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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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3° Dimanche de Carême "A" - 23 03 14

3° Dimanche de Carême « A » 23 03 14

Première Lecture : Exode 17 3–7

Deuxième Lecture : Romains 5 1–2, 5–8

Évangile de Jésus-Christ selon St Jean 4 5–42

Jésus arriva à une ville de Samarie appelée Sykar, tout près de la terre que Jacob a donnée à son fils Joseph. Et c’est là que se trouve le puits de Jacob. Jésus était fatigué de la marche et il s’assit auprès du puits. C’était l’heure de midi. Arrive une femme de Samarie pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : “Donne-moi à boire.” À ce moment ses disciples étaient partis à la ville pour acheter de quoi manger. La Samaritaine lui répondit : “Vous êtes Juif. Comment pouvez-vous demander à boire à une Samaritaine comme moi ?” (On sait que les Juifs ne veulent pas de rapports avec les Samaritains.) Jésus lui dit : “Si tu connaissais le don de Dieu et si tu savais qui te demande à boire, c’est toi qui lui aurais demandé cette eau qui fait vivre, et il te l’aurait donnée.” Elle lui dit : “Seigneur, vous n’avez pas de seau et le puits est profond. Où trouvez-vous cette eau vive ? Notre père Jacob nous a donné ce puits après y avoir bu lui-même avec ses fils et ses troupeaux ; êtes-vous plus grand que lui ?” Jésus lui dit : “Celui qui boit de cette eau aura encore soif, mais celui qui boit de l’eau que je lui donnerai ne connaîtra plus jamais la soif. L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source intarissable de vie éternelle.” La femme lui dit : “Seigneur, donnez-moi donc de cette eau ; je n’aurai plus soif et je n’aurai plus à venir en chercher ici.” Jésus répond : “Va, appelle ton mari et reviens.” Alors la femme lui dit : “Je n’ai pas de mari.” Jésus lui répond : “Tu dis que tu n’as pas de mari ? Comme c’est vrai ! Tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. Tu as dit vrai !” Alors la femme lui dit : “Seigneur, je vois que vous êtes un prophète. Dites-moi : nos pères ont toujours adoré sur cette montagne ; pourquoi donc dites-vous que Jérusalem est le Lieu où l’on doit adorer ?” Jésus lui dit : “Femme, crois-moi, l’heure vient où vous adorerez le Père. Et alors ce ne sera pas : “sur cette montagne” ou : “à Jérusalem”. Vous adorez sans avoir la connaissance, et nous, nous adorons et nous savons où, parce que le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Alors ils seront des adorateurs du Père comme lui-même les désire. Dieu est esprit ; quand on adore, il faut adorer en esprit et en vérité.” La femme alors lui dit : “Je sais que bientôt sera là le Messie (c’est-à-dire le Christ). Quand il sera là, il nous dira tout.” Jésus répond : “Je le suis, moi qui te parle.” À ce moment-là revinrent les disciples, et ils s’étonnaient de le voir parler avec une femme. Pourtant aucun d’entre eux n’osa lui demander : “Que cherches-tu ?” ou : “Pourquoi lui parles-tu ?” Quant à la femme, elle laissa là sa cruche et s’en alla à la ville en courant. Elle dit aux gens : “Venez voir quelqu’un qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! Et si c’était le Christ ?” Voici donc qu’ils sortent de la ville pour aller le trouver. Pendant ce temps les disciples lui disaient : “Maître, mange !” Il leur répondit : “La nourriture que je dois manger, vous ne la connaissez pas.” Alors ils se dirent les uns aux autres : “Peut-être quelqu’un lui a-t-il apporté à manger ?” Mais Jésus leur dit : “Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener à bien son œuvre. Vous avez dit, n’est-ce pas : Dans quatre mois ce sera la moisson. Alors je vous dis : Ouvrez les yeux et regardez les champs. Déjà ils blanchissent, et ce sera la moisson. Voici le moissonneur qui reçoit son salaire et amasse du grain pour la vie éternelle, et alors le semeur se réjouit avec le moissonneur. On a raison de dire que l’un sème et l’autre moissonne, car je vous ai envoyés moissonner là où vous n’aviez pas peiné. D’autres avaient peiné, et vous avez repris leur travail.” Dans cette ville beaucoup de Samaritains crurent à cause de la femme qui affirmait : “Il m’a dit tout ce que j’avais fait.” Quand les Samaritains étaient venus trouver Jésus, ils lui avaient demandé de s’arrêter chez eux, et il y resta deux jours. Il y en eut beaucoup plus qui crurent à cause de sa parole ; et ils disaient à la femme : “Maintenant nous croyons, non pas à cause de ce que tu as raconté, mais parce que nous l’avons écouté. Nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde.” (Bible des Peuples)

Nous sommes en présence d’une rencontre qui semblait inédite et même impossible. Les Samaritains et les Juifs étaient des frères ennemis. Depuis plus de 4 siècles avant Jésus-Christ, suite à une alliance indigne pour les Juifs, les descendants des Samaritains ont été bannis à jamais. Et en même temps, les Samaritains ne supportaient pas les Juifs qui les avaient exclus du peuple élu. Pourtant, ils avaient les mêmes racines humaines et religieuses. Nous connaissons actuellement des jugements tout faits sur des groupes qui sont méprisés d’avance et définitivement.

Jésus, l'homme qui est devant la Samaritaine, un Juif qui ne l'a pas méprisée, qui ne lui a pas parlé grossièrement, il lui a dit simplement : « Donne-moi à boire ». On ne demande pas un service à quelqu'un qu'on ne considère pas, à un ennemi, à un étranger, on lui paie ses services, c'est seulement à un ami qu'on peut dire : « Donne-moi à boire ». Jésus lui accorde du respect, de la tendresse, certainement plus que lui en ont donné ses cinq maris et celui qui est actuellement son compagnon. Jésus connaît sa vie, mais il ne la condamne pas, il l’accueille et lui permet de s’exprimer. Et voilà que le Juif et la Samaritaine se mettent à dépasser l’immédiat en partageant leurs convictions profondes. Jamais cette femme n'a été comprise, respectée et aimée de cette façon. L'eau vive que Jésus lui propose, la désaltère déjà quand Jésus répond à ses attentes. Elle laisse là sa cruche qui devient un objet secondaire, elle court vers son village annoncer la Bonne Nouvelle qu’elle vient de découvrir.

Comme la Samaritaine, chacun peut se retrouver dans des conditions de vie qu’il n’a pas choisies et qui sont d’autant plus lourdes à porter. A certains moments, on peut penser, comme elle, que Dieu est bien loin et même qu’il est absent. Que fait-il devant ma maladie, devant mon échec, devant cette épreuve qui vient de me tomber dessus, devant ma peine? Il ne fait rien, il ne peut rien faire, ce n'est pas lui qui porte la cruche. C'est moi qui l'ai en main et il me la laisse. Ca ne veut pas dire que Jésus s’en désintéresse, mais il ne veut rien faire sans nous. « L’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. » Ce qui veut dire, qu’il faut sortir de ses habitudes et de ses jugements tous faits. Dans l’évangile, Jésus insiste en disant : « Ce que vous avez fait aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Mais il y a chez nous d'autres besoins, d'autres soifs, des soifs beaucoup plus profondes : soif de sens à donner à ma vie, de paix intérieure, d'amour sans limite, de vie pleine, qui dure toujours. « Celui qui boira de l'eau que moi je lui donnerai n'aura plus jamais soif » nous dit Jésus. En nous rassemblant pour l’eucharistie, nous pouvons nous signer avec l’eau bénite qui rappelle le baptême. L'eau vive dont parle Jésus est précisément l'eau du baptême que nous avons reçue. Cette eau est signe d'une vie nouvelle que nous a apportée Jésus.

Bouleversée par ce contact, la Samaritaine oublie les contraintes immédiates, pour aller annoncer la Bonne Nouvelle qu’elle a découverte : Jésus, le Messie. Pourtant, cette femme tellement décriée par son entourage, surprend tout le monde par ses paroles, au point qu’elle les entraîne à la margelle du puits où se trouve Jésus. “Maintenant nous croyons, non pas à cause de ce que tu as raconté, mais parce que nous l’avons écouté. Nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde.” Dans cet esprit, je vous livre un extrait de la plaquette : « Vivre le Carême 2014 » proposé par le CCFD-Terre Solidaire : « Quand tu rencontres quelqu’un, ne commence pas par l’attirer sur TON terrain. Tu dois d’abord jouer en déplacement, tu dois rencontrer l’autre sur SON terrain. Cherche ce qui le fait vivre, ce dont il aime parler, ce qui le préoccupe, ce qui l’émerveille……Mais le partage c’est aussi recevoir. Croire que l’autre a quelque chose à m’apporter. Ce n’est pas nécessairement quelque chose de matériel, ce sera quelque chose qui me manque : un sourire, l’écoute, la gratuité, l’émerveillement, la solidarité, le respect de l’autre. » (Fraternité Charles de Foucault d’Afrique)

N’est-ce pas là une belle invitation à la conversion pour notre temps ? C’est à chacun de la mettre en pratique pour que Pâques soit un vrai passage à une vie nouvelle.

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