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29° Dimanche 20 octobre 13
Première Lecture : Exode 17, 8–13
Deuxième Lecture : 2Timothée 3, 14—4 2
Évangile de Jésus Christ selon St Luc 18, 1–8
Il leur raconta cette parabole pour dire qu’il faut prier sans cesse et ne pas se décourager : “Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et se moquait des gens. Dans cette même ville il y avait une veuve qui venait lui dire : ‘Rends la sentence contre mon adversaire.’
Tout un temps il refusa ; puis il se dit : C’est vrai que je ne crains pas Dieu et que je n’ai rien à faire des gens, mais cette veuve me dérange à un tel point que je vais lui faire justice ; sinon elle finira par me casser la tête.”
Le Seigneur ajouta : “Écoutez bien ce qu’a dit ce juge très peu juste. Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus s’ils crient vers lui jour et nuit alors qu’il les fait attendre ! Je vous le dis : Il leur fera justice, et vite. Mais quand viendra le Fils de l’Homme, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ?” (Bible des Peuples)
« Bénissez nous Seigneur, bénissez ce repas, ceux qui l’ont préparé et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas. » Tous les anciens ont connu cette prière !
A l’époque, cette prière était tout à fait convenable. Elle confiait au Seigneur tous les problèmes de la vie. Depuis, on a évolué : on se rend compte qu’il ne suffit pas de demander à Dieu ce qui relève d’un chacun. Dans un autre domaine, telle que la politique, la même mentalité de laisser faire entraîne une démobilisation générale. Comme dans la prière, on lègue à d’autres ce qui est de notre responsabilité. Le résultat, c’est chacun pour soi et tant pis pour les autres. La réaction habituelle qui se manifeste partout aujourd’hui : « pas vue pas pris ! »
Or, dans ce passage d’évangile, Jésus nous renvoie à l’attitude de cette pauvre veuve qui est dans une situation désespérée. Considérée comme négligeable et sans importance pour le juge, elle continue à réclamer justice. Jésus met en valeur cette insistance qui donnera gain de cause à cette veuve. Si des hommes sans cœur sont capables de céder à la demande de celui ou de celle qui leur "casse les pieds", à plus forte raison votre Père accédera à votre demande si vous ne vous lassez pas de le prier. Et il le fera "sans tarder". « Votre Père sait très bien de quoi vous avez besoin avant votre demande. »
Pourtant, ce n'est pas ce que nous éprouvons lorsque nous sommes durement plongés dans l’épreuve. Dans ces moments là, nous avons l’impression que Dieu est aux abonnés absents. Pierre, 14 ans vient de perdre son papa de 50 ans. Il exprime sa révolte : « J’ai prié Dieu pour la guérison de mon papa et il est mort. » Je lui ai dit que sa révolte est tout à fait humaine. Mais vu les souffrances endurées par le cancer des os, Dieu a entendu ta prière en lui accordant la paix et la sérénité. Dieu ne se laisse pas enfermer dans nos demandes. S’il est plein de bonté et de miséricorde, il ne peut pas être la cause de nos malheurs. Au contraire, il va au-delà de nos demandes en nous invitant à la réconciliation et en parlant de son Royaume de paix, de justice et de fraternité. Dieu fait tout ce qui est en son pouvoir pour le bonheur de ses enfants.
Ne nous arrive-t-il pas d’avoir la même attitude que cet adolescent ? Pour lui, c’est une réaction normale à l’image de notre société basée sur l’efficacité et la rentabilité : « je te donne, tu me donnes ». C’est une mauvaise image de Dieu que de le présenter de cette façon. En effet, Jésus nous présente toujours un Dieu comme un Père qui met en valeur tout ce qui est humain : nos relations, notre estime et notre dignité. N’oublions pas que Dieu a donné aux hommes des capacités d’amour et d’intelligence pour qu’ils puissent exister et se prendre en charge eux-mêmes. Il leur revient d’organiser et de prévoir l’accueil à la vie, le toit, la subsistance, l’éducation, la santé et une vieillesse digne. La dimension politique, tellement méprisée aujourd’hui, à pour tâche de prendre tous ces aspects en compte, sinon, c’est de la tromperie. Faut-il rappeler que le rôle essentiel de la politique, c’est d’organiser la société pour que chacun y trouve son compte. Et là, chacun doit aussi apporter sa contribution. Que ce soit dans les événements heureux ou malheureux.
Si nous réduisons Dieu à nos mesquineries tel que : la vengeance, le chacun pour soi, le donnant-donnant, le justicier, le magicien…. nos jeunes, nos voisins, nos partenaires dans la vie ne pourront jamais découvrir un Dieu d’amour à qui on peut faire confiance. D’où la question de Jésus : « Mais quand viendra le Fils de l’Homme, trouvera-t-il encore la foi sur la terre ?” Quelle confiance Jésus nous accorde, il n’a pas d’autres moyens que de passer par nous pour faire connaître son Père. Parce que créés à son image, nous sommes capables d’aimer. Habituellement, nous ne mesurons pas la confiance qu’il nous fait. C’est dans le quotidien des petits gestes d’accueil, de respect, de reconnaissance que nous répondons à la mission que Jésus nous confie. C’est ainsi que la foi pourra vivre et se transmettre.