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4° dimanche de Pâques "C" 25 Avril 10
1ère Lecture : Actes des Apôtres 13, 14.43-52
2ème lecture : Apocalypse 7 9, 14–17
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 27-30
Jésus avait dit aux Juifs : « Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger). » Il leur dit encore : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »
Il y a 5 ans déjà, le Cardinal Ratzinger a été élu Pape de l’Eglise Catholique Romaine. En fêtant cet anniversaire, les médias ont surtout souligné les dérives, les incohérences et la marginalisation de l’Eglise officielle par rapport à l’évolution du monde. A force de vouloir montrer une image idéale et pleine de sérénité, les responsables ont occulté, depuis fort longtemps, les difficultés réelles auxquelles chaque croyant est confronté au même titre que n’importe quel citoyen. On a souvent l’impression que les autorités religieuses parlent avec détermination et avec conviction comme si c’était une parole de foi qui engagerait tout chrétien .Or, On souffre encore de l’excommunication de cette maman brésilienne dont la fille a été violentée par le père ; des oukases sur le préservatif, du silence sur l’esclavage et de la misère qui continuent à progresser…… Il est un fait que le Concile Vatican II, auquel tout le monde fait référence, avait mis les questions d’humanité au cœur de l’Eglise. « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » (Gaudium et Spes)
Aujourd’hui, aucun chrétien ne peut être appelé à un service autre que le bien de l’humanité. Sur ce chemin, les mouvements d’Action Catholique s’inscrivent au jour le jour dans cette recherche. Et ils sont nombreux ceux qui s’investissent dans des associations humanitaires, sans autre but que de permettre un minimum vital à ceux qui sont les plus démunis : le manger, le boire, le vêtir et le toit, la visite et les soins. Il y a aussi tous ceux qui s’investissent dans d’autres associations, les syndicats et les partis politiques. Après l’urgence, il y a l’éveil de la conscience. Comme dans tout dialogue, il y a un échange. On a besoin des uns et des autres pour vivre. Comme dans une famille, la vie, l’estime et la confiance ne sont pas le produit d’une personne mais de l’ensemble. Que ce soit en famille, au travail, dans les quartiers et les organisations, et bien sûr dans l’Eglise, il est nécessaire de faire la Vérité. Même si parfois elle semble impossible à réaliser, on n’a pas le droit de prendre des raccourcis car ils débouchent sur des catastrophes. La mission même que Jésus annonce à Pilate : « Moi, je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la Vérité. Tous ceux qui appartiennent à la Vérité, écoutent mes paroles. »St Jean 18,37b
Aujourd’hui, dans cette journée de prière pour les vocations, il ne faut surtout pas avoir peur de la Vérité et de ses tâtonnements pour y arriver. La Vérité, c’est la base de la conscience. Et la conscience éclairée, c’est le dernier recours selon le droit canon. Jésus, qui a été trahi par un baiser, vendu pour 30 pièces d’argent, renié trois fois, est à même de comprendre les turbulences qui traversent les Eglises. Aujourd’hui, il s’adresse à tous ceux qui le suivent : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. » Etre pasteur, quelque soit son rang, c’est connaître ses brebis à savoir les gens qui lui sont confiés. Il y a quelques années, j’ai été outré par les propos d’un séminariste, devenu prêtre aujourd’hui, disant : « Si les gens ne sont pas d’accord avec moi, ils n’ont qu’à changer de paroisse. » J’avais appris que la première mission était d’être proche des gens, de les connaître et de leur proposer Jésus-Christ, alors brutalement il m’affirme le contraire : c’est aux gens de s’adapter à moi. L’Eglise n’a pas besoin de prêtres qui seraient sans lien avec le courant de la vie que Dieu nous donne.
La relation privilégiée que nous pouvons avoir avec Dieu et les hommes ne nous donne pas le droit de nous installer, de vivre enfermés dans nos ghettos, dans les sécurités d’un monde fini, dépassé. Au contraire, être disciple du Christ c’est recevoir la force de son Esprit pour nous mettre en route, aller de l’avant, être attentifs aux signes que Dieu nous fait dans le quotidien d’aujourd’hui. Suivre le Christ c’est exigeant. C'est s'aventurer sur des chemins qui ne sont pas tracés d'avance et qui sont parsemés d’espérance et de surprises. Ce chemin n’est pas une impasse, même s’il passe par le calvaire, il mène à la résurrection. Jésus nous laisse apprécier notre façon de le suivre en disant : « Ayez de l’amour les uns pour les autres. Alors tout le monde saura que vous êtes mes disciples.» St Jean 13,35.