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32° Dimanche « A » - Dédicace de la Basilique du Latran – 09 11 14
Première Lecture : Ézékiel 47 1–2, 8–9, 12
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 3 9–17
Évangile de Jésus christ selon saint Jean : Jn 2, 13-22
La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem. Il rencontra dans le Temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes, et aussi les changeurs de monnaie assis à leurs comptoirs. Alors il se fit un fouet avec des cordes et il commença à les jeter tous hors du Temple avec leurs bœufs et leurs brebis. Il renversa les tables des changeurs et fit rouler leur argent par terre. Puis il dit aux vendeurs de colombes : “Enlevez-moi cela d’ici et ne faites pas de la Maison de mon Père une maison de commerce.” Ses disciples se rappelèrent les paroles de l’Écriture : “Un amour jaloux pour ta Maison me dévore.” Les Juifs répliquèrent : “De quel droit fais-tu cela, quel signe nous montres-tu ?” Alors Jésus répondit : “Détruisez ce Sanctuaire, et en trois jours je le relèverai.” Les Juifs lui dirent : “Voilà 46 ans qu’on travaille à ce sanctuaire, et toi, tu le relèverais en trois jours ?” Mais le sanctuaire dont Jésus parlait, c’était son propre corps. C’est pourquoi, lorsqu’il se releva d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à ce que Jésus avait dit. (Bible des Peuples)
Le 9 novembre de chaque année, la liturgie met en valeur la Consécration de la basilique S. Jean de Latran, qui est la cathédrale du Pape. Pendant les premiers siècles, les communautés chrétiennes se retrouvaient pour faire mémoire du repas pascal de Jésus dans les maisons privées et dans les catacombes. Et pourquoi ? Les chrétiens étaient persécutés par les notables Juifs et considérés comme des ennemis de l’Empire romain. Pourchassés, ils n’étaient pas attachés à un lieu précis et à des formes de liturgies. Ainsi, ils pouvaient circuler plus librement dans le bassin Méditerranéen et circuler sur les chemins du commerce de l’époque. En même temps, ils ont pu partager leur foi au Christ ressuscité.
Ce n’est qu’au 4ème siècle, que l’Empereur Constantin s’est converti, et a donné un statut public aux l’assemblées des chrétiens. Par l’Édit de Milan, il ordonna que cessent les persécutions envers les chrétiens. Pendant son règne, Constantin fit construire huit églises, quatre dans la ville de Rome et quatre dans les villages environnants. Constantin éleva celle du Latran, c’était la première église construite à Rome. Le Latran devint ainsi, la résidence officielle des Papes.
Revenons à l’enseignement de Jésus. Le passage de l’évangile de ce jour n’a rien de doucereux, de gentil, de complaisant. Jésus apparaît plein de fougue et de rogne, comme Moïse lorsqu’il descend du Sinaï, en voyant le peuple adorer le veau d’or. Jésus ne supporte pas qu’on ait fait du Temple un lieu où le commerce l’emporte sur le respect de Dieu et des personnes. Il s’insurge contre l’utilisation de Dieu pour justifier les trafics. Jésus n’a rien contre le commerce, il sait que chacun doit vivre. Mais le commerce doit rester un outil au service des hommes et non devenir le maître des combines.
La liturgie met l’accent sur deux points importants : le respect dû à la maison de Dieu et le caractère sacré de ceux et celles qui s’y réunissent. En effet le caractère sacré du lieu de célébration, ne vient pas des pierres, des briques et du mortier, mais des gens qui s’y réunissent. Nous sommes le temple de Dieu, dit Saint Paul. Mais avec l’usage, on réduit « l’Eglise » à un bâtiment. Or le mot « Eglise » signifie « Assemblée ». Il s’agit donc de mettre en valeur celui qui nous rassemble et qui nous donne la vie, et c’est, Dieu lui-même. Dans la 1ère lecture, le prophète Ézékiel rappelle que Dieu est source de vie. Cette source n’est pas extérieure à nous-mêmes : elle est en nous. N’oublions pas que la vie de Dieu circule dans nos veines. C’est donc en nous qu’il faut chercher, mais nous avons du mal à reconnaître cette source.
Traditionnellement, les chrétiens sont invités à se rassembler pour faire mémoire du Christ ressuscité. Les rassemblements dominicaux des chrétiens sont à l’image des familles qui se retrouvent autour de leur table. Ce sont des lieux essentiels d’écoute, de partage, d’apprentissage où on peut se laisser transformer les uns par les autres. A notre époque, les débats sur l’ouverture des magasins du dimanche mettent en valeur des réflexions contradictoires. Les uns pensent à la rentabilité des commerces, aux distractions, à l’évasion…. Alors que d’autres défendent la cohésion des communautés, des familles. De même, qu’il est nécessaire que les familles se retrouvent pour grandir ensemble, de même, il est essentiel que les chrétiens se laissent interpeller par l’évangile. Il importe de pouvoir vivre ensemble un temps de partage pour mieux se comprendre et apporter son soutien, sa réflexion à ceux qui en ont besoin.
Les chrétiens, comme un chacun, sont sollicités de la même façon que les autres. Ils peuvent se laisser tenter par la facilité et oublier l’originalité de leur foi. Si Dieu a créé l’Homme à son image, la première responsabilité de l’Homme, c’est être créateur en vue du Royaume de Dieu. Qui va se soucier de cette dimension humaine ? Le repos dominical est inscrit dans l’histoire religieuse depuis la Genèse. C’est un rythme équilibré qui permet de pouvoir travailler pour vivre et avoir du temps pour honorer Dieu et les Hommes.
Aujourd’hui, dans l’évangile, Jésus est présenté sous un aspect brutal, qui surprend. Mais pour lui, l’enjeu est trop important. Il s’agit de la vocation d’un chacun. Chacun est appelé à faire quelque chose de sa vie. Il importe donc, de ne pas se laisser distraire, détourner de ses vraies responsabilités.
Ensemble, nous formons l’Église, c’est aussi un refuge contre les peurs et les angoisses du monde. Chrétiens, en suivant l’enseignement de Jésus, nous formons un peuple d’amour dans un monde de violence et de cupidité. Pour tenir la route, il faut aussi prendre les moyens.