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ASSOMPTION 2009
1ère lecture : Apocalypse de St Jean 11,19a, 12,1-6a.10ab
2ème lecture : 1ère aux Corinthiens 15,20-27a
Evangile selon St Luc 1,39-56
En ces jours-là Marie partit et s'en alla en hâte vers la montagne, en une ville de Juda. Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Elisabeth. Or, quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit. Et elle s'écria à haute voix, disant: " Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d'où m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi? Car votre voix, lorsque vous m'avez saluée, n'a pas plus tôt frappé mes oreilles, que l'enfant a tressailli de joie dans mon sein. Heureuse celle qui a cru! Car elles seront accomplies les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur! " Et Marie dit: " Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur, parce qu'il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Voici, en effet, que désormais toutes les générations me diront bienheureuse, parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses. Et son nom est saint, et sa miséricorde d'âge en âge, est pour ceux qui le craignent. Il a fait œuvre de force avec son bras; il a dissipé ceux qui s'enorgueillissaient dans les pensées de leur cœur; il a renversé de leur trône les potentats, et il a élevé les humbles; il a rassasié de biens les affamés, et il a renvoyé les riches les mains vides. Il a pris soin d'Israël son serviteur, se ressouvenant de sa miséricorde, - ainsi qu'il l'avait promis à nos pères, - en faveur d'Abraham et de sa race, pour toujours. " Et Marie demeura avec elle environ trois mois, et elle s'en retourna chez elle.
A notre époque de vitesse, beaucoup redécouvrent les vertus de la randonnée – de la marche. Marcher en groupe, avec quelques amis, cela refait la santé mais permet aussi d’oxygéner les esprits fatigués et stressés. N’est-ce pas aussi pour cette raison que les pèlerinages ont retrouvé beaucoup de faveurs. Le pèlerinage est une invitation à partir, à se mettre en route. Au-delà de la destination, c’est….le passage….l’ouverture….lâcher les stress et les enfermements. Ce qui se passe en cours de route, sur le chemin, permet de progresser lentement, de passer à autre chose…. Sortir de ses préjugés en accueillant la nouveauté de la vie.
Les croyants ne sont pas des gens arrivés. Ce sont des nomades. Celui qui est installé a dû mal à avoir une foi vivante.
Marie, la mère de Jésus vivait à une époque où tous les déplacements se faisaient à pieds. Elle a donc beaucoup marché. Sans idéaliser ce temps passé, au-delà de la fatigue, il donnait aussi la possibilité de penser, de prier, de parler avec les compagnons de route et les gens rencontrés. Avant d’arriver, ce temps de marche permettait de préparer la rencontre prévue.
Pour aller voir sa cousine Elisabeth dans la montagne de Judée, elle se met en route rapidement nous dit l’Evangile. Elle a marché, sans doute avec beaucoup de fatigue, pour aller de Nazareth à Bethléem au moment du recensement quand son enfant allait naître.
Elle a marché sur les routes de Palestine à la suite de son Fils – Elle a grimpé le Golgotha avec son Fils un certain vendredi saint. – Elle a aussi accompagné les apôtres dans les débuts de la communauté chrétienne.
Marcher, aller à la rencontre de, progresser, avancer…. Voilà un vocabulaire qui devrait rejoindre les requêtes de l’homme actuel et nous permettre de comprendre la foi et le message de Marie. Marie a eu surtout une foi modelée par les déplacements physiques… une foi qui progresse. Marie n’est pas l’icône d’une foi statique ou intemporelle. Elle est passée par des hauts et des bas. Sa foi, comme la nôtre a été marquée par des étapes avec ses commencements, ses obscurités et ses convictions, ses joies, ses combats.
Sa foi éclaire peut éclairer notre itinéraire et celui de toute l’humanité. Marie est la mère des commencements. Son « Fiat » à l’annonciation n’est que le premier « oui », le commencement de tout son itinéraire vers Dieu. Elle s’est mise en route dans le clair obscur d’une foi tâtonnante, sans savoir d’avance jusqu’où cela la conduira. Cette marche de Marie montre que la foi n’est pas d’abord adhésion à une doctrine, à des idées mais une mise en route, une marche en avant, un élan comme on se lancerait dans une expédition ou une aventure pleine de risques, d’espérance et d’accueil à l’inattendu.
Marie n’a pas su que répondre à Jésus qui l’interpelle au Temple à l’âge de 12 ans. « Elle gardait toutes ces choses dans son cœur », nous dit l’évangile. Elle nous rappelle combien la foi est source permanente de relecture, d’interprétation toujours renouvelée de la Parole de Dieu au travail avec les événements du monde et l’actualité.
Son Magnificat prend ses racines dans l’histoire de son peuple. Il est question des opprimés, des humbles, des petits, de renversement de situations…ça bouge….ça tourne… ça ne laisse jamais indifférent.
Marie ne peut pas séparer l’histoire du monde et l’histoire du peuple de Dieu. Le combat pour une vie meilleure est indissociable du projet de Dieu.
Marie avec toute sa foi a accueilli successivement bien des événements insolites et déroutants. Depuis la naissance de Jésus dans le dénuement et les contrariétés de la vie, jusqu’au scandale suprême de la croix. Quel paradoxe ? Cette femme a vécu dans l’intimité du Christ comme aucune autre créature humaine et pourtant elle a dû, jour après jour, renouveler son acte de foi.
Ainsi l’itinéraire de Marie nous montre combien la foi est une genèse, un enfantement, une vie toujours en croissance, une semence jetée dans le cœur de l’homme. Ainsi elle pourra prendre racine, grandir et donner du fruit.
Qui dit, « croissance » dit aussi crise de croissance, personne n’y échappe. C’est un chemin obligé même pour Marie, les apôtres et l’Eglise à travers l’histoire humaine.
Ceux qui croient être arrivés, s’installent et à force de s’installer, de se sédentariser, de penser au confort, finissent par oublier le but du voyage.
Dieu nous veut sur les chemins et les routes, dispersés à travers le monde, comme la semence est dispersée dans les champs. Puissions-nous entrer dans cette marche de l’Eglise dont Marie est le symbole.
Bonne Fête de l'Assomption et
BONNE FÊTE à toutes les "MARIE " et " Marie Composées »
François