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14° Dimanche du Tps Ord "B" - 04 07 15

14° Dimanche du Tps Ord « B » – 4 Juillet 15

Première Lecture : Ézékiel 2 2–5

Deuxième Lecture : 2Corinthiens 12 7–10

Évangile de Jésus Christ selon St Marc 6 1–6

"Étant sorti de là, Jésus se dirigea vers son village natal et ses disciples le suivaient. Arrivé le jour du sabbat, Jésus se mit à enseigner dans la synagogue et de nombreux auditeurs en étaient stupéfaits : “D’où lui vient tout cela ?” disaient-ils. “Il a reçu là une étrange sagesse, et ce sont des miracles peu ordinaires qui tombent de ses mains ! Ce n’est pourtant que le charpentier, le fils de Marie ; c’est un frère de Jacques, de Joset, de Judas et de Simon. Et ses sœurs, ne sont-elles pas ici chez nous ?” Ils butaient donc et ne croyaient pas en lui. Jésus leur dit : “Le seul endroit où l’on ne reconnaît pas un prophète, c’est dans sa patrie, entre ses parents et dans sa famille !” Il ne peut faire là aucun miracle, si l’on néglige quelques malades qu’il guérit par une imposition de mains. Il s’étonnait de leur manque de foi."

Les lectures de ce dimanche ne sont pas spécialement réjouissantes. Chaque texte nous présente un prophète qui apparemment échoue dans sa mission. Les prophètes d’hier et d’aujourd’hui connaissent des moments difficiles. Ont-ils encore un écho dans nos cœurs, acceptons-nous d’entendre leurs cris ?

Commençons par regarder ce qu’est un prophète. Ce n’est pas quelqu’un qui prévoit, mais qui voit. Il ne prédit pas, mais il dit. Il dit ce qu’il voit. En général, ça embête tout le monde, car il voit plus grand et plus loin. D’une façon ou d’une autre, le prophète est toujours un dérangeur : il empêche qu’on s’installe égoïstement dans le « moi – je ». Il n’a pas de mandat officiel ; même à Jésus, certains personnages malveillants lui diront : « De quel droit parles-tu ainsi et fais-tu cela ? » Finalement, un prophète n’est bon que quand il est mort ; alors on peut lui jeter des fleurs, c’est une gloire posthume qui ne peut plus gêner. N’empêche, que grâce à eux on a fait des progrès et découvert des chemins d’avenir. L’histoire, d’hier et d’aujourd’hui, nous donne de multiples exemples. Ainsi les textes de ce jour nous relatent ce qui est arrivé à Ezéchiel, à Paul et à Jésus. C’est toujours vrai aujourd’hui, rappelons ce qui est arrivé au président Mandela, au pasteur Martin Luther King, à l’évêque Romero et à tant d’autres qui ont payé leur engagement au prix fort. Ils ont osé défendre la grandeur de l’Homme créé à l’image de Dieu. Ainsi aujourd’hui, des chrétiens, conscients de l’enjeu de la foi pour la vie quotidienne, craignent pour la vie du pape François, et qu’il soit éliminé. En effet, sa façon de s’impliquer dans la vie quotidienne dérange beaucoup d’habitudes et de choses qui allaient de soi. Sa première encyclique « Laudate, si » est prise au sérieux par des responsables, alors qu’en même temps, il est fortement critiqué parce qu’il remet en cause la course à l’argent. « De quoi se mêle-t-il ? »

Dans l’évangile de ce jour, en regardant de près la réaction des auditeurs de Nazareth, nous pouvons découvrir que nous sommes marqués par les mêmes limites. Nous enfermons très facilement les gens dans les services et les façons de faire que nous connaissons d’eux. D’où cette phrase de Jésus : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison. » Enfermer les personnes dans ce qu’on connaît d’eux, c’est les enfermer et les réduire à leur passé. C’est du mépris et le mépris est source de toutes les violences. Alors que chacun porte en soi des qualités à développer et à mettre au service des autres. Ainsi, mieux connaître, permet de mieux utiliser les choses et les moyens mis à notre disposition. Cela permet de créer du neuf et de se transformer. Mieux comprendre, doit rendre plus libre et capable de mieux aimer.

Depuis ce vendredi 26 juin, après les différents attentats qui ont coûté la vie de 38 touristes à Sousse et le crime odieux d’Hervé Cornara, on se rend compte que l’horreur n’a pas de limite. Il y a des criminels qui ne reculent devant rien. Devant tant d’horreurs, la société se trouve déstabilisée. Comment se fait-il que tous les jours on nous ramène des horreurs qui émeuvent les victimes et incitent la plupart à s’isoler et à se protéger ? En fait, c’est illusoire car les vraies causes sont liées au mépris de toute vie humaine comme au mépris de la nature. Si chacun ne s’occupe que de soi, c’est la pire des dégradations.

Chaque chrétien de par son baptême est institué comme prophète. Et le prophète doit alerter sur les dangers qui menacent nos communautés. C’est pour cela que les chrétiens doivent se retrouver pour réfléchir, partager ce qu’ils voient : les dangers mais aussi les perspectives.

Il n’est pas plus facile aujourd’hui qu’hier d’être vrai. Et on a autant de mal à reconnaître les signes de Jésus aujourd’hui, que ses compatriotes de Nazareth. Et pourtant, c’est la mission que Dieu confie à chaque baptisé. Chacun de nous est appelé et chacun doit donner sa réponse.

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