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2 Novembre 2014
1ère Lecture : Sagesse 2,1-4a
2ème Lecture : St Paul aux Romains8,14-17
Evangile de Jésus Christ selon St Luc 12,35-38.4O
Soyez prêts, la ceinture bouclée, avec vos lampes allumées ! Soyez comme des gens qui attendent leur maître : il va rentrer des noces et l’on s’apprête à lui ouvrir aussitôt qu’il sera là et frappera. Heureux ces serviteurs que le Seigneur à son retour trouvera éveillés ! En vérité, je vous le dis, c’est lui qui se mettra le tablier ; il les fera passer à table et les servira l’un après l’autre. Et s’il arrive tard le soir et qu’il les trouve ainsi, ou même passé minuit, heureux ces serviteurs ! De même soyez prêts, car le Fils de l’Homme vient à l’heure que vous ne savez pas.” (Bible des Peuples)
En cette période de l’automne, la nature se dépouille. Elle perd sa parure tout en donnant mille couleurs. Ainsi va la vie qui nous mène à ce que nous ne connaissons pas encore. C’est pourquoi, Jésus nous dit dans l’Evangile : « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées. » En d’autres termes, Jésus nous demande d’être des veilleurs qui ne se contentent pas de ce qu’ils apprécient aujourd’hui.
La fête de la Toussaint et la journée des défunts doivent nous aider à intégrer les séparations concrètes qui marquent notre existence. Nous pensons aujourd’hui à tous ceux qui souffrent de l’absence d’un être cher. On ne se remet jamais totalement de la mort d’un être cher, il reste toujours une blessure. Certains vont jusqu’au désespoir. Face à cette dure réalité qu’est la mort, Jésus nous invite à porter notre regard vers le créateur qui est son Père et notre Père à tous.
La Parole de Dieu, que nous venons d’entendre, nous est donnée avant tout pour retrouver une force intérieure dans notre acte de foi. Nous sommes créés pour la vie et non pour la mort. Et lorsque notre corps aura fini de lutter avec la vie, c’est à ce moment que se réalisera la promesse de Bonheur de Jésus: « Je viendrai vous chercher, et là où je serai, vous serez avec moi. » Chrétiens, c’est bien à cet acte de foi que nous sommes invités. La joie de Dieu, c’est de voir l’Homme vivant, l’Homme debout, l’Homme épanoui.
C’est pourquoi, nous ne pouvons accepter la destruction totale de l’être aimé. Que le corps puisse disparaître soit, mais tout ce riche potentiel de vécu dans la joie et la peine relève de l’essence même de notre existence sur terre. C’est légitime de douter et de se poser la question: y a-t-il vraiment quelque chose après cette vie ? En dehors d’une expérience intérieure, spirituelle par la prière, par l’Eucharistie et le souvenir partagé de leur passage au milieu de nous, il n’y a aucune autre manière d’entrer en contact avec nos défunts. Une fois le seuil franchi de l’éternité, il n’y a plus de retour possible. Soyons assez raisonnable pour nous contenter de ce que le Christ nous en dit de l’éternité, même s’il n’a fait que soulever un coin du voile. Jésus ne peut pas en dire plus, parce que nous sommes dans l’incapacité de comprendre et de dire les réalités de la vie de Dieu. Marqués par la matière et le temps, nous n’avons pas d’autres expériences pour décrire les réalités du Royaume de Dieu.
La 1ère certitude de la foi est la suivante: nos défunts sont des vivants, car c’est la mort : « Qu’il détruira pour toujours ». Quand nous parlons de nos défunts, ne disons plus, nous les avons aimés, mais nous les aimons!
La 2° certitude, c’est qu’une joie extraordinaire leur est réservée. Le bonheur qui nous attend, dit St Paul, est sans comparaison avec les douleurs du temps présent. Le ciel, c’est l’entrée solennelle dans la joie même de Dieu. Et ce bonheur est de voir Dieu comme il se voit. C’est aimer comme Dieu aime, sans limite. La joie de l’éternité, c’est de vibrer avec tous les élus, avec tous ceux de sa famille de la terre, dans la contemplation commune du plus grandiose des spectacles.
La 3° certitude est que nos défunts sont appelés à ressusciter dans leur corps. En nous basant sur les écrits de la résurrection du Christ et des différentes rencontres que le Christ ressuscité a eues avec ses apôtres, on constate que ce n’est plus le même corps. Ce corps ressuscité, spirituel comme dit St Paul, sera composé d’une matière nouvelle et nous reconnaîtrons en lui notre corps d’ici-bas.
Lorsque nous allons sur les tombes de nos disparus, ne nous contentons pas simplement d’une prière. Mais essayons de retrouver ce qui nous a permis de les apprécier, car c’est avec ça aussi qu’ils vivent pour toujours. L’évangile des béatitudes, à la Toussaint, nous donne des repères. Il importe maintenant de rester vigilant, de miser sur ce qui doit durer, à savoir l’Amour. Ne perdons pas notre temps dans l’illusoire. Investissons-nous dans les efforts de paix, de partage, de vérité... Vivons intelligemment, comme si nous devions paraître aujourd’hui devant Dieu. »