Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires
4° Dimanche de l’Avent «A » 22 12 13
Première Lecture : Isaïe 7 10–16
Deuxième Lecture : Romains 1 1–7
Évangile de Jésus Christ selon St Matthieu 1 18–24
Voici quelle fut l’origine de Jésus, le Christ. Sa mère, Marie, avait été donnée en mariage à Joseph, mais avant qu’ils ne vivent ensemble, elle se trouva enceinte par une intervention de l’Esprit Saint. Joseph, son mari, pensa à la renvoyer. Mais c’était un homme droit et il voulait agir discrètement pour ne pas lui faire du tort. Comme il en était préoccupé, un ange du Seigneur vint se manifester à lui dans un rêve et lui dit : “Joseph, fils de David, n’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ton épouse. La voilà enceinte par l’intervention de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils et tu lui donneras le nom de Jésus ; car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.” Tout cela fut donc l’accomplissement de ce que le Seigneur avait dit par la bouche du prophète : Voici que la vierge est enceinte et met au monde un fils. On l’appellera Emmanuel, ce qui veut dire Dieu-avec-nous. Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange lui avait ordonné et il prit avec lui son épouse. (Bible des Peuples)
En célébrant Noël dans deux jours, les chrétiens sont invités à méditer sur l’engagement de Dieu à l’égard de sa création. Il a pris grand soin de l’Homme qu’il a créé à son image. Toute la bible relate comment les croyants ont reconnu les signes qui leur parlaient du Dieu présent à leur existence. Depuis l’Arc en ciel du déluge jusqu’à l’enfant de la crèche, les prophètes n’ont cessé de les inviter à relire, à repérer les signes d’un Dieu qui a beaucoup de tendresse pour l’humanité.
L’évangile d'aujourd'hui nous annonce une naissance merveilleuse, dans un contexte particulier. Pour mieux comprendre Noël, il nous faut partir de la Résurrection. C'était vrai pour les premiers chrétiens à qui l'évangéliste Matthieu écrit et c'est vrai pour nous aujourd’hui. C'est parce que Jésus de Nazareth est mort sur une croix et ressuscité par Dieu, que les premiers chrétiens ont compris que l’enfant de Bethléem n’était pas n'importe qui. Et cet enfant est passé par des contraintes matérielles et humaines : pauvreté, fuite en Egypte, incompréhensions y compris par ses parents, rejets par l’autorité et il a subi l’abomination de la mort sur une croix. Par sa résurrection, les premiers témoins ont été transformés. Jésus est devenu le garant de notre dignité d’enfant de Dieu. Nous sommes destinés à la résurrection comme Lui. A Noël, Dieu donne à toutes les naissances une dignité, une grandeur insoupçonnée en s’incarnant en notre chair.
Ce passage de l’évangile souligne l’interpellation de Dieu à Joseph : « Joseph, fils de David, n’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ton épouse. » Comme Joseph a été interpellé par Dieu, chaque être humain est interpellé et concerné par la naissance de Dieu en Jésus. Derrière ces quelques mots de l’ange à Joseph, il ne faut pas oublier le drame vécu par Joseph. Dans le contexte de l’époque, Marie a vécu un drame semblable à l’annonciation. Dieu, tout en respectant les gens et la nature, les invite à un dépassement, à une transformation imprévisible, tellement nouvelle. On l’appelle le Royaume de Dieu. Se mettre au service de ce Royaume ne va pas de soi. Pourquoi Joseph, Marie et chaque être humain a-t-il tant de mal à répondre à l’amour de Dieu ? Tellement enfermé dans nos façons de faire, marqué par l’ambiance et l’environnement matériel, il nous est difficile de percevoir les enjeux du Royaume qui sont d’un autre ordre. Or le message de Noël, où Dieu prend corps, est chanté par les anges : « Paix sur la terre aux hommes, car Dieu les aime. » Et la résurrection est l’aboutissement de ce message de Noël : « Il n’y a pas de plus grandes preuves d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »
La semaine écoulée, les infos nous ont montré des images de règlement de compte au Centrafrique. On nous a montré des chrétiens qui justifient leur vengeance en tuant et saccageant ceux qui sont leurs frères. Ces chrétiens ont été abusés et manipulés par ceux qui visent le pouvoir. En effet, l’Evangile refuse tout esprit de vengeance. Pour Jésus, seuls la paix, la réconciliation et le pardon construisent l’avenir. Dans ce contexte de haine et de violence, il est bon de rappeler une parole de Nelson Mandela : « … un homme, qui prive un autre homme de sa liberté, est prisonnier de sa haine. Il est enfermé derrière les barreaux de ses préjugés et de l’étroitesse d’esprit….quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur. »
Ce temps de l’Avent, temps d’accueil de Celui qui va venir bousculer nos habitudes, nos réactions primaires et les situations établies qui vont de soi. Chacun doit se préparer à l’accueil de Jésus Christ, qui est Bonne Nouvelle du Royaume. Chacun peut le faire en restant à l’écoute et au service des cris et des espoirs de ses frères.