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4° Dimanche de l’Avent « A »– 19 décembre 10
Première Lecture : Isaïe 7 10–16
Deuxième Lecture : Romains 1 1–7
Évangile de Jésus-Christ selon St Matthieu 1 18–24
Voici quelle fut l’origine de Jésus, le Christ. Sa mère, Marie, avait été donnée en mariage à Joseph, mais avant qu’ils ne vivent ensemble, elle se trouva enceinte par une intervention de l’Esprit Saint. Joseph, son mari, pensa à la renvoyer. Mais c’était un homme droit et il voulait agir discrètement pour ne pas lui faire du tort. Comme il en était préoccupé, un ange du Seigneur vint se manifester à lui dans un rêve et lui dit : “Joseph, fils de David, n’aie pas peur de prendre chez toi Marie, ton épouse. La voilà enceinte par l’intervention de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils et tu lui donneras le nom de Jésus ; car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.” Tout cela fut donc l’accomplissement de ce que le Seigneur avait dit par la bouche du prophète : Voici que la vierge est enceinte et met au monde un fils. On l’appellera Emmanuel, ce qui veut dire Dieu-avec-nous.
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange lui avait ordonné et il prit avec lui son épouse. Il n’avait donc pas eu de relations avec elle quand elle mit au monde un fils ; il lui donna le nom de Jésus. (Bible des Peuples)
Lorsque Dieu envoie le prophète Isaïe auprès du roi Acaz, roi de Juda, descendant de David, vers 734 avant Jésus-Christ, la situation du Royaume de Juda n’est pas brillante voire même désespérée : ses deux voisins, le roi de Samarie et le roi de Damas, s’unissent pour raser Jérusalem. De plus, le roi Acaz n’a pas d’enfant, donc pas de successeur au trône. L’extraordinaire dans le texte d’Isaïe, c’est que le prophète se fâche devant Acaz et indique que Dieu va imposer au roi un signe évident mais dérisoire : un enfant qui va naître, qu’est-ce que cela face à une armée inquiétante ?
Dans une situation aussi désespérée, la Palestine dominée sous la férule des Romains et avec de nombreuses complicités des autorités locales, l’évangéliste Matthieu nous relate un récit grandiose. Joseph, un descendant de David, reçoit un message aussi surprenant que celui du roi Acaz son ancêtre. Sa fiancée, Marie est enceinte du don que Dieu fait à l’Humanité : Jésus, celui qui sauve ; l’Emmanuel, Dieu avec nous. A travers Joseph, Dieu fait entrer Jésus dans la famille de David, et lui donne ainsi une pleine existence humaine. Joseph nous est présenté aujourd'hui dans le récit avec ses inquiétudes et sa confiance dans le rôle qui lui est confié. Il est à la fois bouleversé et conscient d’être approché par Dieu. Joseph pose un acte de foi lucide, déterminé, conscient, au-delà du raisonnable, et en prenant Marie chez lui, il devient le père adoptif de Jésus. Dieu confirme donc à Joseph qu'il est non seulement l'époux de Marie, mais également un véritable père pour son fils.
Aujourd’hui, les chrétiens sont comme tout le monde affrontés à des situations qui paraissent sans issues. Et le découragement, voire le désespoir les guette comme chacun. Tous les humains sont concernés par les limites, les obstacles, des murs infranchissables.
- Malgré toutes les belles promesses et toutes les alertes, l’Homme continue à polluer et détruire la planète. Le seul résultat positif de la rencontre mondiale de Cancun sur la préservation de la planète, c’est que la porte n’est pas fermée à tout dialogue. Mais aucun engagement concret n’a pu être pris par l’ensemble.
- Le mur construit par Israël continue à s’allonger en faisant des ghettos où la vie pour les Palestiniens devient impossible. En parlant d’une solution au conflit, les Israéliens continuent à implanter leurs colonies. Et en même temps, l’attitude de quelques terroristes suffit à justifier ces mesures inhumaines.
- des familles en détresse de plus en plus nombreuses, qui souvent cumulent toutes les misères par le manque d’argent. Elles n’ont plus les moyens de bien se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner. En même temps, les médias nous révèlent des revenus astronomiques dont disposent des élites sans pudeur.
Et on pourrait allonger les exemples où il est difficile de parler de la fête de Noël : fête de la paix, de l’accueil, du partage.
Devant les conflits du monde, la richesse et la misère des hommes, la tentation qui mène au désespoir, c‘est de rester enfermer dans des blocages qui mènent directement la tête dans le mur. Or, la solution est à chercher ailleurs.
Dans les textes d’aujourd’hui, la grande différence entre Acaz et Joseph, c’est que le premier s’en tient aux conventions passées, alors que Joseph se laisse interroger par l’Esprit qui vient de Dieu. Joseph ne veut pas être obstacle aux promesses de Dieu.
Chaque chrétien est interrogé aujourd’hui sur son ouverture, son accueil à l’égard de tous les germes de paix, de justice, de confiance et d’amour.
Cette semaine, on vendra des milliers de tonnes de viandes, de poissons, de crustacés, de foie gras, de vin. Pour fêter quoi ?
Loin de moi de vouloir culpabiliser, de donner mauvaise conscience à qui que ce soit. Je fais partie de ce monde de la consommation, mais sans oublier l’essentiel : la joie du Christ donné à l’humanité pour lui révéler l’amour de son Père et que nous sommes frères.
Il ne faudrait pas que Noël soit une fête comme tant d’autres dont il ne reste, le lendemain, qu’un goût de cendres dans les cendriers ? A Noël, au solstice de notre hiver de l’humanité, Dieu nous redit son Espérance et sa confiance en l’homme.
Certes, notre monde reste dans la nuit, mais il y a quelque part une lumière, une petite flamme tenace vers la tendresse, vers la paix, vers l’avenir.
Chrétiens, puissions-nous accueillir le Christ, « la lumière venue en ce monde ». Il est l’avenir du monde, mais il a besoin d’un chacun pour le réaliser.