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8° Dimanche du Temps Ordinaire « A » 2 Mars 14
Première Lecture : Isaïe 49 14–15
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 4 1–5
Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu 6 24–34
“Personne ne peut servir bien deux maîtres ; il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il soignera le premier et se moquera de l’autre. Vous ne pouvez pas servir Dieu et le Dieu-Argent. C’est pourquoi je vous dis : ne vous tourmentez pas pour votre vie avec des questions de nourriture, ni pour votre corps avec des questions de vêtement. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas, ils n’ont pas de réserves ni de greniers, mais votre Père du Ciel les nourrit. Et vous alors ? Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, à force de s’inquiéter, pourra prolonger sa vie d’une seule coudée ? Et le vêtement, pourquoi vous en préoccuper ? Voyez comment sortent les lys des champs et instruisez-vous. Ils ne peinent pas, ils ne tissent pas, mais je vous dis que Salomon dans toute sa gloire n’était pas habillé comme l’un d’eux. Si Dieu habille ainsi la plante sauvage qui aujourd’hui se dresse mais demain sera jetée au four, ne fera-t-il pas beaucoup mieux pour vous ? Vous avez bien peu la foi ! Donc laissez là vos inquiétudes : Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? Comment nous habiller ? Laissez les païens courir après toutes ces choses, car votre Père du Ciel sait que tout cela vous est nécessaire. Cherchez d’abord son royaume et sa justice, et tout le reste vous sera donné en plus. Cessez de vous inquiéter pour demain et demain s’inquiétera pour lui-même : à chaque jour suffit sa peine.” (Bible des Peuples)
« Aucun homme ne peut servir deux maîtres à la fois : ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
Les images que nous avons pu regarder ces jours-ci, venant de l’Ukraine, ont pu nous émouvoir et nous inquiéter pour l’avenir. La plupart des manifestants étaient des paysans qui n’ont plus de quoi survivre. Après la fuite du président, ils ont été scandalisés par les richesses dans lesquelles il vivait. N’est-ce pas le même scandale vécu par les Tunisiens lors de la fuite de leur président. A chaque révolution, le peuple découvre que l’origine de sa misère vient de sa tête qui organise le racket et va même jusqu’à faire tirer à balles réelles sur son peuple. Le désespoir est tellement profond que les résistants ne peuvent plus abandonner. Pour eux, il s’agit de leur survie, et leur confiance est fortement entamée. Ils sont les jouets de toutes les spéculations. Ils n’ont pas d’autres choix que de résister contre tout, y compris les massacres.
Devant l’évidence de notre époque, il semblerait que Jésus prenne le parti contraire de ce qui se passe partout, à savoir que l’argent est devenu le maître du monde. La crise monétaire a durement marquée la vie du peuple. Il y a ceux qui ont perdu les moyens de se soigner, ceux qui n’arrivent plus à payer leur dette et sont mis à la rue. Cette crise est la conséquence d’un usage pervers de l’argent qui relève du trafic des monnaies. Conséquence : au lieu d’aider à vivre, l’argent devient source de misère ; au lieu de servir l’échange, il est devenu moyen d’écrasement et de domination. Contrairement à tous les opposants, Jésus n’a pas de mépris pour l’argent. L’argent et les comptes en banque sont des moyens nécessaires dans la société moderne et il n’est pas question de les condamner : comme tous les moyens, on peut en faire un bon et un mauvais usage. Comme le coureur cycliste, qui ne cherche que la performance, a le nez sur le guidon, il ne peut pas apprécier le paysage qu’il traverse. De même, ceux qui sont dans la course à l’argent ne peuvent pas apprécier en même temps la richesse de la vie. D’où la question de Jésus : Il faut choisir ce qu’on veut servir et il fait appel à notre liberté. Jésus ne s’impose pas, c’est à chacun de choisir. Le mal ne vient pas de l’argent, mais de la façon dont on s’en sert. Il suffit de regarder le fossé et la distance toujours plus énorme entre les riches et les pauvres. Donc, il faut condamner et empêcher le mauvais usage de l’argent.
Le CCFD-Terre Solidaire qui va s’adresser à nous pendant ce temps de carême, au nom de l’Eglise de France, dénonce les paradis fiscaux qui paralysent des sommes d’argent fabuleuses. Ce qui devrait permettre des investissements pour donner des moyens nouveaux à la santé, à la nourriture, au travail, à l’éducation est enlevé du circuit de sa vraie destination pour servir de « couche-molle » à quelques potentats qui ne rendent compte à personne.
Jésus nous invite sans cesse à avoir une grande liberté par rapport à l’argent qui ne reste qu’un moyen pour subvenir à tous nos besoins. En aucun cas, Jésus veut minimiser les préoccupations de tant de parents qui sont préoccupés « demain, qu’allons nous donner à manger à nos enfants ? » L’autonomie alimentaire est une question qui traverse le monde entier. Jésus veut mettre l’accent sur l’essentiel de toute vie humaine : « Aimer et être aimé ». Quand Jésus utilise des images parlantes : les oiseaux du ciel, les lys des champs, il nous invite à lui faire confiance. Pourquoi cette comparaison ? Si Dieu nous a donné deux bras et une intelligence, c’est pour nous inviter à les mettre au service de ce Royaume.
Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu. Il s’agit là de choses très concrètes : le Royaume, c’est-à-dire une transparence de Dieu dans notre vie. Sa justice, c’est-à-dire une mise en ordre sous son regard de tout ce que nous sommes et ce que nous faisons. Notre foi n’est pas là pour nous endormir, mais pour nous tenir éveillé à la Confiance et à l’Amour de Dieu. « A chaque jour suffit sa peine ». Tu peux compter sur Lui, car il t’aime !