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4° Dimanche de Carême "A" - 30 03 14

4° Dimanche de CARÊME « A » 30 Mars 14

Première Lecture : 1Samuel 16 1, 6–7, 10–13

Deuxième Lecture : Éphésiens 5 8–14

Évangile de Jésus Christ selon St Jean 9 1–41

Comme Jésus passait, il vit un homme qui était aveugle de naissance. Ses disciples lui demandèrent : “Rabbi, qui a péché pour qu’il soit ainsi aveugle ? Est-ce lui ou ses parents ?” Jésus leur dit : “S’il est ainsi, ce n’est pas à cause d’un péché, de lui ou de ses parents, mais pour qu’une œuvre de Dieu, et très évidente, se fasse en lui. Aussi longtemps qu’il fait jour, nous devons faire les œuvres de celui qui m’a envoyé. Ensuite vient la nuit et l’on ne peut plus rien faire. Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.” Après avoir ainsi parlé, Jésus crache à terre et avec sa salive fait un peu de boue dont il enduit les yeux de l’aveugle. Puis il lui dit : “Va te laver à la piscine de Siloé (ce nom veut dire : l’Envoyé).” L’homme y va, se lave et repart : il voyait clair. Les voisins et ceux qui auparavant l’ont vu mendier s’étonnent : “Mais c’est bien celui qui s’installait ici pour mendier !” Les uns disent : “C’est lui”, et d’autres : “Non, c’est un autre qui lui ressemble.” Et lui leur dit : “C’est bien moi.” On lui demande : “Mais comment tes yeux se sont-ils ouverts ?” Il répond : “Celui qu’on appelle Jésus a fait de la boue et m’en a enduit les yeux, puis il m’a dit : Va te laver à Siloé. J’y suis allé et, aussitôt lavé, j’ai vu.” Ils lui disent : “Où est cet homme ?” Il répond : “Je ne sais pas.” On amène donc aux Pharisiens l’aveugle guéri. Mais voilà que c’était un sabbat, et Jésus avait fait de la boue et il lui avait enduit les yeux ! À leur tour les Pharisiens l’interrogent : “Comment as-tu retrouvé la vue ?” Il leur répond : “Il a mis de la boue sur mes yeux, je me suis lavé et je vois.” Quelques-uns des Pharisiens disent alors : “Cet homme-là n’est pas avec Dieu puisqu’il ne respecte pas le Sabbat.” Mais d’autres répondent : “Un homme pécheur peut-il faire de tels signes ?” Et ils sont divisés. Alors de nouveau on demande à l’aveugle : “Puisqu’il t’a ouvert les yeux, que penses-tu de lui ?” Et il répond : “C’est un prophète.” Les Juifs ne veulent pas croire qu’il voie après avoir été aveugle, tant qu’ils n’auront pas convoqué les parents du miraculé. Ils leur demandèrent : “C’est bien votre fils ? Et vous dites qu’il est né aveugle ? Et alors, pourquoi voit-il maintenant ?” Les parents répondirent : “Oui, c’est notre fils, et il est né aveugle. Mais comment voit-il maintenant, nous n’en savons rien ; et qui lui a ouvert les yeux, nous n’en savons rien. Interrogez-le, c’est un adulte, il expliquera lui-même son cas.” Ses parents firent cette réponse parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet les Juifs avaient déjà décidé d’exclure de la communauté tous ceux qui reconnaîtraient Jésus comme le Messie. Pour cette raison les parents dirent : “Demandez-lui, c’est un adulte.” On convoque donc une deuxième fois cet aveugle et on lui dit : “Dis toute la vérité. Nous savons que cet homme est un pécheur.” Il répond : “S’il est un pécheur, je n’en sais rien. Je ne sais qu’une chose : j’étais aveugle et maintenant je vois.” Ils lui disent : “Qu’est-ce qu’il t’a fait ? Comment t’a-t-il ouvert les yeux ?” Et lui répond : “Je vous l’ai déjà dit et vous ne voulez pas m’écouter. Qu’est-ce que vous voulez savoir de plus ? Peut-être voulez-vous devenir ses disciples ?” Aussitôt ils commencent à l’insulter : “Toi, tu es son disciple, mais nous, nous sommes les disciples de Moïse. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse, mais celui-là, nous ne savons pas d’où il sort.” Alors l’homme leur répond : “C’est vraiment étonnant ! Il m’a ouvert les yeux et vous ne savez pas d’où il vient ? Nous savons bien que Dieu n’écoute pas les pécheurs ; il écoute ceux qui respectent Dieu et qui font sa volonté. On n’a jamais entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle de naissance. Cet homme ne pourrait rien faire s’il ne venait pas de Dieu.” Les autres ripostèrent : “Tu n’es que péché depuis ta naissance, et tu veux nous faire la leçon ?” Et ils l’expulsèrent. Jésus apprit qu’on l’avait expulsé. Quand il le rencontra, il lui dit : “As-tu foi dans le Fils de l’Homme ?” Il répondit : “Qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ?” Jésus lui dit : “Tu le vois, c’est lui qui te parle.” L’homme déclara : “Je crois, Seigneur.” Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : “Je suis venu dans le monde pour une remise en cause : ceux qui ne voient pas verront, et ceux qui voient seront aveugles.” Quelques Pharisiens étaient là, et ils l’entendirent. Ils lui demandèrent : “Nous serions donc aveugles, nous aussi ?” Jésus leur répondit : “Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais vous dites que vous voyez, c’est la preuve de votre péché”. (Bible des Peuples)

L’aveugle de l’évangile, comme les sourds, les boiteux, les veuves et les orphelins étaient regardés comme une lourde charge à l’époque de Jésus. Plus de mille avant, il en était de même pour les petits, les derniers, comme le petit David de la première lecture, qu’on oublie derrière son troupeau. Malgré les recommandations de la bible et des prophètes, on reste toujours accroché à ce qui brille, à ce qui est rentable, à toutes les apparences de réussites. On est fasciné et trompé par l’immédiat. On prend pour vrai ce qui n’est qu’apparence. D’où l’importance de l’éducation et du temps pour apprendre à regarder la vraie valeur des choses et des personnes. Le temps du carême est précisément cette école que l’Eglise nous propose pour mieux utiliser nos moyens, notre intelligence, notre foi pour aller à l’essentiel : il s’agit de la découverte de l’Amour de Dieu. Ca nécessite inévitablement un dépassement. Jésus et l’Eglise invitent constamment à la conversion. Il nous faut déceler derrière les apparences, qui ne sont que superficielles, les signes qui nous révèle une réalité vitale. Jésus insiste à temps et à contre temps : « Le Royaume de Dieu est parmi vous. » A la Samaritaine, dans l’évangile de dimanche dernier, Jésus dit : « C’est maintenant que les vrais adorateurs adoreront le Père en Esprit et en Vérité. » Et dans l’évangile de ce jour, Jésus répond à l’aveugle, qui ne voit en lui qu’un guérisseur : « Quand il le rencontra, il lui dit : “As-tu foi dans le Fils de l’Homme ?” Il répondit : “Qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ?” Jésus lui dit : “Tu le vois, c’est lui qui te parle. »

Les yeux de Dieu ont d'autres critères que la beauté extérieure. « Dieu ne s’arrête pas à l’apparence, comme les hommes, car les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » N’est-ce pas important pour nous qui vivons en effet, dans une société de l'image. L'apparence fait loi, ce qui importe en premier, c'est l'extérieur, la surface, ou être à la mode. Bien plus, vous serez considérés en fonction de vos références, de vos titres, de vos relations, de votre compte en banque. Sans cela, vous ne méritez pas un regard, vous n'êtes rien et vous êtes mis à l'écart. Voilà ce que montrent nos mœurs et la publicité, qui envahissent nos murs et nos écrans. Notre société ne met en valeur que ce qui s’étale, séduit, attire et se vend bien.

Et Jésus de Nazareth était-il beau ? Nous n'en savons rien et cela n'a aucune importance. Ce que nous savons, c'est qu'il était attirant, il ne laissait personne indifférent. La beauté du Christ ne s’arrête pas aux traits du visage mais elle est parlante dans le geste qu'il accomplit et la parole qu’il prononce. Jésus a laissé des signes, des traces, des paraboles qui sont aussi pour nous des repères pour accueillir la richesse du monde que le Père a créé. La beauté de l'homme n'est pas dans son physique, mais dans ce qu'il permet et réalise. Le Christ était LUMIERE et venait inviter les hommes à vivre comme des fils de lumière. L'apôtre Paul nous dit: « Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts et le Christ t'illuminera ». Alors ta vie sera : bonté - justice et vérité. Ces 3 mots, méritent qu’on s’y arrête. En effet, dans le concret de notre existence, les moments de bonté sont limités. Il y a des jours où les circonstances nous rendent plus généreux et d’autres jours où on se ferme comme une huître. Combien d’injustices nous échappent par indifférence ou tout bonnement parce que ça nous gêne et on ne veut pas être dérangé ? Quand nous sommes confrontés au mensonge, et que nous préférons ne rien voir, quand nous sommes confrontés aux injustices et que nous en devenons complices, alors Jésus nous invite à prendre un chemin de guérison comme l’aveugle de l’évangile. A l’occasion de cette rencontre, Jésus ne s’arrête pas à la guérison, il lui fait découvrir qui il est : « Je suis la lumière du monde; celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres. Il aura la lumière de la vie. » Et encore: « Qui fait la vérité vient à la lumière ».

Dans le passage d’Evangile de ce jour, il y a l'admirable simplicité, la douce naïveté de celui qui était aveugle et qui ne l'est plus. Il voit plus loin qu'avec ses yeux tout neufs, ses beaux yeux qui viennent de s'ouvrir à la lumière du jour. Il voit que Jésus est un prophète. Et sur SA parole, il ouvre les yeux de son cœur à la confiance totale: « JE CROIS SEIGNEUR. »

Ce passage d’évangile décrit toutes les ambiguïtés de la vie concrète. La guérison de l’aveugle est entourée de trahison par les pharisiens et les notables qui cherchent à éliminer Jésus. La peur des parents de l’aveugle, la question des apôtres : « d’où vient le mal, qui a péché ? » Le CCFD-Terre Solitaire nous invite à reprendre ce texte d’évangile pour y découvrir les réalités en cherchant comment, aujourd’hui, je suis mêlé à la vie de notre temps. En quoi suis-je complice de ceux qui ne cherchent que leurs intérêts personnels ? Ou au contraire, en quoi suis-je défenseur de la bonté, de la justice et de la vérité mises en valeur dans l’évangile ?

En ce temps de carême, prions Jésus de nous donner sa lumière et des yeux neufs pour savoir discerner ce qui peut nous conduire à la bonté, à la justice et à la vérité. Ainsi nous serons plus à même de prendre notre place dans cette grande marche vers un royaume de paix, de justice et d’amour, chemin qui mène à la vie de Dieu.

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