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Fête du CHRIST-ROI – 22 Novembre 09
1ère lecture : du livre de Daniel 7,13-14
2ème lecture : Apocalypse de St Jean 1,5-8
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 18,33-37
Alors Pilate rentra dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres te l'ont dit ? Pilate répondit : «Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait? » Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix.
L’Evangile de ce jour nous présente Jésus condamné au tribunal de Pilate, et à discerner la Gloire du Christ dans cet événement. Il est condamné et malgré tout il est grand. Le rapprochement des deux mots : Christ et Roi est ambigu, comme notre vie à chacun. Nous avons des racines en même temps en Dieu et dans le monde. Cette fête voulue par Pie XI en 1925 est ambigüe. Jésus, Roi Universel. On pourrait l’entendre comme un appel pour les catholiques à instaurer un royaume chrétien sur la terre.
A l’heure des grands débats sur la citoyenneté, fêter le Christ Roi peut apparaître au premier abord comme une provocation réactionnaire, un aveu du refus de la séparation des pouvoirs politiques et religieux. Il n’en est rien, Jésus dit bien : « Ma royauté ne vient pas de ce monde…. » « Je suis venu dans ce monde pour rendre témoignage à la VERITE» « Mais qu’est-ce que la VERITE ? »
« Tout homme qui appartient à la vérité, écoute ma voix » dit Jésus.
Fêter aujourd’hui le Christ Roi, c’est proposer à toutes les bonnes volontés, et en priorité à toutes les victimes de la vie d’aujourd’hui, le monde nouveau, qu’il appelle « son Royaume ». Si on peut appeler Jésus « Christ-Roi », C’est parce qu'il a vécu une vie humaine faite de vérité. Il a été un être humain sans fausseté, sans déviation. C'est ainsi qu'il est devenu pour nous, ses disciples, le roi de la vérité, le roi de l'être humain, le modèle suprême de l'intégrité humaine. Jésus est pour nous la référence du savoir vivre et aimer. Jésus a vécu sa vie en intimité avec Dieu le Père. Il a été fidèle envers Dieu. Il a opté pour être serviteur de l'humanité, jusqu'à monter sur la croix. Jésus a choisi de vivre dans la vraie liberté. La fête du Christ-Roi de l'univers, nous invite à revoir et à confirmer où nous allons chercher la vérité pour nos vies, à examiner notre vision des choses, à examiner la droiture de nos comportements.
Jésus est seul devant Pilate. Apprécions son attitude : digne et libre devant celui qui a le pouvoir de vie et de mort. Si Pilate est le chef, le représentant du pouvoir, Jésus lui parle à égalité. Il n’y a aucune soumission, aucune servilité chez le Christ. Si Pilate est « roi », Jésus est Roi aussi, mais d’une royauté sans armée ni fanfare. Sa royauté, c’est sa force intérieure, la conscience qu’il a de sa mission. Il se présente devant Pilate avec toute la Vérité et l’authenticité de sa mission divine.
Le Christ est Roi, parce qu’il est rassembleur des forces d’amour dont nos cœurs sont capables.
Il est Roi, parce qu’il permet que soient organisés en lui, autour de lui, par lui, de nouveaux modes de vie et de relations entre les hommes, et les hommes et Dieu.
Le Christ est Roi, parce qu’il instaure dans les cœurs, son Royaume d’amour, de vérité et de paix, et que celui-ci transparaît déjà dans les œuvres de ceux et celles qui regardent vers lui et qui écoutent sa parole.
Qu’en est-il pour nous aujourd’hui ?
Le sort de Jésus était réglé en quelques heures avec des faux semblants de justice. Il fallait s’en débarrasser au plus vite, parce qu’il contestait le pouvoir des religieux. Jésus n’avait aucun recours, mais il ne s’est pas laissé enfermer dans la logique de ceux qui l’ont condamné. Jésus est resté un homme libre. Et en cela, il nous ouvre un chemin de liberté. Aujourd’hui, tous ceux qui sont condamnés brutalement sans justice, sans pouvoir se défendre, sans être entendu doivent ressentir une violence extrême. Toutes les 6 secondes un enfant meurt de faim sur notre « bonne terre ». Combien de mères pleurent, impuissantes devant le cadavre de leur enfant. Combien sont pénalisés, sans avertissement par la fermeture de leur entreprise ou de leur service. Combien de jeunes en recherche d’emplois, comme Stéphanie qui a envoyé 125 CV et n’a eu que quelques réponses négatives. Après des années de formation Bac +, elle est obligée maintenant de travailler à la chaîne. Elle est malgré tout rassurée de pouvoir subvenir à ses besoins. Combien d’innocents, comme les accusés du procès d’Outreau, passent des années en prison parce que, contrairement à la loi, leur sort est déjà réglé . Peuvent-ils rester sereins ? De même tous ceux qui apprennent brutalement qu’ils sont condamnés par une maladie, un abandon, un décès.
Le monde nouveau que Jésus propose, concerne ce qui est au cœur de notre vie. Même si la violence paraît inévitable, elle est sans issue. Par contre, la recherche de la Vérité, de la Justice, de la Paix nous introduit dans le Royaume de Dieu.
En tant que chrétiens, nous n’avons pas à imposer notre vérité, notre moral, nos idées, mais vivants de la Parole de Dieu, nous avons à témoigner, à proposer, à aider et à favoriser la mise en place de lieux de réflexion, d’instances éthiques, de débats où le civisme, le respect des autres, les normes humanitaires se développent. C’est autre chose que de prétendre exercer un monopole d’une parole définitive qui viendrait d’en haut et que l’on imposerait à tous. Notre société a bien plus besoin de TEMOINS que de maîtres. Nos contemporains ont plus besoin de témoins, de frères, de compagnons de route, que de moralistes, de juges ou d’incendiaires. Nous avons la Parole de Dieu, qu’on s’y réfère.
Le Christ devant Pilate, faible et sans moyens nous rappelle simplement que la VERITE finit toujours par vaincre.