Homélies, photos, voyages, évènements, commentaires
7° dimanche de Pâques – 12 mai 13
Première Lecture : Actes 7 55–60
Deuxième Lecture : Apocalypse 22 12–14, 16–20
Évangile de Jésus Christ selon St Jean 17 20–26
Je ne prie pas seulement pour eux mais pour ceux qui croiront en moi grâce à leur parole. Qu’ils soient tous Un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. Qu’ils soient eux aussi en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Je leur ai donné la Gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient Un comme nous sommes Un : moi en eux, et toi en moi : ainsi ils atteindront l’unité parfaite, et le monde connaîtra que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, si tu me les as donnés, je veux qu’ils soient avec moi là où je suis : je veux qu’ils voient ma Gloire, que déjà tu me donnes parce que tu m’as aimé dès avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton Nom, et je le ferai encore, pour que l’amour que tu as pour moi soit en eux, et que je sois moi aussi en eux.” (Bible des Peuples)
L’unité mondiale reste en ce début du 21° siècle un sujet brûlant de l’actualité, même si au niveau européen nous sommes passés à 28 pays. Sur ce long chemin vers l’unité des peuples, n’oublions pas les réalisations importantes comme l’ONU.
Mais en même temps nous mesurons que tout cela reste très fragile : la guerre au Mali et en Syrie. Les tensions fortes avec la Corée du Nord et l’Iran qui s’équipent de l’arme nucléaire. D’autre part, la misère, les faillites économiques, les conflits de pouvoir font encore et toujours la une de l’actualité.
Et voici que l’Evangile nous dit : « Que leur unité soit parfaite, ainsi le monde saura que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. »
N’y a-t-il pas dans ce testament de Jésus une certaine forme d’utopie qui nous semble à posteriori, après 2000 ans de christianisme, tellement loin de la réalité.
Commençons par regarder, combien s’est difficile de se comprendre et de s’aimer entre croyants d’une même foi, d’un seul baptême. Chacun campe sur ses certitudes et ne veut rien lâcher.
Si effectivement l’annonce de l’Evangile est relative à l’unité des disciples, cela veut dire que cet Evangile contient non seulement des idées mais bien plus un véritable projet de Vie. De quelle unité s’agit-il ? Jésus ne fait pas moins que de comparer l’unité souhaitée entre les hommes à celle qui est le fondement de sa propre relation à Dieu son Père.
Nous rêvons souvent d’une unité facile qui consisterait à ce que ceux qui ne pensent pas comme nous se rallient à nos idées. La véritable unité ne consiste pas à supprimer les idées, les coutumes, les options différentes, ce serait alors l’uniformité.
L’unité selon Dieu ne consiste pas à effacer les richesses différentes de chaque groupe et de chaque personne dans une sorte de fusion « gélatineuse » et sans saveur. C’est bien dans le respect des légitimes différences que l’Eglise doit construire son unité.
Pourquoi faudrait-il que toutes les races, toutes les cultures perdent ce qui fait leur originalité donnée par Dieu comme un élément de l’harmonie universelle ?
Pourquoi faudrait-il qu’un type de piété s’impose à ceux qui prient autrement ?
Sommes-nous prêts à vivre l’unité du Dieu Trinitaire de notre baptême dans nos différences ?
Tout le monde parle aujourd’hui de pluralisme et d’unité : « la construction de l’Europe passe par là » disent certains. Mais dans les faits, allons-nous vers une écoute réelle de nos différences, vers un échange de nos richesses, vers le partage de nos cultures, vers un respect de l‘autre… ? Or cette unité profonde est le fondement de toute vie selon le message évangélique. Trop souvent nous nous interrogeons pour savoir quelles seraient les techniques, les meilleurs moyens pour que le monde croie, pour re-motiver la foi de nos jeunes et celle de nos adultes qui ont quitté l’Eglise sur la pointe des pieds. Ce sont là de bonnes questions !
Jésus, dans l’évangile de ce jour oriente nos recherches. «Que tous soient un comme toi Père, tu es en moi, et moi en toi. » C’est l’unité qui évangélise !
Comme Jésus et son Père sont unis, Jésus nous invite à vivre unis comme les membres d’une même famille. Vivre comme des frères doit être une Bonne Nouvelle en actes, une action prophétique d’espérance pour tous les hommes. C’est un des plus grands défis lancés aux chrétiens d’aujourd’hui. Toute communauté chrétienne locale doit tendre à être un signe visible, lisible, social qui manifeste que le Christ est vivant, que son Règne, celui de l’Amour, s’est approché des hommes.
C’est bien à la qualité de nos relations, à la prise en compte collective des besoins et des préoccupations des hommes de ce temps que « le monde reconnaîtra que vous êtes mes disciples. »
L’évangélisation se fait d’abord par rayonnement, par contagion de la vie fraternelle, donner envie à d’autres de suivre le chemin du Christ : « Voyez comme ils s’aiment » c’est ce qu’on disait de la 1ère communauté chrétienne.
Puisse nos contemporains en dire autant de nos communautés actuelles. Ainsi, la foi ne sera plus une utopie, mais un bonheur à vivre et à partager.
Prière universelle
Rassemble dans ton amour, Seigneur, les chrétiens de toutes confessions qui travaillent et prient pour l’unité de ton Eglise : que ton Esprit nous donne d’aller vers l’unité parfaite pour que le monde croie en ta Bonne Nouvelle. Prions le Seigneur.
Rassemble dans ton amour, Seigneur, tous ceux qui vivent douloureusement des conflits sociaux, les fermetures d’entreprises, licenciements, ceux qui vivent des conflits familiaux, religieux, nationaux : que ton Esprit leur donne d’être des artisans de paix et d’unité. Prions le Seigneur.
Rassemble dans ton amour, Seigneur, les membres de notre communauté : que ton esprit nous donne de montrer assez d’amour entre nous pour que ton Nom soit connu des hommes et des femmes que nous côtoyons. Prions le Seigneur.