Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires
2ème Dimanche du Temps Ordinaire « A » 19 01 14
Première Lecture : Isaïe 49 3, 5–6
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 1 1–3
Evangile de Jésus Christ selon St Jean 1 29-34
Le lendemain, Jean voit Jésus qui vient à lui et il dit : “Voici l’agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. Je parlais de lui lorsque j’ai dit : Après moi vient un homme qui déjà me dépasse, car bien avant moi il était. Je ne le connaissais pas, mais je suis venu avec le baptême d’eau pour qu’il puisse se manifester à Israël.” Jean fit cette déclaration : “J’ai vu l’Esprit qui descendait du ciel sur lui comme fait la colombe, et il est resté sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé pour baptiser avec de l’eau m’a dit : Celui sur qui tu verras que l’Esprit descend et reste, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint. Cela, je l’ai vu, et je peux déclarer que c’est lui le Fils de Dieu.”
Malgré nos bons vœux, souhaits et espérances, le passage d’une année à l’autre s’est fait en beaucoup d’endroits dans la violence et les larmes. Violences et incendies en plusieurs de nos villes, violences et meurtres en Centrafrique, en Syrie, au Mali, en Palestine….. Il y a de quoi désespérer : tant d’efforts et tant d’échecs ! Tant d’hommes qui espèrent et cherchent des chemins de paix et tant d’autres plus nombreux encore qui ne cherchent que leurs intérêts personnels, sans se soucier des dégâts à l’égard des autres et de la nature. Aujourd’hui, dans l’évangile, Jean Baptiste s’adresse à tous ceux qui sont en recherche d’un monde meilleur. C’est à souhaiter que nous soyons, aujourd’hui, de ces personnes en recherche. Il indique, à tous ceux qui l’écoutent, Celui qui peut les conduire à Dieu : « Voici l’agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde ». Il n’y a plus de doute à avoir, c’est bien lui Jésus, le messie annoncé, celui qui nous mène vers son Père. Notre baptême : au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit nous indique le chemin à prendre pour le rejoindre.
Ceux qui viennent vers Jean pour se faire baptiser sont des hommes qui ont pris conscience et du mal dans la société et du mal dans leur cœur. Aujourd’hui le mal, dans le monde et dans nos cœurs, se présente sous des formes toujours nouvelles. L’histoire et la vie changent constamment, elles sont en évolution permanente. Mais chacun voit surtout le mal qui l’écorche et qui le fait crier. En même temps, on ne sait pas voir le mal qui nous habite et par surcroît, on arrive toujours à justifier nos façons de faire. Jésus dénonçait cette façon de faire en disant : « Tu vois la paille dans l’œil de ton frère. Tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien. » En regardant l’actualité, les exemples ne manquent pas. On traite facilement de profiteurs tous ceux qui bénéficient de l’aide sociale, alors qu’ils viennent les mains vides. Par-dessus le marché, on généralise les défauts de quelques uns pour jeter le discrédit sur tous. D’autre part, on ne cherche pas à aller au fond des choses, on parle comme les médias, on veut surtout justifier ses positions personnelles. Les montages qui circulent le plus, par Internet, sont truqués. Ils veulent surtout prouver ce qui les arrange. C’est le contraire de la vérité. C’est le contraire de l’évangile. Ce qui paraissait surprenant, lors de l’élection du pape François, c’est qu’il demande à tous de prier pour lui, car il se reconnaît pécheur comme le commun des mortels. On a l’habitude d’idéaliser les personnalités en oubliant qu’elles sont traversées par les mêmes fragilités et les mêmes limites que chacun.
À ces hommes qui désirent et essayent de se sauver, Jésus vient révéler le don de Dieu. Cette révélation est capitale. Elle habille d’espérance l’avenir de l’humanité et justifie nos combats pour la justice. En effet, Jésus – se plaçant au milieu des pécheurs pour être baptisé – sera reconnu comme « l’Agneau de Dieu » qui enlève le péché du monde. Aucun signe ne le distingue et c’est à son humilité que Jean le reconnaît et le désigne. C’est bien lui qui enlève le péché de nos épaules pour le pardonner. Du haut de la croix il dira : « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». St Paul souligne à plusieurs reprises que : « C’est par grâce que vous êtes sauvés ». C’est le cadeau de Dieu. « L’amour a fait les premiers pas ».
Par notre baptême nous avons reçu le cadeau de Dieu. Par notre baptême nous savons que nous pouvons appeler le Père de Jésus : notre Père. Mais il ne suffit pas de dire : « Père », il faut vouloir que son règne vienne. Et pour ce faire, il faut nous bouger. Il ne suffit pas de dire : « Paix », mais désirer la paix et nous souvenir qu’elle ne peut se poser que là où elle trouve des enfants de paix. Ces enfants de paix sont « ceux qui ont faim et soif de justice ». Pour que l’humanité ne sombre pas dans la désespérance, il lui faut des témoins d’espérance. Le mot témoin vient du grec : martyr. Ce mot a pris le sens du témoin qui va jusqu’à donner sa vie pour témoigner de la vérité. Pour nous chrétiens, cette vérité, c’est la tendresse de Dieu. C’est la source de notre joie et de nos combats. Quoiqu’il arrive, nous pouvons compter sur Lui, quel bonheur !