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Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires

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32° Dimanche du Tps Ord "C" 10 11 13

32 ° Dimanche Ordinaire « C » 10 Novembre 13

Première Lecture : 2Maccabées 7 1–14

Deuxième Lecture : 2Thessaloniciens 2 16—3 5

Évangile de Jésus Christ selon St Luc 20 27–38

Alors s’approchèrent quelques Saducéens — ces gens-là nient qu’il y ait une résurrection — et ils lui posèrent cette question : “Maître, Moïse nous a mis ceci dans l’Écriture : Si un homme marié meurt sans enfants, son frère doit prendre la veuve et donner ainsi une descendance à celui qui est mort. Or il y avait sept frères. Le premier s’est marié et il est mort sans enfants. Le deuxième, puis le troisième ont pris la veuve, et de même les autres jusqu’au septième : ils sont tous morts sans laisser d’enfant. Ensuite la femme est morte. S’il y a résurrection, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme, puisqu’elle l’a été des sept ?”

Jésus leur dit : “Les enfants de ce monde prennent mari ou femme ; mais ceux qu’on a trouvés dignes d’avoir part à l’autre monde et à la résurrection des morts, ne prennent pas mari ou femme. Par ailleurs ils ne peuvent plus mourir, mais ils sont comme des anges. Eux aussi sont fils de Dieu, puisqu’ils sont nés de la résurrection.

Quant au fait que les morts ressuscitent, Moïse lui-même l’a insinué dans le passage du Buisson Ardent, là où il appelle le Seigneur : Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob. Il n’est pas un Dieu des morts, mais bien des vivants : tous vivent pour lui.” (Bible des Peuples)

En lien avec l’automne, où la terre semble rentrer en repos, en lien avec les fêtes de la Toussaint et le souvenir de tous ceux qui ont croisé nos chemins, la liturgie de ce dimanche nous invite à préciser notre foi concernant l’issue de notre vie.

Tous les jours nous sommes confrontés à des signes de mort. Ceux qui nous bousculent dans notre santé, dans nos moyens de vivre, dans nos proches. Ceux qui marquent notre société : l’exécution des deux journalistes au Mali, les guerres, les accidents de la route et des chantiers, les migrants noyés en mer….. Ce sont autant d’interpellations sur le devenir de l’être humain et le respect qui lui est dû. Face aux multiples drames relatés dans toutes les informations, on peut se contenter d’une énumération qui ne touche rien de notre existence. Dans cette façon de réagir, notre humanité disparaît. En cela nous ressemblons aux Sadducéens de l’évangile. Ils questionnent Jésus sur une coutume datant de Moïse, mais ils ne s’intéressent en rien sur le devenir des personnes. Les lois et les coutumes sont au service du vivre ensemble, mais la vie est bien autre chose. Jésus nous rappelle que la vie est un don de Dieu et que rien ne peut l’enfermer. « Il n’est pas le Dieu des morts, mais bien des vivants. » Comme la vie a besoin du sang pour que le corps puisse vivre, ainsi la vie de Dieu habite notre attention, nos gestes, notre respect des autres. A notre époque, le corps est remis à l’honneur. On redécouvre à présent l’unité de la personne humaine et le corps retrouve toute sa dignité. Mais au-delà des belles paroles et des beaux discours sur la dignité des personnes, il y a de plus en plus de gens qui n’ont plus les moyens de se soigner. Petit à petit les grands projets humanitaires sont grignotés au profit des paradis fiscaux. Les hommes ressentent profondément la valeur indispensable du corps, et répugnent à l’idée de le voir disparaître, entraînant de la sorte la ruine de leur personne tout entière. N’empêche que 50% des Français ne croient à aucune survie après la mort. Ce n’est pas nouveau: déjà les Sadducéens ne croyaient pas à la résurrection après la mort et tournaient en dérision ceux qui y croyaient. Le tout est de s’entendre sur le mot : « résurrection ». Que voulons-nous dire au juste quand nous affirmons dans notre Credo: « Je crois à la résurrection de la chair.... j’attends la résurrection des morts ? »

Il serait ridicule d’y voir un phénomène biologique: comment un cadavre, encore moins celui qui a été incinéré, pourrait-il récupérer ses membres, ses organes, ses articulations, et parvenir à revivre ? C’est contraire au bon sens. La foi ne nous demande pas de croire à des absurdités.

Il serait ridicule aussi de comprendre la résurrection comme un retour en arrière, un retour à une vie semblable à celle qu’on avait avant de mourir. Ce serait là, une réanimation d’un cadavre et non une résurrection.

Il serait tout autant absurde de se représenter la vie des ressuscités sur le modèle de notre vie sur terre. C’était là l’erreur des Sadducéens dont nous parle l’Evangile. « Les enfants de ce monde se marient. Mais ceux qui ont part au monde à venir et à la résurrection des morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection…. »

La résurrection des morts relève de notre foi en Dieu: c’est un passage définitif dans la vie de Dieu, un accomplissement en Dieu de notre vie d’ici-bas toujours fragile et limitée. On ne peut en parler que par images, et les images sont toujours approximatives et parfois trompeuses. Mais que ce soit l’image du festin, celle des noces, ou celle de la graine qui meurt en terre pour donner une autre vie au printemps, toutes ces images évoquent la joie d’une merveilleuse aventure. On peut l’appeler : une communion d’amour et de vie inimaginable, un don gratuit de Dieu. Le président de la conférence épiscopale qui se tient à Lourdes a ouvert la séance par ces mots : « une humanité non pas enfermée dans les limites de cette vie terrestre, mais une humanité appelée à se retrouver unie, apaisée, sauvée de ses peurs, de ses divisions, des obscurités de sa pensée. »

Notre foi en la résurrection est liée à notre foi au vrai Dieu qui est amour et vie, qui n’est pas le Dieu des morts mais des vivants, qui n’est pas le Dieu de la mort mais le Dieu de la vie. Son projet d’amour sur nous : c’est de nous faire partager la plénitude de sa vie et de son amour. C’est en Jésus que nous y parvenons, dans sa mort et dans sa résurrection au matin de Pâques.

Puisque toute la vie de Jésus fut une affaire d’amour et que Dieu est amour, notre résurrection dépend de notre capacité d’aimer et de servir nos frères au jour le jour. « Quiconque aime est né de Dieu. Le signe que nous sommes passés de la mort à la vie et que nous sommes des ressuscités, c’est que nous aimons nos frères ». Voilà pourquoi nous pouvons dire que l’amour est plus fort que la mort !

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