3° Dimanche du Tps Ord « B » 22 01 12
Première Lecture : Jonas 3 1–5, 10
Deuxième Lecture : 1Corinthiens 7 29–31
Évangile de Jésus Christ selon St Marc 1 14–20
Après l’arrestation de Jean, Jésus s’en alla en Galilée. Il proclamait la bonne nouvelle
de Dieu en ces termes : “Les délais sont accomplis, le Règne de Dieu
est là, convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle !”Comme Jésus passait le long de la mer de Galilée, il y avait là Simon et André, le frère de Simon. Il les vit qui jetaient leurs
filets dans la mer, car ils étaient pêcheurs. Jésus leur dit : “Venez, suivez-moi ! Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.” Eux aussitôt laissèrent leurs filets et le suivirent. Un peu plus loin Jésus voit
Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; ils sont eux aussi dans leur barque, et ils arrangent leurs filets. Jésus les appelle ; aussitôt ils laissent leur père Zébédée dans la
barque avec les salariés, et ils commencent à le suivre. (Bible des Peuples)
Jean-Baptiste a été arrêté. La direction
qu’il a donnée à tous ceux qui cherchaient plus de paix, de justice est compromise. Alors, Jésus prend le relais. Il engage toute sa personne. En faisant cela, il met en œuvre la mission qui lui
a été confiée par celui qu’il appelle Dieu son Père. Jésus ne veut pas imiter Jean-Baptiste, mais répondre à l’Esprit que son
Père lui a confié à son baptême dans le Jourdain. Nous savons que cet engagement est le premier pas sur le chemin qui le conduira à Jérusalem, symbole de sa mort et de sa
résurrection.
Comment se fait-il, que tous ceux qui se disent disciples de Jésus sont aussi capables de se faire du mal
entre eux, de se déchirer jusqu’à aujourd’hui. L’histoire nous a laissé des traces de méfiances et d’intolérances qui sont venues jusqu’à nous et qui
persistent encore de nos jours.
La semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous rappelle d’abord une réalité pénible : des
hommes et des femmes qui se réclament tous du baptême de Jésus Christ sont séparés. C'est-à-dire : à s’éloigner, prendre des distances, se diviser, rivaliser, vouloir dominer, voir mépriser.
Devant ce scandale, bien des étapes ont été franchies dans la marche vers la réconciliation. Mais hier comme aujourd’hui, nous nous trouvons devant la même interrogation : pourquoi les
chrétiens demeurent-ils séparés ? Il semble qu’au cours des siècles jusqu’à nos jours : l’égoïsme, l’orgueil, le mépris de l’autre, la recherche du pouvoir se soient emparés du cœur des
hommes, y compris des Eglises. L’héritage de nos fautes, de notre péché commun est lourd de conséquences. Il a contribué à maintenir les chrétiens
désunis. Alors que c’est par la COMMUNION que Jésus veut rassembler la riche diversité de l’humanité : « Père, fais qu’ils soient un comme nous sommes un. » « C’est
à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples. »
Les chrétiens sont crédibles dans la mesure où, fidèles à leur baptême, ils défendent les grandes causes
de l’Homme : Paix, Justice, Dignité, Respect, Faim… C’est sur ce terrain que le monde nous attend et que tous les chrétiens auront des comptes à rendre.
« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle », voilà comment Jésus commence sa prédication. Ce n’est pas un jugement, ni une menace, mais un appel.
Jésus connaît la difficulté de sortir de ses ornières, de ses habitudes, de ses jugements tout fait. Il nous invite à un changement permanent. C’est tous les jours qu’il faut se remettre en question : réfléchir, accueillir, pardonner, prier. C’est à une vie toujours nouvelle qu’Il nous appelle. C’est un mouvement du cœur. Le
cœur au sens de la Bible, c’est le centre de chacun, c’est sa conscience, d’où l’exigence de vérité. Le cœur, c’est là où naissent nos pensées et nos paroles, nos gestes et nos actes. En somme,
il s’agit d’Etre vrai !
« Convertissez-vous », càd mettez-vous en route, comme les bergers vers la crèche, comme les mages venus d’orient, car quelqu’un s’est approché des
hommes, une étoile s’est levé : c’est Jésus ! Si le cœur est encombré par des distractions multiples, on ne pensera même pas à lever les yeux pour chercher l’étoile.
« Convertissez-vous », en disant cette phrase, Jésus me dit : ne te laisse pas encombrer, sois le décideur lucide et vrai de ce que tu entreprends.
Quand je n’ai plus de lieux de confrontations, d’échanges, de vérifications, je me fais rouler dans la farine comme une escalope prête à être consommée. La confrontation, la remise en question ne
sont jamais faciles parce qu’on s’appuie sur des sécurités illusoires, alors que Dieu seul est un appui sûr.
En quittant Nazareth pour circuler en Galilée, Jésus retrouve des espaces et des gens nouveaux. Capharnaüm est révélateur, c’est le carrefour des nations où se
croisent des chemins du commerce et de l’histoire des hommes. Jésus enseigne là où les hommes se rencontrent, échangent. Capharnaüm n’est pas seulement pour Jésus, un lieu de commerce, mais aussi
une occasion d’un échange en vérité. Jésus sait que ces paroles vont être colportées en Asie, en Afrique et en Europe par ces nomades.
En sollicitant les premiers apôtres à le suivre, Jésus lance les bases des premières communautés qui seront ses témoins « jusqu’aux extrémités du
monde ». Il fait appel à l’initiative, et aux capacités variées de chacun. Cette façon de faire est insupportable pour tous les dirigeants qui s’appuient sur leurs connaissances et leur
pouvoir. Un certain nombre de pharisiens, remontés contre Jésus, n’hésiteront pas à aller jusqu’au crime pour l’éliminer. Décidément, les mœurs de Dieu ne sont pas celles des hommes. C’est pourquoi, Jésus alerte ses amis à toujours se remettre en cause, à se convertir, càd à se tourner vers le Père, à chercher les signes de sa présence au
milieu d’eux.
De la même façon que les caravanes mettaient les biens matériels à la disposition d’autres peuples, en même temps ils partageaient le meilleur d’eux-mêmes. Ainsi, les 4 pêcheurs qui seront les premiers disciples sont appelés à porter une nourriture humaine et spirituelle aux hommes :
« Venez, suivez-moi ! Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. »De même que la nourriture est indispensable pour le corps, Jésus
n’oublie pas tout ce qui fait la grandeur d’un Homme : son cœur, son intelligence, sa solidarité, sa foi. « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de
toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »St Mat 4,4
Le salut que Dieu offre à tous les hommes passe tout d’abord par des appels et des conversions : « aussitôt ils laissent leur père Zébédée dans la
barque avec les salariés, et ils commencent à le suivre. »
Chacun, qui entend cette Parole, est invité à prendre la suite des apôtres. Pour entendre cette Parole, il faut prendre du recul. Aujourd’hui, dans les grands
débats qui marquent notre société, il est important qui les chrétiens apportent leur originalité. Il importe de construire une société, où ce n’est plus le profit qui est le cœur de l’activité
mais l’Homme.