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4° Dimanche de CARÊME - 3 Avril 11 – « A »
Première Lecture : 1Samuel 16 1, 6–7, 10–13
Deuxième Lecture : Éphésiens 5 8–14
Évangile de Jésus Christ selon St Jean 9 1–41
Comme Jésus passait, il vit un homme qui était aveugle de naissance. Ses disciples lui demandèrent : “Rabbi, qui a péché pour qu’il soit ainsi aveugle ? Est-ce lui ou ses parents ?”
Jésus leur dit : “S’il est ainsi, ce n’est pas à cause d’un péché, de lui ou de ses parents, mais pour qu’une œuvre de Dieu, et très évidente, se fasse en lui. Aussi longtemps qu’il fait jour, nous devons faire les œuvres de celui qui m’a envoyé. Ensuite vient la nuit et l’on ne peut plus rien faire. Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.” Après avoir ainsi parlé, Jésus crache à terre et avec sa salive fait un peu de boue dont il enduit les yeux de l’aveugle. Puis il lui dit : “Va te laver à la piscine de Siloé (ce nom veut dire : l’Envoyé).” L’homme y va, se lave et repart : il voyait clair. Les voisins et ceux qui auparavant l’ont vu mendier s’étonnent : “Mais c’est bien celui qui s’installait ici pour mendier !” Les uns disent : “C’est lui”, et d’autres : “Non, c’est un autre qui lui ressemble.” Et lui leur dit : “C’est bien moi.” On lui demande : “Mais comment tes yeux se sont-ils ouverts ?” Il répond : “Celui qu’on appelle Jésus a fait de la boue et m’en a enduit les yeux, puis il m’a dit : Va te laver à Siloé. J’y suis allé et, aussitôt lavé, j’ai vu.” Ils lui disent : “Où est cet homme ?” Il répond : “Je ne sais pas.” On amène donc aux Pharisiens l’aveugle guéri. Mais voilà que c’était un sabbat, et Jésus avait fait de la boue et il lui avait enduit les yeux ! À leur tour les Pharisiens l’interrogent : “Comment as-tu retrouvé la vue ?” Il leur répond : “Il a mis de la boue sur mes yeux, je me suis lavé et je vois.” Quelques-uns des Pharisiens disent alors : “Cet homme-là n’est pas avec Dieu puisqu’il ne respecte pas le Sabbat.” Mais d’autres répondent : “Un homme pécheur peut-il faire de tels signes ?” Et ils sont divisés. Alors de nouveau on demande à l’aveugle : “Puisqu’il t’a ouvert les yeux, que penses-tu de lui ?” Et il répond : “C’est un prophète.” Les Juifs ne veulent pas croire qu’il voie après avoir été aveugle, tant qu’ils n’auront pas convoqué les parents du miraculé. Ils leur demandèrent : “C’est bien votre fils ? Et vous dites qu’il est né aveugle ? Et alors, pourquoi voit-il maintenant ?” Les parents répondirent : “Oui, c’est notre fils, et il est né aveugle. Mais comment voit-il maintenant, nous n’en savons rien ; et qui lui a ouvert les yeux, nous n’en savons rien. Interrogez-le, c’est un adulte, il expliquera lui-même son cas.” Ses parents firent cette réponse parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet les Juifs avaient déjà décidé d’exclure de la communauté tous ceux qui reconnaîtraient Jésus comme le Messie. Pour cette raison les parents dirent : “Demandez-lui, c’est un adulte.” On convoque donc une deuxième fois cet aveugle et on lui dit : “Dis toute la vérité. Nous savons que cet homme est un pécheur.” Il répond : “S’il est un pécheur, je n’en sais rien. Je ne sais qu’une chose : j’étais aveugle et maintenant je vois.” Ils lui disent : “Qu’est-ce qu’il t’a fait ? Comment t’a-t-il ouvert les yeux ?” Et lui répond : “Je vous l’ai déjà dit et vous ne voulez pas m’écouter. Qu’est-ce que vous voulez savoir de plus ? Peut-être voulez-vous devenir ses disciples ?” Aussitôt ils commencent à l’insulter : “Toi, tu es son disciple, mais nous, nous sommes les disciples de Moïse. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse, mais celui-là, nous ne savons pas d’où il sort.” Alors l’homme leur répond : “C’est vraiment étonnant ! Il m’a ouvert les yeux et vous ne savez pas d’où il vient ? Nous savons bien que Dieu n’écoute pas les pécheurs ; il écoute ceux qui respectent Dieu et qui font sa volonté. On n’a jamais entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle de naissance. Cet homme ne pourrait rien faire s’il ne venait pas de Dieu.” Les autres ripostèrent : “Tu n’es que péché depuis ta naissance, et tu veux nous faire la leçon ?” Et ils l’expulsèrent. Jésus apprit qu’on l’avait expulsé. Quand il le rencontra, il lui dit : “As-tu foi dans le Fils de l’Homme ?” Il répondit : “Qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ?” Jésus lui dit : “Tu le vois, c’est lui qui te parle.” L’homme déclara : “Je crois, Seigneur.” Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : “Je suis venu dans le monde pour une remise en cause : ceux qui ne voient pas verront, et ceux qui voient seront aveugles.” Quelques Pharisiens étaient là, et ils l’entendirent. Ils lui demandèrent : “Nous serions donc aveugles, nous aussi ?” Jésus leur répondit : “Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais vous dites que vous voyez, c’est la preuve de votre péché”. (Bible des Peuples)
"Il avait de beaux yeux, il était beau" David, le plus jeune fils de Jessé que Dieu, par les soins de Samuel, choisit comme roi pour son peuple d’après la 1ère lecture de ce jour.
Mais ce n'est pas pour ses yeux qu'il est l'élu du Seigneur. Les yeux de Dieu ont d'autres critères que la beauté extérieure. "Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur."
Pour nous, quelle leçon ! Nous vivons en effet, dans une société de l'image, où l'apparence fait loi. Ce qui importe le plus souvent, c'est l'extérieur, la surface, ou comme on dit- le look - qui doit suivre la mode. Bien plus, vous serez considérés en fonction de vos références, de vos titres, de vos relations, de votre compte en banque. Sans cela, pour qui jugent sur l'apparence, vous ne méritez pas un regard, vous n'êtes rien et mis à l'écart. Voilà ce que montrent nos mœurs et la publicité, qui envahissent nos murs et nos écrans. Notre société ne met en valeur que cela, ce qui s’étale, séduit et attire.
Et Jésus de Nazareth était-il beau ? Nous n'en savons rien et cela n'a aucune importance. Ce que nous savons, c'est qu'il était attirant, il ne laissait personne indifférent. La beauté du Christ n'est pas dans le trait du visage mais dans le geste qu'il accomplit et la parole qu’il prononce.
La beauté de l'homme n'est pas dans son physique, mais dans ce qu'il permet et réalise. Le Christ était LUMIERE et venait inviter les hommes à vivre comme des fils de lumière. L'apôtre Paul nous dit: "Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts et le Christ t'illuminera". Alors ta vie sera : bonté - justice et vérité.
Le jour de notre baptême, le Christ nous a été proposé comme lumière pour la vie. Il illuminera bientôt les baptisés de Pâques. Et leur vie, comme la nôtre, aura à chercher la route de bonté, de justice et de vérité. Ces 3 mots, trop souvent utilisés pour tout et n’importe quoi, méritent qu’on s’y arrête. En effet, dans le concret de notre existence, les moments de bonté sont limités. Il y a des jours où les circonstances nous rendent plus généreux et d’autres jours où on est fermé comme une huître. Combien d’injustices nous échappent par indifférence ou tout bonnement parce que ça nous gêne et on ne veut pas être dérangé ? C’est vrai aussi quand nous sommes confrontés au mensonge, certains jours on est prêt à en découdre et après, devant l’obstacle et la difficulté, on préfère ne rien voir. Ainsi, il arrive que nos yeux soient fermés sur les injustices et que nos pensées pactisent avec le mensonge. Alors Jésus nous invite à prendre le chemin de la guérison comme l’aveugle de naissance. A l’occasion de sa guérison, Jésus lui fait découvrir qu’il est à la source d’une lumière bien plus grande : "Je suis la lumière du monde; celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres. Il aura la lumière de la vie." Et encore: "Qui fait la vérité vient à la lumière".
Dans l'Evangile, il y a l'admirable simplicité, la douce naïveté de celui qui était aveugle et qui ne l'est plus. Il voit plus loin qu'avec ses yeux tout neufs, ses beaux yeux qui viennent de s'ouvrir à la lumière du jour. Il voit que Jésus est un prophète. Et sur SA parole, il ouvre les yeux de son cœur à la confiance totale: "JE CROIS SEIGNEUR."
L’évangile de ce 4° dimanche décrit toutes les ambiguïtés de la vie concrète. La guérison de l’aveugle est entourée de trahison par les pharisiens et les notables qui cherchent à éliminer Jésus. La peur des parents de l’aveugle, la question des apôtres : « d’où vient le mal, qui a péché ? » Chacun peut reprendre ce texte de l’évangile pour y découvrir les réalités de l’époque en cherchant comment aujourd’hui je suis mêlé à la vie de notre temps : complice de ceux qui ne cherchent que leurs intérêts personnels ou défenseur de la bonté, de la justice et de la vérité de l’évangile ?
La conversion aujourd’hui se joue sur le concret de notre existence et la remise en cause des idées toutes faites. Suis-je prêt à regarder autrement les gens de mon entourage, les associations où je suis impliqué et tous ceux sur qui j’ai des jugements tout fait ?
En ce temps de carême, prions Jésus de nous donner sa lumière et des yeux neufs pour savoir discerner ce qui peut nous conduire à la bonté, à la justice et à la vérité. Ainsi nous serons plus à même de prendre notre place dans cette grande marche vers un royaume de paix, de justice et d’amour.