencontres, les débats publics, les informations et les lectures ont alimenté nos préoccupations. Pour que chacun ait le souci d'apporter sa part au bonheur et à l'équilibre de l'ensemble: prions le Seigneur.
- Pour notre Eglise et pour toutes les communautés de croyants. Que leur engagement respecte l'idéal de leur foi. Que tous les malades, exclus, minorités, prisonniers, isolés soient respectés et soutenus avec le respect du à des frères: prions le Seigneur