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Fête de l'ASSOMPTION - 15 Août 2012
Première Lecture : Apocalypse 11 19—12 6, 10
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 15 20–26
Évangile de Jésus Christ selon St Luc 1 39–56
En ces jours-là Marie prit sa décision et partit sans perdre de temps vers une bourgade des monts de Juda. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son ventre. Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint et elle s’écria : “Tu es bénie parmi les femmes et le fruit de ton ventre est béni ! Que m’arrive-t-il donc ? La mère de mon Seigneur vient à moi ! Sais-tu qu’à l’instant même où ta salutation est parvenue à mes oreilles, l’enfant a tressailli de joie dans mon ventre ! Tu as cru, toi, en l’accomplissement de ce que le Seigneur t’a fait dire : Heureuse es-tu !”
Marie dit alors :
Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur !
Car il a regardé son humble servante
et tous les âges désormais me diront heureuse.
Le Puissant a fait pour moi de grandes choses,
Saint est son Nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Il a fait un coup d’éclat,
il a dispersé les orgueilleux et leurs projets.
Il a renversé les puissants de leur trône,
il a élevé les humbles.
Il a comblé de biens les affamés
et renvoyé les riches les mains vides.
Il a repris de la main Israël, son serviteur,
il s’est souvenu de sa miséricorde,
comme il l’avait promis à nos pères,
à Abraham et à sa descendance pour toujours.
Marie resta trois mois auprès d’Élisabeth, puis elle retourna chez elle.
(Bible des Peuples)
Nous aimons tous nous retrouver en famille pour fêter un événement marquant: un mariage, un baptême, une communion, ou tout simplement des retrouvailles. Dieu ne nous aurait-il pas créés pour la FETE ?
Aujourd'hui, c'est la Vierge Marie qui nous invite à fêter avec elle son départ dans la gloire où elle se trouve avec son Fils ressuscité dans la grande assemblée des saints, de tous ceux que nous avons connus, aimés et appréciés.
Quand on fête, on oublie momentanément ses soucis. Or, nous aurions bien des motifs d'angoisse et d'inquiétude difficile à oublier, même un jour de fête. Epreuves personnelles ou familiales par suite d'un deuil récent, d'une maladie grave d'un proche ou d'un enfant; déception d’une rencontre, échec d’un examen, échec sentimental....et on pourrait allonger la liste de tout ce qui nous fait mal!
Rayon d'espérance dans cette grisaille du début août, Notre Dame portant l'enfant Jésus, par son faisceau lumineux brise la nuit de nos tourments et réchauffe nos coeurs angoissés. C'est pourquoi nous faisons la fête, non pour nous doper d'un « élixir religieux » qui nous ferait oublier la vie, mais pour que, comme la Vierge Marie et avec elle, nous puissions faire face avec une foi et un dynamisme renouvelés.
Contemplons avec émerveillement la Vierge de l'Assomption dans toute sa gloire: sa victoire est notre victoire: c'est l'apothéose finale d'une vie toute ordinaire comme la nôtre. Ce n'est pas une déesse que nous célébrons, mais une femme d'Israël, fille de modestes parents Anne et Joachim que l'Eglise fêtait le 26 juillet.
Marie est choisie par un Dieu qui privilégie les petits, « qui élève les humbles », pour lui confier une mission universelle: devenir Mère du Sauveur de tous les hommes. Bouleversée, on le serait à moins. Elle acceptera et assumera cette responsabilité dans une foi et un abandon total au Dieu qui l'appelle. Sa vie est comme déjà programmée dans le chant de libération messianique, le "Magnificat", que l'évangéliste St Luc met sur ses lèvres. L'humble servante du Seigneur acceptera en toute liberté de collaborer à la mission de son fils: annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, renverser les puissants de leurs trônes: toutes les forces du mal de l'injustice qui se conjuguent pour écraser l'homme et sa dignité de fils de Dieu. On ne manque pas de sinistres exemples aujourd'hui : pour ne citer que la Syrie, le tremblement de terre en Iran, qui symbolise les malheurs qui viennent de la nature. Nous ne pouvons pas oublier les puissants lobbies de la haute finance déréglant sans scrupule l'économie mondiale. C’est un autre tremblement de terre qui rend la vie de plus en plus difficile pour la majorité des populations. « Combler de biens les affamés »: on ne peut pas oublier les peuples affamés de pain, de liberté et d'espoir. Réaliser enfin pleinement l'antique promesse faite à Abraham et à travers lui au monde entier: faire de tous les hommes des enfants aimés du Père, plan d'amour définitivement accompli par la mort et la résurrection de Jésus, à qui la Vierge est intimement associée. Aussi, la glorieuse Assomption de Marie est-elle le reflet de la gloire de son Fils ressuscité. Impossible de séparer la Mère de son Fils. On ne peut valablement prier et honorer Marie en ignorant le Christ et la puissance libératrice de son Evangile.
Marie nous montre un chemin qui est extraordinaire et qu’on ne peut pas trouver seul. Dans sa fragilité, dans tout ce qui lui était difficile à vivre, elle savait déceler l’amour d’un Dieu qui sait apprécier la grandeur de l’amour dans les choses les plus simples. Dieu est grand non pas par la majesté de tout ce qu’on peut organiser pour l’honorer, mais parce qu’il prend soin et rejoint les plus petits dans le concret de leur existence. Il sait reconnaître en chacun l’amour qui l’anime. Car c’est lui-même qui est présent. Au fil de la vie, nous sommes tellement marqués par la mentalité de notre époque qu’on ne sait plus voir les choses les plus simples.
Avec toute notre foi et notre confiance en Marie, continuons nous aussi notre route. Ne nous laissons pas désemparer par les épreuves de nos vies et les drames du monde. Dieu continue à nous donner des signes d’espérance.
Jésus ressuscité et Marie « Signe grandiose dans le ciel », pour reprendre les paroles de l'Apocalypse, nous indiquent la marche à suivre: accomplir notre mission de baptisés au service du Salut de tous nos frères. Construire ensemble dans la peine, mais aussi dans la joie la Cité fraternelle, de paix et de justice en marche vers la gloire du Christ. Fêter l’Assomption de Marie, c’est se donner des perspectives. Comme Marie, nous sommes tous appelés par le Père à partager ce bonheur sans fin.
Prière
proposée par le cardinal André Vingt-Trois pour la fête de l’Assomption
Frères et Sœurs,
En ce jour où nous célébrons l’Assomption de la Vierge Marie, sous le patronage de qui a été placée la France, présentons à Dieu, par l’intercession de Notre-Dame, nos prières confiantes pour
notre pays :
1. En ces temps de crise économique, beaucoup de nos concitoyens sont victimes de restrictions diverses et voient l’avenir avec inquiétude ; prions pour celles et ceux qui ont des pouvoirs de
décision dans ce domaine et demandons à Dieu qu’il nous rende plus généreux encore dans la solidarité avec nos semblables.
2. Pour celles et ceux qui on été récemment élus pour légiférer et gouverner ; que leur sens du bien commun de la société l’emporte sur les requêtes particulières et qu’ils aient la force de
suivre les indications de leur conscience
3. Pour les familles ; que leur attente légitime d’un soutien de la société ne soit pas déçue; que leurs membres se soutiennent avec fidélité et tendresse tout au long de leur existence,
particulièrement dans les moments douloureux. Que l’engagement des époux l’un envers l’autre et envers leurs enfants soient un signe de la fidélité de l’amour.
4. Pour les enfants et les jeunes ; que tous nous aidions chacun à découvrir son propre chemin pour progresser vers le bonheur ; qu’ils cessent d’être les objets des désirs et des conflits des
adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère.
Seigneur notre Dieu, nous te confions l’avenir de notre pays. Par l’intercession de Notre-Dame, accorde-nous le courage de faire les choix nécessaires à une meilleure qualité de vie pour tous et
à l’épanouissement de notre jeunesse grâce à des familles fortes et fidèles. Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur.