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TRINITE « C » 30 Mai 10
Première Lecture : Proverbes 8, 22–31
Deuxième Lecture : Romains 5, 1–5
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16, 12-15
À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : «J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »
Un jour ou l’autre, nous avons tous fait l’expérience de la faiblesse du langage pour exprimer quelque
chose de très important. Il nous est difficile de trouver les mots pour exprimer la densité d’une expérience, d’un amour, d’une rencontre, d’un partage. Parfois la poésie, une parabole, la
musique, la peinture, l’art en général peuvent prendre le relais de nos limites de langage et exprimer autrement tout ce que nous ressentons vraiment.
L’expérience chrétienne se heurte à la même difficulté lorsqu’il s’agit de rendre compte de sa foi, de son Dieu. Le langage ne
suffit pas. Toutes les formes de témoignage d’autrui viennent au secours de nos limites. Et des témoins, par leur vie, mettent en valeur certains aspects : « C’est à
l’amour que vous aurez les uns pour les autres, que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples. » Le courage et l’audace de certaines personnes engagées au service de leurs
frères sont plus parlant de ce qui leur tient à cœur, que tous les beaux discours. Ainsi, il est facile de souhaiter une Retraite décente à ceux qui ont travaillé dur toute leur existence. Par
contre, se mobiliser, s’engager, trouver des moyens pour défendre leurs droits peut paraître impossible. Or, ce n’est que justice à rendre à ceux qui ont travaillé toute leur vie. Pourtant,
combien de veuves de mineurs vivent dans la misère ? Combien de salariés à la retraite subissent la misère et sont incapables de payer un loyer correct ? Et pendant ce temps là, des
créneaux protègent de façon confortable des catégories de privilégiés, sans parler des paradis fiscaux qui sont les véritables cancers pour nos sociétés. Les manifestations de ce jeudi
mettent la question des retraites au cœur du débat social. Il ne s’agit pas de rajouter des paroles aux paroles, mais de soutenir les droits inaliénables. Il ne faut pas se justifier, mais
rendre justice. En cela, l’Esprit de Dieu nous parle aujourd’hui. Chrétiens, à quoi allons-nous être attentifs au milieu de tous ces débats contradictoires ?
Que pouvons-nous retenir aujourd’hui ?
A la lumière de la Ste Trinité, nous découvrons que l’homme, créé à l’image de Dieu, est un être de relation qui a besoin d’aimer, d’être aimé, d’échanger pour devenir un homme. C’est pourquoi la solitude, le drame du chômage par exemple, qui touche des millions d’hommes et de femmes de par le monde, ne peut pas être considéré comme un simple avatar socio-économique mais bien comme un crime psychologique, spirituel qui tue l’identité profonde de l’homme dans son besoin de créer, de donner et d’échanger.
A la lumière de la Ste Trinité, nous découvrons le fondement et les exigences de la fraternité universelle. Toute relation vraie, créatrice, suppose ce don total de soi, cet accueil respectueux de l’autre, cet échange confiant. – Si dans un couple, dans les relations internationales, dans une communauté, ce sont toujours les mêmes qui donnent, il n’y a pas de véritables relations humaines.
A la lumière de la Ste Trinité, nous devons donc lutter, dans nos familles, au sein de la société et de l’Eglise , dans les relations entre peuples et entre cultures, contre toute forme de marginalisation, de domination ou de paternalisme qui, plus ou moins subtilement, méprise, écrase et engendre des êtres infantilisés ou assistés et non des Hommes debout.
Seul l’amour, à tous les niveaux des relations humaines, permet de donner sans asservir, et de recevoir sans s’aliéner. Ainsi, de nombreux retraités s’investissent gratuitement au service de leurs frères, de leur communauté et de la fraternité humaine.
Chaque fois que nous donnons, que nous recevons, que nous échangeons avec amour, nous faisons l’apprentissage de l’amour qui se vit dans la Trinité, le Père, le Fils et l’Esprit !
Enfin, souvenons-nous, que dans sa célèbre icône de la Ste Trinité, le peintre russe Andrei Roublev nous montre les 3 personnes divines assises autour d’une même table, invitant l’homme à occuper la quatrième place. N’est-ce pas le mystère de notre eucharistie d’aujourd’hui où le Christ nous redit : « Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui et nous ferons chez lui notre demeure. »
Vous pouvez consulter, si le cœur vous en dit, les photos du pèlerinage en Terre Sainte et de la Chine sur GOOGLE : Blog de François Riehl