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1er Dimanche de l’Avent « A » 01 12 13
Première Lecture : Isaïe 2 1–5
Deuxième Lecture : Romains 13 11–14
Évangile selon St Matthieu 24 37–44
La venue du Fils de l’Homme rappellera le temps de Noé. Quelques jours encore avant le déluge, les gens mangeaient, ils buvaient, hommes et femmes se mariaient, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. Ils n’ont rien su jusqu’à ce que vienne le déluge, et il les a tous emportés. Ce sera pareil pour la venue du Fils de l’Homme. Alors, de deux hommes dans un même champ, l’un sera pris, l’autre laissé. De deux femmes qui tournent la meule côte à côte, l’une sera prise, l’autre laissée.”
“Veillez donc, car vous ne savez pas à quelle heure de la nuit vient votre Seigneur. Pensez-y : si le maître de maison savait quand, cette nuit, viendra le voleur, il resterait éveillé et ne le laisserait pas percer son mur. Soyez donc prêts, vous aussi, car le Fils de l’Homme vient à l’heure que vous ne savez pas. (Bible des Peuples)
« De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles. On ne lèvera plus l'épée nation contre nation, on ne s'entraînera plus pour la guerre » avons-nous lu à la fin de la première lecture. Pensez-vous que cela arrivera bientôt? Ah, si cette prophétie pouvait se réaliser aujourd’hui ! A regarder autour de nous, il y a de quoi douter de sa mise en œuvre. Isaïe annonce que les armes deviendront des outils et aujourd’hui, on utilise les connaissances nouvelles pour construire des usines nucléaires qui peuvent devenir les pires menaces sur la vie. Nous pensons au conflit entre Israël et les Palestiniens qui loin de se régler semble s'envenimer. Persister à construire plus de 800 logements en Cisjordanie ne peut que fermer le chemin vers la paix. Depuis que je suis au monde, je ne pense pas qu'il y ait eu un jour où n'y avait pas de guerre sur la terre. Depuis que le monde est monde, il y a toujours eu entre les nations mais aussi entre les individus, dans le monde mais aussi au sein de nos familles, des guerres, des haines, des rivalités, des violences, des vengeances. Le livre de la Genèse nous relate le fratricide de Caïn sur son frère Abel. Si nous regardons notre histoire, si nous regardons le coeur de l'homme, la paix partout et pour toujours, ça ne semble pas possible.
Dans ce qui paraît impossible à réaliser, quelqu’un est venu nous dire le contraire. Ca me fait penser à un enfant qui fait des colères parce que ce qu’il a prévu ne se réalise pas. La sagesse d’une personne expérimentée, peut lui permettre de ne pas désespérer mais d’entrer dans une démarche de confiance. Ainsi, pour les chrétiens cette personne, cette sagesse : c’est Jésus, le Messie, l’envoyé de Dieu sur nos chemins de vie. Et sa venue ne change pas le déroulement de l’histoire. Ce Messie invite tous les hommes à mettre en œuvre la prophétie d’Isaïe. Le rêve d'Isaïe n'est pas une utopie, mais un projet à réaliser. La mise en œuvre, les efforts qui sont faits aujourd’hui pour le respect, la dignité, la fraternité sont les semences du Royaume. Ces germes nous préparent à accueillir le Christ au terme de notre histoire. Il nous fera passer dans le monde de Dieu où toutes les nations seront rassemblées fraternellement. Alors personne ne sera plus un loup pour son voisin. Là est notre foi ! C'est cela que Jésus nous a acquis, nous a mérité.
Mais en attendant, ne nous contentons pas de rêver. Jésus nous rappelle que ce royaume éternel de justice et de paix est déjà commencé. « Mon royaume est déjà parmi vous ». Il est venu le désigner et le confier entre nos mains. Il nous demande de le rendre visible en aimant comme Lui, en réalisant ce qu'il a annoncé :
« J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'étais nu et vous m'avez vêtu, j'étais prisonnier et vous m'avez visité. Ce que vous avez fait aux plus petits, c'est à moi que vous l'avez fait. »
Dans l'évangile d'aujourd'hui, Jésus nous invite à veiller. Il veut nous associer à la construction de son royaume. Il veut que dans le monde qui est le nôtre, imparfait avec ses guerres, ses conflits, ses laideurs, nous nous impliquions pour réaliser au moins un peu le rêve d'Isaïe. Nous ne savons ni l'heure ni le jour du retour de Jésus et ça n'a pas d'importance. L’essentiel, c’est de prendre notre part à la mise en oeuvre de ce Royaume.
Le projet de Jésus, qui est le rêve d'Isaïe, ne se réalisera pas seulement autour des tables où les grands se concertent à Berlin, à Washington ou à l'ONU. Il se réalisera d'abord dans les maisons où nous habitons. Dans les lieux où nous travaillons. Dans les associations et les communautés auxquelles nous appartenons, c'est-à-dire partout où nous vivons et où nous œuvrons. Il se fera dans le quotidien, par des petits pas beaucoup plus que par de grandes enjambées. Par des petits gestes de réconciliation et de solidarité beaucoup plus que par des traités. La paix dans le monde se fera par la compréhension, le dialogue. La paix, que ce soit dans le monde ou dans notre maison, est une histoire de coeur qui ne s’enferme pas dans une stratégie.
En attendant Noël, la venue chez nous de Jésus, nous pouvons nous demander ce que nous pouvons faire pour qu'il y ait chez nous et autour de nous plus de paix, plus d'amour, plus de compréhension et de tolérance pour que notre monde soit meilleur. Le Seigneur nous demande de veiller et d’être agissant.